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    Dossier: Gustave Thibon

    Thibon et le Québec

    Jacques Dufresne
    Bien des succès littéraires sont orchestrés par les médias. Ce ne fut pas le cas du succès de Gustave Thibon au Québec. Ce fut un succès d'estime.

    Le philosophe français Gustave Thibon est mort le 19 janvier dernier à l'âge de 97 ans. Il venait de recevoir le Grand prix de philosophie de l'Académie française pour l'ensemble de son oeuvre.
    Il a été très attaché au Québec, qui lui a bien rendu cette estime. Il fut l'ami du père Georges-Henri Lévesque et celui de monseigneur Albert Tessier, fondateur du cinéma québécois. Il fut, il demeure une source d'inspiration pour plusieurs penseurs québécois, pour Jean-Paul Desbiens notamment. Il accorda des interviews mémorables à Françoise Faucher et à Wilfrid Lemoine en particulier. Vers la fin de la décennie 1980, plusieurs de ses oeuvres furent l'objet d'une co-réédition entre les maisons Fayard en France et Boréal au Québec. Benoît Lemaire, alors professeur au Cégep de Drummonville, lui a consacré sa thèse de doctorat en philosophie: l'espérance sans illusion.
    Une conférence de Thibon dans un collège du Québec ou à l'Alliance française était un événement rafraîchissant. Il était apprécié de tous les publics. En 1967, j'ai moi-même organisé pour lui une tournée de conférences. Nous avions rempli la salle du Gésu trois soirées de suite et obtenu un succès semblable dans diverses villes du Québec.
    Il est venu au Québec pour la dernière fois en 1985, à l'occasion du centième anniversaire de la mort de Victor Hugo. Alain Decaux, l'un des biographes du célèbre poète, disait de Thibon qu'il était la personne en France qui connaissait le mieux l'œuvre de Victor Hugo.
    On l'a souvent présenté comme un autodidacte, mais il dira de lui-même qu'à sept ans: «il connaissait force poèmes de Leconte de Lisle, Hérédia et bien sûr, Mistral et Aubanel, en provençal.»Au même moment, son père écrivait des vers comme ceux-ci:
    «Je n'ai plus de regard pour contempler le monde
    Tant j'ai cherché mon âme au-delà de mes yeux».
    Hegel et Nietzsche furent ses premiers guides au pays des grandes questions. Il fut ensuite reconnu par Jacques Maritain et Gabriel Marcel qui ont été liés à sa conversion au catholicisme. L'événement majeur de sa vie fut sa rencontre avec Simone Weil. Il l'hébergea chez lui pendant la guerre. Elle devait ensuite quelques mois avant sa mort, lui confier tous ses manuscrits. Il la fit connaître au monde en publiant en 1947 La pesanteur et la grâce. Par la suite, il s'est si bien effacé derrière elle qu'il a incité son entourage à penser qu'il n'avait eu aucune influence sur elle, alors que l'un des plus beaux livres de Simone Weil, L'Enracinement, est de toute évidence le fruit de leur dialogue.
    Mémoire et fidélité sont les deux mots qui résument le mieux la vie et l'oeuvre de Thibon. Fidélité à ses proches, aux êtres qu'il a aimés, mais aussi à ses amis, même après leur disgrâce, quand disgrâce il y eut; il a toujours gardé ses distances à l'égard de la politique, laquelle n'occupe qu'une place infinitésimale dans son oeuvre.
    Sa mémoire passera à la légende, sa mémoire des vers en particulier: en provençal, en français, en italien, en allemand, en latin, en espagnol. Si prodigieuse qu'elle ait été, cette mémoire lui aura surtout servi de prétexte pour minimiser son génie. Il se plaisait à citer ce mot de Nietzsche: «Il y a des êtres qui ont trop de mémoire pour avoir du génie.»
    Si L'Académie française a voulu reconnaître l'oeuvre qui résume le mieux les deux derniers millénaires, elle ne pouvait faire un meilleur choix. Thibon est la mémoire de l'Occident.
    S'il se trouve encore dans l'avenir des êtres capables de métaphysique, ils se tourneront vers Gustave Thibon et Simone Weil, comme vers les plus purs témoins de ce Dieu des armées devenu à leurs yeux le Dieu désarmé.
    Si vous voulez en savoir plus sur Gustave Thibon, je vous invite à consulter le dossier qui lui est consacré dans L'Encyclopédie de L'Agora sur Internet, à l'adresse suivante:
    http://agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/Gustave_Thibon
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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