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    Dossier: Révolution française

    Le matérialisme et la Révolution française

    Friedrich Engels
    Emancipation de la bourgeoisie :
    3º Matérialisme du XVIlle siècle et Révolution française
    Pendant ce temps, le matérialisme passait d'Angleterre en France où il rencontra une autre école matérialiste, une branche du cartésianisme avec laquelle il se fondit. Tout d'abord, il demeura en France une doctrine exclusivement aristocratique; mais son caractère révolutionnaire ne tarda pas à s'affirmer. Les matérialistes français ne limitèrent par leurs critique; aux questions religieuses, ils s'attaquèrent à toutes les traditions scientifiques et institutions politiques qu'ils trouvèrent sur leur route; et afin de prouver que leur doctrine avait une application universelle, ils l'appliquèrent bravement à tous les sujets de la science dans une œuvre de géants dont ils prirent le nom, l'Encyclopédie. Ainsi sous l'une ou l'autre de ses deux formes — matérialisme avoué ou déisme — cette doctrine devint celle de toute la jeunesse instruite de France, à tel point que lorsque la Grande Révolution éclata, la doctrine philosophique, couvée en Angleterre par les royalistes, donna un drapeau théorique aux républicains et aux terroristes, et fournit le texte de la Déclaration des droits de l'homme. La Grande Révolution française fut le troisième soulèvement de la Bourgeoisie; mais elle fut le premier qui rejeta l'accoutrement religieux et livra toutes ses batailles sur le terrain politique; elle fut aussi le premier qui poussa la lutte jusqu'à la destruction d'une des parties guerroyantes, l'aristocratie, et jusqu'au complet triomphe de l'autre, la Bourgeoisie. L'existence en Angleterre des institutions pré-révolutionnaires et post-révolutionnaires et le compromis entre les seigneurs fonciers et les capitalistes trouvent leur expression dans l'existence des précédents juridiques et dans la religieuse conservation des formes féodales de la loi.

    La Révolution française fut une complète rupture avec les traditions du passé, elle balaya les derniers vestiges du féodalisme et formula le Code civil, qui est une géniale adaptation de l'ancienne loi romaine aux conditions du capitalisme moderne; il est une expression presque parfaite des relations économiques correspondant au moment économique que Marx nomme la production de marchandises; si géniale, que ce Code de la France révolutionnaire sert de modèle pour la réforme des lois sur la propriété dans tous les pays, sans en excepter l'Angleterre.

    N'oublions pas que si la loi anglaise continue à exprimer les relations économiques de la société capitaliste dans cette langue barbare de la féodalité, qui correspond à la chose exprimée juste comme l'orthographe anglaise correspond à la prononciation anglaise, — vous écrivez Londres et vous prononcez Constantinople, disait un Français, — cette même loi anglaise est aussi la seule qui ait conservé à travers les siècles et transmis à l'Amérique et aux colonies la meilleure part de cette liberté personnelle d'origine germanique, de ce self government local 14 et de cette indépendance à l'égard de toute intervention, celle des cours de justice exceptée, qui sur le continent ont été perdus pendant l'époque de la monarchie absolue et n'ont été reconquis nulle part.

    La Bourgeoisie anglaise contre le matérialisme et la Révolution
    Revenons à notre Bourgeoisie anglaise. La Révolution française lui procura une splendide occasion de détruire avec le concours des monarchies continentales le commerce maritime français, d'annexer les colonies françaises, et d'écraser les dernières prétentions de la France à la rivalité maritime. C'est une des raisons pour laquelle elle combattit la Révolution.

    L'autre était que sa manière de procéder ne lui plaisait pas. Non seulement son «exécrable» terrorisme, mais même son essai de pousser à l'extrême la loi bourgeoise. Que deviendrait la Bourgeoisie anglaise sans son aristocratie, qui lui enseignait les belles manières, pour vilaines qu'elles étaient, qui inventait pour elle ses modes, qui fournissait des officiers à l'armée, pour le maintien de l'ordre à l'intérieur, et à la flotte, pour la conquête de colonies et de nouveaux marchés à l'extérieur? Il est vrai qu'il y avait une minorité progressive de Bourgeoisie, dont les intérêts n'étaient pas aussi bien servis par ce compromis; cette fraction, recrutée principalement dans la classe moyenne la moins riche, sympathisa avec la Révolution, mais elle était impuissante dans le Parlement.

    Ainsi, tandis que le matérialisme devenait la foi de la Révolution française, la Bourgeoisie anglaise vivant dans la crainte du Seigneur, se cramponna d'autant plus à sa religion. Le règne de la Terreur à Paris ne montrait-il pas à quoi on arriverait si la masse perdait ses sentiments religieux? Plus le matérialisme se propageait de France aux autres pays, renforcé par de similaires courants doctrinaux, principalement par la philosophie allemande, plus le matérialisme et la libre pensée devenaient, sur le continent, les qualités requises de tout esprit cultivé, plus la classe moyenne d'Angleterre se crétinisait dans ses nombreuses sectes religieuses. Ces sectes différaient entre elles, mais toutes étaient fortement religieuses et chrétiennes.

    Tandis que la Révolution assurait en France le triomphe de la Bourgeoisie, en Angleterre Watt, Arkwright, Cartwright 15 et d'autres commençaient une révolution industrielle qui déplaça le centre de gravité de la puissance économique. La richesse de la Bourgeoisie grandit colossalement, plus rapidement que celle de l'aristocratie. Dans la Bourgeoisie elle-même, l'aristocratie financière, les banquiers, etc. étaient relégués au second plan par les manufacturiers. Le compromis de 1689, même après les changements graduels qu'il avait subis à l'avantage de la Bourgeoisie, ne correspondait plus aux positions relatives des parties contractantes. Le caractère de ces parties s'était également modifié; la Bourgeoisie de 1830 différait grandement de celle du siècle précédent. La puissance politique, demeurée dans les mains de l'aristocratie, qui l'employait pour résister aux nouvelles prétentions de la Bourgeoisie industrielle, devint incompatible avec les nouveaux intérêts économiques. Une lutte nouvelle avec l'aristocratie s'imposait, qui ne pouvait se terminer que par la victoire de la nouvelle puissance économique. D'abord le Reformn Act, grâce à l'impulsion imprimée par la Révolution française de 1830, passa en dépit de toutes les oppositions. Il donna à la Bourgeoisie une puissante influence dans le Parlement. Puis l'abrogation des loirs sur les céréales assura pour jamais la suprématie de la bourgeoisie sur l'aristocratie, principalement de la fraction la plus active, les manufacturiers. C'était la glus grande victoire de la Bourgeoisie; ce fut la dernière qu'elle remporta pour son profit exclusif. Tous ses autres triomphes, par la suite, elle dut en partager les bénéfices avec une nouvelle puissance sociale, d'abord son alliée, mais bientôt sa rivale.
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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    L'auteur

    Friedrich Engels
    Mots-clés
    Matérialisme, bourgeoisie, Révolution française, L'Encyclopédie, déisme
    Documents associés
    Jacques Dufresne
    Droit, société
    Gabriel Compayré
    L'Assemblée constituante, Mirabeau, Talleyrand, enseignement des droits de l'homme, création des écoles cantonales, écoles de district, centralisation, instruction gratuite

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