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    Dossier: Saguenay - Lac-Saint-Jean

    Le développement régional

    Line Noreau
    Depuis le 29 mars 1966, le terme de région est devenu plus concret au Québec. En effet, c'est à ce moment que la province fut divisée en dix régions administratives. Exception faite du Nouveau-Québec, chacune de ces régions possède une capitale administrative qui permet de créer un lien plus vivant entre la population de ces régions, dont certaines sont éloignées des grands centres, et le gouvernement. Autrefois, la province consistait en un vaste ensemble plus ou moins cohérent dont les divisions étaient basées sur l'histoire et la géographie.

    Le Saguenay Lac St-Jean est une de ces régions éloignées dont je parlais précédemment. J'habite sa capitale administrative, la ville de Jonquière. Il est bien certain que les moindres efforts tentés pour que des relations s'effectuent entre les populations de ces régions et les gouvernements sont bien accueillis. Bien sûr, parce qu'en fait seul un facteur de territoire cause une si grande différence économique entre les régions du Québec. Le problème de l'éloignement, qui apparaît comme raison majeure au sous-développement des régions périphériques, me semble très relatif lorsque les politiques des gouvernements en matière de développement sont coordonnées avec celles des régions. Le Saguenay Lac St-Jean possède les éléments qui sont à la base d'un développement régional. Le problème se situe donc au niveau de l'organisation et de la planification des ressources disponibles.


    Territoires et ressources humaines

    Une région est tracée à partir de critères physiques, historiques et sociaux. Le relief et l'hydrographie sont des impératifs de premier ordre dans le découpage d'une région comme le Saguenay Lac St-Jean. Le lac et les rivières qui se jettent dans le St-Laurent apparaissent sur la carte comme une porte ouverte vers l'intérieur des terres. L'aspect physique de la région impliquant ses nombreux cours d'eau a donc permis la communication essentielle au développement. il n'y a pas eu de conflit lors de la délimitation de la région, car la région naturelle correspondait exactement à la région administrative.

    La région 02, puisque c'est ainsi qu'administrativement on désigne le Saguenay Lac St-Jean, couvre 106 000 kilomètres carrés de superficie. C'est un espace important considérant la densité de population. En effet, 4.4% de la population du Québec occupe 7.8% du territoire au Saguenay Lac St-Jean comparativement à 56.7% du total de la population sur 2.8% du territoire québécois pour la région de Montréal.1 Le Saguenay Lac St-Jean détient la troisième place au Québec au niveau de la superficie de son territoire. Il est précédé par le Nouveau-Québec et la Côte Nord avec respectivement 57.6% et 14.5% du territoire.

    En 1971, la population totale du Saguenay Lac St-Jean atteignait 265 642 habitants dont 163 348 dans le secteur Saguenay et 102 294 au Lac St-Jean. Cela représente une densité de 2.5 habitants au kilomètre carré. Une grande partie du territoire n'étant pas défrichée, la population est concentrée dans certaines agglomérations. Ce fait se manifeste de plus en plus avec l'exode rural que la région connaît. Régulièrement, la population rurale va vers la ville qui est le siège de l'emploi. La terre ne fait plus vivre ses occupants. La population de la région est urbaine à un taux de 72.1%. Les gens sont jeunes puisque 95.6% des habitants ont moins de 65 ans et l'âge moyen est de 26.1 ans. Cependant, le taux de natalité décroît à un rythme alarmant et, par le fait même, l'accroissement naturel décroît. Le taux de mortalité diminue et expose donc la région à un vieillissement inévitable de sa population. Dans quelques années, une petite quantité de gens, la population active, devra subvenir à un nombre important de gens de plus de 65 ans.

    Depuis 1956, le pourcentage de la population régionale par rapport au reste du Québec ne cesse de décroître. De 5.1% qu'il était en 1956, il est descendu à 4.4% en 1971. Selon l'Office de Planification et de Développement du Québec, cette diminution se poursuivra.

