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    Dossier: Ordinateur

    La carte perforée

    Jacques Dufresne
    Du métier à tisser à l'ordinateur

    Vers la fin du XVIIIe siècle, un tisserand français du nom de Jacquard trouva un moyen fort ingénieux pour automatiser davantage les métiers. Jusqu'alors, on avait dù faire manuellement toutes les opérations nécessaires pour introduire des motifs et des couleurs dans les tissus. Cette tâche était fastidieuse. Pour dessiner des motifs sur un métier à tisser, il faut lever tantôt les fils X et Y tantôt les fils Z ou W. Plus les dessins qu'on veut reproduire sont complexes, plus la sélection des fils exige de temps. Jacquard eut l'idée d'utiliser des cartons perforés pour automatiser cette tâche. Un trou laissait passer une tige, qui déclenchait ainsi le mécanisme de levage du fil correspondant au trou. S'il n'y avait pas de trou, la tige correspondante ne traversait pas le carton et le mécanisme de levage ne bougeait pas. Les cartons étaient attachés les uns aux autres et formaient une grande chaîne qui passait automatiquement à travers un dispositif placé à côté du métier.

    Le travail du programmeur (on peut déjà employer ce mot) consistait à transformer le dessin du tissu en langage binaire: trou, non trou.

    Le procédé ingénieux de Jacquard devait bientôt traverser la Manche et passer de l'univers mental du tissage à celui du calcul. Ayant compris, comme plusieurs de leurs contemporains, que l'énormité des calculs à faire allait bientôt empêcher le progrès, des sciences, le mathématicien anglais Charles Babbage et son amie la comtesse de Lovelace, elle aussi passionnée par les méthodes de calcul, s'étaient attelés à la gigantesque tâche de fabriquer une machine à calculer et à raisonner, avec les moyens correspondant à la technique de l'époque, ce qui les obligea à multiplier des relais mécaniques à la fois bruyants, fragiles et infiniment plus gros que les relais des circuits miniaturisés actuels.

    Ils eurent beau avoir l'aide du gouvernement anglais et faire travailler une équipe d'ouvriers spécialisés pendant plus de dix ans, ils parvinrent tout au plus à construire un engin gros comme une locomotive, qui ne fonctionna jamais.

    On a toutefois conservé les plans de cet engin et on considère qu'ils étaient en avance d'un siècle sur la technique de l'époque. L'apport le plus significatif de la comtesse de Lovelace et de Charles Babbage fut l'utilisation de la carte perforée de Jacquard dans leur moulin à calcul.

    La carte perforée réapparut en 1890 dans la machine que l'américain Herman Hollerith fabriqua pour traiter les données du recensement de 1890. A l'époque des premiers ordinateurs commerciaux, la carte perforée apparaissait comme le symbole par excellence de la logique gouvernant les unités centrales.

    On comprend l'utilité de cette carte quand on a sous les yeux un programme en langage machine comme celui qui est reproduit en page X. A chaque point de la carte correspondait dans l'ordinateur un circuit qui s'ouvrait ou se fermait selon qu'il y avait un trou ou qu'il n'y en avait pas.

    On n'utilisait pas la carte dans les premiers ordinateurs. Pour programmer ces derniers, il fallait manipuler des centaines sinon des milliers de commutateurs, tâche qui fut vite jugée incompatible avec la première raison d'être de l'ordinateur: la vitesse d'exécution.
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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    Jacques Dufresne
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    Le procédé ingénieux de Jacquard devait bientôt traverser la Manche et passer de l'univers mental du tissage à celui du calcul. Ayant compris, comme plusieurs de leurs contemporains, que l'énormité des calculs à faire allait bientôt empêcher le progrès, des sciences, le mathématicien anglais Charles Babbage et son amie la comtesse de Lovelace, elle aussi passionnée par les méthodes de calcul, s'étaient attelés à la gigantesque tâche de fabriquer une machine à calculer et à raisonner, avec les moyens correspondant à la technique de l'époque, ce qui les obligea à multiplier des relais mécaniques à la fois bruyants, fragiles et infiniment plus gros que les relais des circuits miniaturisés actuels.
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