Le banquier
Toutes l'envient: l'or le grandit.
L'universel désir et ses milliers de flammes
Brûlent leur âme autant qu'ils ravagent son âme;
Il est celui qui divise le pain
Miraculeux du gain.
S'il les trompe, qu'importe,
Chacun revient, après avoir quitté sa porte.
Avec de grands remous
Sa force roule en torrent fou
Et bouillonne et bondit et puis entraîne
- Feuilles, rameaux, cailloux et graines -
Les fortunes, les épargnes et les avoirs
Et jusqu'aux moindres sous que recomptent, le soir,
À la lueur de leur lanterne,
Les gens de ferme.
Ainsi, domptant les rois et les peuples et ceux
Dont la puissance pauvre, en ses coffres, expire,
Du fond de son fauteuil usé, morne et boiteux,
Il définit le sort des mers et des empires.
Émile Verhaeren
Texte complet
Toutes l'envient: l'or le grandit.
L'universel désir et ses milliers de flammes
Brûlent leur âme autant qu'ils ravagent son âme;
Il est celui qui divise le pain
Miraculeux du gain.
S'il les trompe, qu'importe,
Chacun revient, après avoir quitté sa porte.
Avec de grands remous
Sa force roule en torrent fou
Et bouillonne et bondit et puis entraîne
- Feuilles, rameaux, cailloux et graines -
Les fortunes, les épargnes et les avoirs
Et jusqu'aux moindres sous que recomptent, le soir,
À la lueur de leur lanterne,
Les gens de ferme.
Ainsi, domptant les rois et les peuples et ceux
Dont la puissance pauvre, en ses coffres, expire,
Du fond de son fauteuil usé, morne et boiteux,
Il définit le sort des mers et des empires.
Émile Verhaeren
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