    La région, étant éloignée des grands centres, ne connaît pratiquement pas les effets de l'immigration. En effet, 95.2% de la population est d'origine et de langue française. Toutefois, les effets de l'émigration se font sentir. En 30 ans, la région a vu partir 54 261 habitants.


    La colonisation

    L'histoire du peuple saguenayen et jeannois prend ses origines près des cours d'eau. La colonisation en bordure du Saguenay et de plus en plus loin jusqu'au Lac St-Jean remonte à un peu plus d'un siècle, soit vers 1838. Cette colonisation plutôt rapide a toutefois créé un peuple qui fut isolé pendant un long moment. Cependant, cette période de retranchement a permis la naissance d'un langage, d'expressions et de coutumes caractéristiques à la région.

    Il y avait de la vie dans la région bien avant que les Blancs viennent s'y installer en permanence. Les indiens Montagnais y vivaient paisiblement. Au l7e siècle, la région constituait une route pour le commerce de la fourrure. Certains des comptoirs de traite de l'époque sont devenus des villes dont Chicoutimi, Métabetchouan, Mistassini, ainsi baptisées par leurs habitants. La vocation première de ces villes fut donc le commerce. D'autres agglomérations sont nées de la création de moulin à papier comme ce fut le cas pour Rivière-du-Moulin ou pour l'abattage du bois comme à Grande-Baie ou l'Anse St-Jean. Quelques villes plus récentes sont apparues suite à l'exploitation de ressources énergétiques et naturelles non-transportables, comme à Arvida ou Kénogami. Au Lac St-Jean, la ville de Roberval, née d'un besoin de la population, est une ville de services. La rivière Saguenay a beaucoup favorisé l'activité forestière étant donné les avantages qu'elle offrait pour le transport du bois.

    Voici la signification de certains noms donnés par les Montagnais à divers sites de la région:

    Saguenay: là où l'eau sort.
    Chicoutimi: jusqu'ici c'est profond.
    Kénogami: lac long.
    Shipshaiv: rivière lâchée, libérée, qui va partir.
    Piékouagami: Lac St-Jean, lac Plat.
    Péribonka: rivière qui sort dans le sable.
    Mistassini: lac qui a une grosse roche.
    Métabetchouan: là où la rivière se réunit, se recueille.


    La notion de région

    Les régions administratives du Québec ont été créées dans le but de mieux comprendre l'économie en divisant selon différents critères les zones de productivité. Les problèmes des régions pouvaient ainsi être découverts plus rapidement avant que ceux-ci s'enveniment. Les régions devenaient plus réelles aux yeux des gouvernements étant donné leur plus petite taille. Ce découpage de régions a permis de constater l'importance d'un réseau urbain hiérarchisé à l'intérieur de chaque unité administrative. En effet, pour qu'une région soit équilibrée, il faut qu'elle possède un éventail diversifié de villes grandes et moyennes, de villages et de campagnes qui jouent le rôle que leur nature implique. De la métropole régionale à la campagne, chaque palier d'un réseau urbain a une fonction bien précise à remplir.

    Au Québec, il n'y a que la région de Montréal qui possède un réseau urbain hiérarchisé, Ailleurs dans la province, tous les niveaux du réseau urbain ne sont pas occupés. Ce fait n'aide certes pas au développement des régions périphériques. Les municipalités de ces régions n'ont pas suffisamment de force pour attirer les industries nécessaires au développement économique. Les services et les avantages qu'offrent ces villes ne sont pas compétitifs avec ceux disponibles dans des villes comme Montréal ou Québec.

    Etant donné que le développement d'une région est possible lorsque celle-ci possède, en plus des ressources naturelles, les structures pouvant mettre en valeur ces ressources, il faut donc que la région se munisse de bases solides aux niveaux administratif, économique et social.

