Extraits de publications
Pierre-Jean Dessertine
Éditions ALÉAS
La lettre de L'Agora
Abonnez-vous gratuitement au bulletin électronique. de L'Agora.
Actualités
Bertrand Letendre
Dans le but louable de faire des économies, les gouvernements, c'est le cas notamment de celui du Canada, on tendance à inviter les entreprises, à assurer elles-mêmes le contrôle de la...
 
Effets au long cours des antidépresseurs« Voilà des médicaments largement prescrits dont on connaît finalement peu les effets à long terme. Une large étude de cohorte britannique a étudié près...

Temps

L'espace-temps du café

Monique Membrado
Opinion Indépendante: Dans Poétiques des cafés, vous évoquez, à travers l’analyse littéraire, les différentes fonctions sociales du café dans notre société. En conclusion de votre livre, vous écrivez que le café est un lieu «où il est permis de rêver».
Monique Membrado: Le café, c’est avant tout une ambiance particulière, dont les différents éléments favorisent en effet la rêverie. Il y a le bruit, la musique quand elle n’est pas trop agressive (!), la lumière - toujours présente même en plein jour, l’atmosphère bleutée laissée par les volutes des fumées de cigarettes... C’est un lieu protégé , tranquille. Assis au café, on n’a rien à faire, rien à prouver, on est là.

O.I: Vous évoquez également un «espace-temps» propre au café.
M.M: Dès que l’on franchit la porte d’un café, on est «à la pause». Au temps quotidien, haché, fait de ruptures et de succession d’instants, s’oppose ce temps plein du café. Une forme d’immobilité, de plénitude. Un sentiment de sérénité amplifié par la présence immuable du personnel, serveur ou barman, figures stables dans un univers mouvant. C’est le temps de la lenteur qu’évoque Pierre Sansot. Dans une société perpétuellement en mouvement, où l’on nous demande d’être toujours plus efficaces, plus compétitifs, le café offre un moment de repos, loin des urgences du quotidien. Le temps prend de l’épaisseur. C’est une sorte de bulle dans laquelle on prend plaisir à être présent, disponibles aux éléments environnants. On se donne un droit à la paresse. Mais c’est un temps qui reste éphémère: le café ne s’entend aussi que parce que l’on y entre et que l’on en sort, c’est tout l’intérêt de ce lieu.

Source

Date de création:2001-04-17 | Date de modification:2006-11-07