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    Dossier: Souverainisme

    Un anglo opte pour un Québec souverain - Chapitre 1

    Antoine Paré
    CHAPITRE UN
    NOTRE HÉRITAGE CANADIEN


    Les premiers colons de la Nouvelle-France adoptèrent le nom de «Canadien» dès leur arrivée dans la colonie pour se distinguer de leur compatriotes français venus ici non pas pour s'y établir, mais pour y travailler, soit comme administrateurs ou soldats, n'attendant que le moment venu pour quitter ces « quarante arpents de neige », comme disait Voltaire. Après la conquête, ce terme devait servir à les différencier des nouveaux venus qu?on appelait les « Anglais » et de les identifier comme étant les véritables Canadiens.

    Pendant ce temps, les Canadiens s?acharnaient à se découper un pays en défrichant les forêts. Les coureurs des bois exploraient le continent dans toutes les directions, du nord au sud et de l?est à l'ouest, en empruntant les fleuves majestueux de l?Amérique du Nord. Ils partaient de Lachine ou de Montréal dans le but d'aller fonder de nouvelles colonies, lesquelles allaient, par la suite, devenir de grandes villes américaines, telles que Saint-Louis, Détroit ou Nouvelle-Orléans. Ils furent aussi les premiers Européens à s?aventurer dans l?extrême ouest du pays et les premiers à contempler la grandeur des Montagnes Rocheuses.

    Mon père, Alphonse Paré, était fier d?être un descendant de ces premiers Canadiens. Notre ancêtre, Robert Paré, était un des premiers colons à construire en 1653 sa maison sur l?emplacement même de la Place Royale à Québec, là où Samuel de Champlain avait érigé, plus tôt, en 1608 son « habitation ». On peut y voir aujourd?hui une plaque à la mémoire de Robert Paré, posée au nom de ses nombreux descendants. Mon père était, lui aussi, un « coureur des bois » et à l?exemple de ces premiers explorateurs, il a parcouru en tant qu?ingénieur minier, l?immense territoire de l?Amérique du Nord et de l?Amérique du Sud, par canot et même à dos de lamas en Amérique du Sud, afin d?inspecter les plus récentes découvertes minières.

    Après la conquête, alors qu?un grand nombre de dirigeants français sont rentrés en France, notre branche de la famille Paré s?est déplacée en amont du fleuve Saint-Laurent, pour s?établir à Lachine située sur le côté ouest de l?Île de Montréal. Le grand-père de mon père, Louis Paré, troisième en ligne à porter le nom de Louis, fut élu le premier maire de Lachine. Il agissait en même temps, comme gardien ou surintendant des écluses de Lachine. C?était un poste prestigieux pour un Canadien français à cette époque. Pour se diriger vers l?ouest avant la construction des chemins de fer, les navires devaient emprunter les écluses du Canal de Lachine qui reliaient le fleuve Saint-Laurent à la rivière Outaouais.

    La maison paternelle de Louis Paré, située sur les rives du Lac Saint-Louis, était une résidence typiquement canadienne-française. Il est surprenant de constater que les dix-sept enfants de Louis Paré aient été élevés avec grand succès dans cette modeste demeure. (Voir illustration page ... ). En y pensant bien, je suis rempli d?une profonde admiration et d?un grand respect pour mon arrière grand-mère, Ursule Latour. Elle était une mère canadienne-française possédant les traits caractéristiques de cette époque, alors que les familles étaient nombreuses et que la vie de la mère était un sacrifice continuel, se dévouant entièrement à sa famille et à son foyer. Plusieurs de ses fils furent attirés vers l?ouest par ces bateaux passant à travers les écluses et s?embarquèrent, afin d?aller s?établir sur des « ranchs » en Saskatchewan.

    Quant à ses filles, elles fréquentèrent le couvent des Soeurs de Sainte-Anne à Lachine, dont le co-fondateur fut le Père Paré, membre de la famille ; plusieurs d?entre elles devinrent religieuses de l?Ordre de Sainte-Anne. Dans notre jeunesse, nous visitions ces grandes tantes, à l?occasion, avec notre mère en compagnie de leurs propres soeurs, nos grandes tantes Lelia et Alphonsine Paré dont il sera question plus loin dans ce chapitre. Étant donné que ni notre mère australienne, ni aucun de nous ne pouvions converser en français à cette époque, il y avait beaucoup de gestes d?amour échangés entre nos grandes tantes et nous à ces occasions, mais peu de conversation.