    Au Saguenay Lac St-Jean comme dans les autres régions éloignées du Québec, la hiérarchie du réseau urbain n'est pas respectée. Aucune ville de la région 02 ne possède les attributs d'une métropole régionale. La ville de Chicoutimi avec son université, sa cour de justice, son hôpital spécialisé, peut remplir le rôle de capitale régionale mais joue difficilement celui de métropole à cause de son faible bassin de population. La région ne peut donc créer un impact important sur le reste de la province, n'ayant pas de métropole dont le rôle aurait été de représenter et de promouvoir la région. On essaie bien de remplir cette lacune en faisant jouer à Chicoutimi, la capitale régionale, le rôle de métropole, mais tout cela ne fait qu'obliger cette ville à négliger les fonctions qui en font sa raison d'être. L'O.P.D.Q. est formel sur ce point, il y a absence totale de hiérarchie dans le réseau urbain régional. Ainsi, comme je l'ai déjà mentionné, il devient difficile d'intéresser la population et les grandes industries à s'installer dans des régions périphériques où les services offerts sont minimes.

    Il est étrange de constater qu'au chapitre du développement régional et urbain, le rapport Castonguay considère que le gouvernement ne doit pas imposer de politiques restrictives aux industries, au niveau des subventions, pour les inciter à s'installer dans d'autres municipalités que Montréal. Le rapport indique bien l'importance de la création de nouveaux centres urbains d'envergure mais mentionne aussi qu'il ne faut pas employer de restrictions envers Montréal, car cette ville doit continuer de croître. Cependant, une question surgit. Comment réussira-t-on à intéresser les industries à se localiser loin des marchés et des grands centres urbains? Bien sûr à nous avons les matières premières mais il faut qu'elles puissent être mises en valeur. Comment? il faudrait à ce moment-là modifier toute l'optique de l'entreprise privée. Toutefois, le rapport apporte une réponse en suggérant une certaine déconcentration des unités administratives gouvernementales dans des centres urbains en voie d'expansion afin d'augmenter encore davantage leur importance. C'est sûrement ce que tente de faire le gouvernement fédéral en localisant à Jonquière un centre de données fiscales qui constitue un investissement considérable. Cependant, cela me semble insuffisant.

    Le rapport Castonguay, comme certains autres rapports sur le développement des régions et du réseau urbain québécois, prône le regroupement des municipalités afin que celles-ci forment un noyau urbain de plus grande importance et pouvant créer un impact suffisamment fort sur la province pour ainsi provoquer le développement. On parle évidemment des rôles qu'aura à jouer cette nouvelle municipalité, comment elle devra se structurer. Cependant, je crois qu'il est important qu'une région ne soit pas à la «remorque» d'une seule ville, aussi vaste et forte soit-elle. C'est justement l'aspect que l'on semble négliger dans toutes ces études de regroupements. Tous les efforts sont orientés vers le seul but de forcer le développement régional en créant une super-ville. Pourtant, lorsque cela se produit, tout un ensemble de villes moyennes et petites, de villages et de campagnes disparaît dans cette structure gigantesque et impersonnelle.

    Au Saguenay Lac St-Jean, nous avons déjà subi les effets de trois regroupements municipaux: celui des villes de Jonquière, Kénogami et Arvida qui forment la nouvelle ville de Jonquière; les villes de Chicoutimi, ChicoutimiNord et Rivière-du-Moulin formant la nouvelle ville de Chicoutimi; et les villes de Port-Alfred et Bagotville formant la ville de la Baie. Ces municipalités physiquement près l'une de l'autre sont apparues comme cibles idéales d'un regroupement. Un autre grand projet de regroupement est actuellement à se structurer. Il impliquerait les nouvelles grandes villes de Jonquière, Chicoutimi et de la Baie. Cette grande ville porterait le nom de Ville Saguenay et engloberait tout le Haut-Saguenay. À partir de là, le réseau urbain, qui n'était déjà pas très fort, le sera encore moins puisqu'il y aura dorénavant absence de capitale régionale, de villes moyennes et petites. Il y aura bien sûr une métropole, mais à quel prix! Un problème ne manquera certainement pas d'apparaître à l'intérieur de cette grande ville: il y aura fuite et non-recrutement de petites et moyennes entreprises. En effet, il y aura uniformité de taxes dans tout le secteur et les PME (petites et moyennes entreprises) qui recherchent des terrains peu dispendieux et des services peu coûteux ne pourront pas affronter la hausse de ces taxes. Cela constituera une lourde perte pour notre économie en plus de créer de nombreux autres problèmes connexes comme le chômage. Les PME se localisaient auparavant dans les villages ou villes où les taxes étaient moins élevées.

