Extraits de publications
Pierre-Jean Dessertine
Éditions ALÉAS
La lettre de L'Agora
Abonnez-vous gratuitement au bulletin électronique. de L'Agora.
Actualités
Bertrand Letendre
Dans le but louable de faire des économies, les gouvernements, c'est le cas notamment de celui du Canada, on tendance à inviter les entreprises, à assurer elles-mêmes le contrôle de la...
 
Effets au long cours des antidépresseurs« Voilà des médicaments largement prescrits dont on connaît finalement peu les effets à long terme. Une large étude de cohorte britannique a étudié près...

Ophélie

Arthur Rimbaud
La fragile renoncule d'eau, abandonnée au gré du courant qui ne manquera pas de la submerger.
photo: 12/08/2004, Kingscroft, Québec
I

Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte très lentement, couchées en ses longs voiles...
- On entend dans les bois lointains des hallalis.

Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir,
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance à la brise du soir.

Le vent baise ses seins et déploie en corolle
Ses grands voiles bercés mollement par les eaux;
Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,
Sur son grand front rêveur s'inclinent les roseaux.

Les nénuphars froissés soupirent autour d'elle;
Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,
Quelque nid, d'où s'échappe un petit frisson d'aile:
- Un chant mystérieux tombe des astres d'or.

II

O pâle Ophélia! belle comme la neige!
Oui tu mourus, enfant, par un fleuve emporté!
C'est que les vents tombant des grand monts de Norwège
T'avaient parlé tout bas de l'âpre liberté;

C'est qu'un souffle, tordant ta grande chevelure,
A ton esprit rêveur portait d'étranges bruits;
Que ton coeur écoutait le chant de la Nature
Dans les plaintes de l'arbre et les soupirs des nuits;

C'est que la voix des mers folles, immense râle,
Brisait ton sein d'enfant, trop humain et trop doux;
C'est qu'un matin d'avril, un beau cavalier pâle,
Un pauvre fou, s'assit muet à tes genoux!

Ciel! Amour! Liberté! Quel rêve, ô pauvre Folle!
Tu te fondais à lui comme une neige au feu:
Tes grandes visions étranglaient ta parole
- Et l'Infini terrible effara ton oeil bleu!

III

- Et le Poète dit qu'aux rayons des étoiles
Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis;
Et qu'il a vu sur l'eau, couchée en ses longs voiles,
La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys.


1870

Date de création:2004-09-03 | Date de modification:2006-11-07
Informations
L'auteur
poète français (1854-1891)
Mots-clés
eau, Shakespeare, jeunesse
Extraits de publications sur ce thème
0
Maurice Lagueux
Louis Painchaud, Paul-Hubert Poirier
Presses de l'Université Laval
Franck Michel
Presses de l'Université Laval
Données d'édition
Date de création:
2004-09-03
Dernière modification:
2006-11-07
Extrait
Le vent baise ses seins et déploie en corolle Ses grands voiles bercés mollement par les eaux; Les saules frissonnants pleurent sur son épaule, Sur son grand front rêveur s'inclinent les roseaux.
Autres documents
Vaccination massive, Fausse alerte, Pharmacoéconomie, Vaccinologie , Santé publique,Promotion, Vaccination, Influenza – Acharnement préventif
Pierre-Jean Dessertine
technique, technoscience, nature, passion, Castoriadis, Leibniz, Kant
Pierre-Jean Dessertine
travail, œuvre, action, consommation, Hannah Arendt
Pierre-Jean Dessertine
violence, guerrier, marchand, passion, Kant, activisme
Pierre-Jean Dessertine
liberté, nature, biosphère, Brunet Latin, Spinoza
Jacques Beaudry
attitude, lieu, philosophie, dépendance, aliénation