    C?est par l?entremise de ses soeurs, alors qu?elles étaient élèves au couvent, que mon grand-père, le docteur Louis Paré, a fait la connaissance de sa future épouse, Joséphine Timmins, qui était alors une pensionnaire au couvent. Sa famille avait émigré de Manchester en Angleterre, pour s?établir à Mattawa, sur la rivière Outaouais, non loin de la capitale. Son père, Noé Timmins, tenait le magasin général à Mattawa. Cette liaison allait encourager d?autres alliances entre la famille Paré et la famille Timmins. Les deux frères de ma grand-mère Joséphine Timmins, Noé Jr. et Henri ont rencontré mes grandes tantes Lélia et Alphonsine Paré et les ont épousées.

    Ces trois mariages ont donné naissance à la dynastie Timmins-Paré qui se fera remarquer dans l?avenir.

    Malheureusement, après avoir donné naissance à six enfants, ma grand-mère Joséphine s?éteint soudainement alors que l?enfant le plus jeune, mon père, Alphonse Paré, n?a que deux ans. C?est alors que mon grand-père décide de suivre l?exemple de ses frères aînés et se dirige vers l?ouest. Il accepte le poste de député-chirurgien en chef de la Gendarmerie Royale du Canada et agira comme tel durant les troubles occasionnés par la révolte de Louis Riel.

    En 1872, le docteur Paré est nommé Juge de Paix pour la province du Manitoba. Par la suite, il reçoit un des premiers certificats permettant de pratiquer la médecine à Régina qui faisait alors partie des Territoires du Nord Ouest et qui devint plus tard la capitale de la Saskatchewan. Le docteur Paré maintint également un « ranch » dans les environs de North Battleford en Saskatchewan, où mon père passa une grande partie de sa jeunesse, pratiquement toujours à cheval.

    Durant toutes leurs vies, mon père, Alphonse et son père le docteur Louis Paré partagèrent la même vision du Canada. Les frontières des provinces récemment délimitées avaient peu d?importance pour eux. Avec l?inauguration du chemin de fer transcontinental, ils voyageaient d?un océan à l?autre et se sentaient chez eux autant dans l?ouest du pays que dans l?est.

    En effet, le docteur Paré a envoyé son fils Alphonse suivre des cours d?anglais dans une école privée, le St. Helen?s School à Victoria, en Colombie Britannique. Plus tard, il continua ses études au Tacoma High School dans l?état de Washington, aux U.S.A., où mon père s?était distingué au football.

    Après son « High School » à Tacoma, mon père revint dans l?est du Canada pour compléter ses études au Collège militaire royal de Kingston. Si ce n?avait été de ses oncles Timmins, lesquels avaient maintenant acquis la mine d?argent Larose à Cobalt, Ontario et étaient déménagés avec leurs familles à Montréal, mon père, toujours un grand admirateur de l?Empire britannique, aurait sûrement poursuivi une carrière militaire dans l?armée des Indes. Car, après sa graduation au Collège militaire royal de Kingston, il avait accepté une commission de capitaine dans l?armée britannique des Indes et il était en route pour l?Angleterre, afin de se présenter aux autorités militaires. Mais ses oncles Timmins le persuadèrent de suivre des études d?ingénieur minier à McGill, pour le préparer à travailler pour eux.

    Mon père avait été choisi capitaine de l?équipe de football au Collège militaire royal et également, plus tard, à l?Université McGill, et il a conduit son équipe au championnat de la ligue nationale, dans les deux cas. En 1910, après sa graduation à McGill, mon père fut envoyé par ses oncles dans le nord de l?Ontario, afin d?enquêter sur les rumeurs d?une découverte de gisements d?or. C?est alors qu?il a eu la chance inouïe de trouver la personne ayant fait la découverte, en l?occurrence, Benny Hollinger, et il réussit à faire acheter les droits de ce dernier par ses oncles Noé et Henri Timmins. On donna à mon père, à l?âge de 26 ans, la responsabilité de mettre en marche la mine d?or Hollinger, et Alphonse Paré fut le premier gérant de cette mine qui allait devenir l?une des mines les plus riches dans l?histoire du Canada. Mon père baptisa le site de la mine du nom de « Timmins », (qui allait devenir la ville la plus importante du nord de l?Ontario).

    Dans les années qui suivirent, mon père fut impliqué dans la fondation et la mise en marche de plusieurs autres centres miniers, tels que Noranda, Great Slave Lake, Iron Ore, etc. Il fut certainement l?un des grands pionniers de l?entreprise minière au Canada.

    Dans le but d?approfondir ses connaissances minières, mon père se rendit en Australie de l?ouest en 1912 où il fit la connaissance de ma mère, Lucy Victoria Griffith. Il l?épousa en 1913, à Perth, et l?emmena à Montréal où ils élevèrent neuf enfants. Ma mère est décédée en 1988 à l?âge de 99 ans et a laissé une postérité d?au moins cent descendants aujourd?hui dispersés à travers le Canada et dont la plupart sont de langue anglaise.
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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