    La solution de regroupement que propose le rapport Castonguay pour développer les régions n'est donc pas dénuée de mauvais côtés. Il faudra ou trouver autre chose pour renforcer le réseau urbain, ou bien apporter des solutions réalistes pour résoudre les problèmes que les regroupements municipaux amènent.


    Le développement régional

    Il est possible d'organiser le développement d'une région. Les bases du plan agro-forestier actuellement mis sur pied au Saguenay Lac St-Jean constituent un départ vers un développement agricole logique. À partir d'un inventaire des ressources agricoles régionales, le ministère de l'agriculture, en collaboration avec des autorités régionales, préconise une recherche de la véritable vocation agricole du Saguenay Lac St-Jean. Suite à cela, il sera possible d'encourager, de promouvoir les secteurs qui sont prometteurs. Ainsi, les efforts des dirigeants seront coordonnés et certainement plus efficaces. L'agriculture sera zonée.

    Le développement agricole se fera à partir des ressources disponibles, des conditions locales et des possibilités d'avenir; donc sur des bases solides plutôt qu'en poussant ce développement de tout côté et en créant une agriculture disparate, faible et sans lendemain.

    L'exemple du plan agro-forestier devrait être pris en considération par tous les secteurs recherchant les moyens et les voies de leur développement. Les autorités concernées pourraient investir à des risques réduits et donnant des résultats plus que satisfaisants.

    La forêt du Saguenay Lac St-Jean est une ressource à ne pas négliger dans le développement de la région. Les essences qu'on y rencontre ne sont pas de grande valeur mais leur quantité est si considérable que le poids économique de la forêt est tout de même important. Bien qu'une partie de la forêt régionale soit actuellement exploitée, la plus grande superficie demeure encore inemployée.

    Le bassin hydrographique régional constitue un attrait physique et économique. Ce bassin de 85 000 kilomètres carrés est composé de cours d'eau puissants pouvant fournir l'électricité essentielle aux grandes industries et permettant aussi le transport. Cette ressource renouvelable est sûre car le débit des rivières régionales est régulier et constant. Donc, au niveau de l'énergie hydro-électrique et du secteur touristique, les cours d'eau de la région constituent un élément important à développer.

    Le secteur minier est au début de son expansion dans la région. Nous en sommes encore au stade de l'exploration mais les recherches effectuées nous permettent de croire que le secteur minier pourrait devenir important. Les effectifs sont là. Il n'y a qu'à mentionner les gisements de fer du Lac Albanel, de colombiurn de St-Honoré, et aussi de calcaire cristallin, de silice et de granit également présents dans la région. Tout récemment, la Société Québécoise d'Exploitation Minière a fait la découverte d'un important gisement d'uranium au nord de Girardville, dans le «haut du lac». Il ne faut pas omettre de parler du cuivre présent en quantité importante dans le secteur de Chibougamau.

    Il faudra bien qu'un jour des industries s'installent dans la région pour exploiter ces ressources non-transportables. Cependant, ce jour devrait être précipité avant que la région ne perde son dynamisme.2

    La forte émigration que connaît la région est un indice certain de sa faiblesse économique. En effet, lorsqu'une région ne peut fournir suffisamment d'emplois pour garder ses habitants sur place, sa situation est critique. Au Saguenay Lac St-Jean, en décembre 1977, le chômage atteignait le chiffre incroyable de 14.1% soit une augmentation de plus de 3%.

