Regarder divinement les choses terrestres, plutôt que de regarder humainement les choses célestes.
"Il est l'inaccessible, Il est l'inévitable".
"Il (Dieu) dit: Je suis. C'est tout. C'est en bas qu'on dit: j'ai.
L'ombre croît posséder dans vingt songes limés,
Et tient des biens de songe en des doigts de fumée.
Dieu n'a rien étant tout."
Ce sont là de grands éclairs de la théologie négative. Un Dieu qui est au-delà de toute mesure, au-delà de nos concepts:
"Un Dieu dont l'éblouissement crée en nous la nuit.
Et le plus éclairé est le plus ébloui."
(Victor Hugo)
Dieu, au-delà de la justice
"Lui, l'incommensurable, il n'a pas de compas;
Il ne se venge pas, il ne pardonne pas;
Son baiser éternel ignore la morsure;
Et quand on dit: justice, on suppose mesure.
Il n'est point juste; il est. Qui n'est que juste est peu."
"Ce Dieu, ajoute Hugo, aucun nom humain ne lui convient." Sauf sur la terre où on l'appelle Jésus:
"Il est Croix sur la Terre et s'appelle Jésus,
Hors de la Terre, Il est l'innommé. Chaque sphère
Le nomme en frissonnant du nom qu'elle préfère
Mais tous les noms de Dieu sont des flots insensés."
Insensé aussi l'homme qui méconnaît Dieu en lui:
"Tout ce qui sur la terre à cette heure est debout,
Même les innocents sous leurs pieds ont partout
Quelque chose de Dieu que dans l'ombre ils écrasent.»
L'ancien Testament
[...]
Donc, Booz dans la nuit dormait parmi les siens.
Près des meules, qu'on eût prises pour des décombres,
Les moissonneurs couchés faisaient des groupes sombres;
Et ceci se passait dans des temps très anciens.
Les tribus d'Israël avaient pour chef un juge;
La terre, où l'homme errait sous la tente, inquiet
Des empreintes de pieds de géants qu'il voyait,
Était encor mouillée et molle du déluge.
Comme dormait Jacob, comme dormait Judith,
Booz, les yeux fermés, gisait sous la feuillée;
Or, la porte du ciel s'étant entrebâillée
Au-dessus de sa tête, un songe en descendit.
Et ce songe était tel, que Booz vit un chêne
Qui, sorti de son ventre, allait jusqu'au ciel bleu;
Une race y montait comme une longue chaîne;
Un roi chantait en bas, en haut mourait un Dieu.
Et Booz murmurait avec la voix de l'âme:
«Comment se pourrait-il que de moi ceci vînt?
Le chiffre de mes ans a passé quatre-vingt,
Et je n'ai pas de fils, et je n'ai plus de femme.
«Voilà longtemps que celle avec qui j'ai dormi
Ô Seigneur a quitté ma couche pour la vôtre;
Et nous sommes encor tout mêlés l'un à l'autre,
Elle à demi vivante et moi mort à demi.
«Une race naîtrait de moi! Comment le croire?
Comment se pourrait-il que j'eusse des enfants?
«Quand on est jeune, on a des matins triomphants,
Le jour sort de la nuit comme d'une victoire;
«Mais, vieux, on tremble ainsi qu'à l'hiver le bouleau.
Je suis veuf, je suis seul, et sur moi le soir tombe,
Et je courbe, ô mon Dieu ! mon âme vers la tombe,
Comme un boeuf ayant soif penche son front vers l'eau.»
[...]
Victor Hugo Booz endormi
Lieux sacrés
Au début du XXe siècle, Charles Péguy invitait les étudiants de Paris à le suivre dans un pélerinage à pied vers la cathédrale de Chartres. Voici les vers que cette marche lui a inspirés.
Visions Hymne à la nuit Novalis
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