À propos de la publication de cette correspondance dans l’édition des Œuvres complètes, préparée par Pierre Trahard et Édouard Champion.
Elle porte sur trente années et, toujours narquoise, enjouée, brillante d’intelligence et de vie comme toutes les lettres de l’auteur de Carmen, révèle une face peu connue de sa prodigieuse activité. On sait que Mérimée était inspecteur des monuments historiques, et, comme tel, joua un rôle considérable dans l’organisation défensive des monuments de notre art roman et ogival, dont il fut le premier à assurer le classement dès 1835. C’est certainement à lui que l’on doit, entre autres sauvetages des merveilles architecturales de l’ancienne France, la conservation de l’admirable église de la Madeleine, à Vézelay, où fut prêchée la première croisade. Sur son intervention personnelle le jeune Viollet-le-Duc, qu’il avait connu et apprécié chez Delécluze, fut chargé d’assurer la consolidation de l’antique sanctuaire.
L’amitié des deux hommes, entretenue par maints voyages effectués en commun et la plus affectueuse estime, devait durer jusqu’à la mort de l’écrivain, et s’exprimer de façon charmante dans leur longue correspondance. Elle intéresse au premier chef les archéologues, les antiquaires et les architectes. On verra qu’entre les municipalités aveugles et la constante mauvaise volonté du clergé, la tâche de Mérimée n’était pas toujours très commode… Les simples lettrés liront aussi avec intérêt cette correspondance parfois sévère, égayée un temps par les gentilles jovialités de l’écrivain, puis, à la fin, assombrie par les préoccupations de l’homme clairvoyant, inquiet des erreurs accumulées par ses impériaux amis des Tuileries… Devant le vaste labeur scientifique attesté par ces lettres, ils pourront se demander, une fois de plus, si ce ne sont pas ses travaux d’archéologue et d’inspecteur qui, dès 1840, ont de plus en plus détourné Mérimée de la littérature pure.
L’amitié des deux hommes, entretenue par maints voyages effectués en commun et la plus affectueuse estime, devait durer jusqu’à la mort de l’écrivain, et s’exprimer de façon charmante dans leur longue correspondance. Elle intéresse au premier chef les archéologues, les antiquaires et les architectes. On verra qu’entre les municipalités aveugles et la constante mauvaise volonté du clergé, la tâche de Mérimée n’était pas toujours très commode… Les simples lettrés liront aussi avec intérêt cette correspondance parfois sévère, égayée un temps par les gentilles jovialités de l’écrivain, puis, à la fin, assombrie par les préoccupations de l’homme clairvoyant, inquiet des erreurs accumulées par ses impériaux amis des Tuileries… Devant le vaste labeur scientifique attesté par ces lettres, ils pourront se demander, une fois de plus, si ce ne sont pas ses travaux d’archéologue et d’inspecteur qui, dès 1840, ont de plus en plus détourné Mérimée de la littérature pure.