    La région bénéficie de nombreux projets des gouvernements pour pallier temporairement au chômage. Malheureusement, ce n'est pas à l'intérieur de ceux-ci qu'elle pourra se munir de structures économiques solides. Ces projets sont sans avenir. Il faudrait étudier les possibilités et les besoins de la région, comme le fait le plan agro-forestier de par sa définition. Les projets gouvernementaux ne font que feux de paille parce qu'ils n'ont qu'un seul objectif. créer des emplois. On invente toutes sortes d'activités qui occuperont les populations mais qui finalement ne répondent pas à leurs véritables besoins. Je verrais la seule orientation valable de ces projets dans l'étude des possibilités qu'offre la région pour le futur. Malheureusement, avec des projets qui auraient dû promouvoir le développement régional en fournissant des emplois à la population, on a pu constater que «les déséquilibres de croissance des villes du Québec se sont accentués au lieu de s'atténuer au cours des dernières années».3


    Conclusion

    Il faudra qu'à un certain moment les gouvernements choisissent entre une province ayant plusieurs villes d'importance et de force égale comme en Allemagne Fédérale ou une province n'étant qu'un sous-pays dirigé par un monstre de gigantisme comme Montréal, structure qui ressemblerait étrangement à celle des pays sous-développés, comportant une métropole et... le reste. Tant et aussi longtemps que des politiques fermes de déconcentration des industries ne seront pas mises sur pied, il sera très difficile d'obtenir des régions périphériques qui n'en seront plus. En France, on dit: «Paris et le désert français»; peut-être qu'un jour nous pourrons aussi dire: «Montréal et le désert québécois».

    HYMNE AU SAGUENAY (extraits)
    O Saguenay, Chère Patrie,
    Où la main du Dieu Créateur
    Mit l'empreinte de son Génie
    Et la nature ses splendeurs.
    En vain je visite la terre
    Et ses charmes mystérieux;
    C'est toi que mon âme préfère,
    O Saguenay de mes aïeux.
    J'aime ton fleuve et son mystère,
    Dans le cadre des monts Géants
    Où sur l'orgueilleux front de pierre
    Trône la vierge souriant.
    J'aime ton lac aux eaux limpides
    Que le ciel peint de ses reflets,
    Le profil de tes Laurentides,
    Le manteau vert de tes forêts.

    Tu fus jadis pays sauvage;
    Un conquérant t'a dominé;
    Plus vigoureux fut son courage
    Que ta farouche majesté.
    Le bras hardi de mon ancêtre
    A planté son drapeau vainqueur
    Et poli d'une main de maître
    Le chef-d'oeuvre du créateur.

    LAURENT TREMBLAY



    BIBLIOGRAPHIE
    BOILEAU, Gilles, Le Saguenay Lac St-Jean, Québec Editeur officiel du Québec, 1977, 179
    pages.
    CASTONGUAY, Claude, L'urbanisation au Québec, Québec, Editeur officiel du Québec,
    1976, 347 pages.
    FERNAND, Martin, La dynamique du développement urbain au Québec, Montréal,
    Editeur officiel du Québec, 1975, 84 pages.
    FRÉCHETTE et VÉziNA, L'économie dit Québec, Montréal, Editions RHW Ltée, 1975,
    436 pages.
    HARVEY, Edmour, La régionalisation, St-Bruno, Imprimerie St-Bruno enrg, 1968, 141 pages.


    Notes
    1 Ces chiffres proviennent du recensement de 1971.
    2 Au moment où je complète ce travail, les pourparlers vont bon train quant à l'établissement de la compagnie General Motors dans la région. Le Saguenay Lac St-Jean offre vraiment des réponses aux besoins de cette compagnie. En plus de l'énergie hydroélectrique en quantité, la région est le château fort de l'aluminium, matière essentielle à la fabrication d'automobiles. C'est maintenant que le gouvernement devrait intervenir pour stimuler cette entreprise afin que celle-ci s'installe dans la région plutôt que dans une ville comme Valleyfield qui ne ferait que contribuer une fois de plus à l'agrandissement de la région de Montréal.
    3 Castonguay Claude, L'urbanisation au Québec, Québec, Éditeur officiel du Québec, 1976, p. 122.
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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