Voici un poème datant du XIXe siècle qui, sans être un commentaire de la doctrine de Pythagore, n'en restitue pas moins l'esprit en évoquant la parenté entre l'âme du monde, celle de l'homme, celle des animaux et même celle des choses.
Eh quoi! Tout est sensible!
Pythagore
Homme! libre penseur te crois-tu seul pensant
Dans ce monde, où la vie éclate en toute chose:
Des forces que tu tiens ta liberté dispose,
Mais de tous tes conseils l'univers est absent.
Respecte dans la bête un esprit agissant...
Chaque fleur est une âme à la Nature éclose;
Un mystère d'amour dans le métal repose:
"Tout est sensible!" - Et tout sur ton être est puissant!
Crains dans le mur aveugle un regard qui t'épie:
A la matière même un verbe est attaché...
Ne la fais pas servir à quelque usage impie!
Souvent dans l'être obscur habite un Dieu caché:
Et, comme un oeil naissant couvert par ses paupières,
Un pur esprit s'accroît sous l'écorce des pierres!
Homme! libre penseur te crois-tu seul pensant
Dans ce monde, où la vie éclate en toute chose:
Des forces que tu tiens ta liberté dispose,
Mais de tous tes conseils l'univers est absent.
Respecte dans la bête un esprit agissant...
Chaque fleur est une âme à la Nature éclose;
Un mystère d'amour dans le métal repose:
"Tout est sensible!" - Et tout sur ton être est puissant!
Crains dans le mur aveugle un regard qui t'épie:
A la matière même un verbe est attaché...
Ne la fais pas servir à quelque usage impie!
Souvent dans l'être obscur habite un Dieu caché:
Et, comme un oeil naissant couvert par ses paupières,
Un pur esprit s'accroît sous l'écorce des pierres!
