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    Dossier: Mystère

    Chaque heure a son mystère

    Romano Guardini

    Il n'est rien de plus naturel que de comparer la durée d'une vie à celle d'une journée, d'évoquer la gloire du matin, le mystère du soir. Guardini nous prouve ici qu'il est possible de marchr dans ces sentiers battus avec un regard neuf.

    Quelle fraîcheur dans un matin! C'est un commencement, une naissance qui, chaque jour, se renouvelle. Nous sortons du sommeil, où notre vie brûlait en veilleuse, avec la certitude joyeuse de vivre, d'exister... Puis cette vie part d'une allure joyeuse, rapide; puis elle s'use aux difficultés, et la montée devient plus lente. Arrivée au point culminant du jour, elle se repose un instant avant de tomber lentement de fatigue, de sommeil.

    Vers midi, elle goûte des instants délicieux. Sans regarder vers l'avenir qui ne l'opprime pas encore, ni vers le passé qu'elle quitte à peine, elle est toute au présent, alerte comme un solide marcheur. Et son regard se perd au lointain, vers l'éternité...

    La profondeur de ces instants, nous ne les goûtons pas dans les villes où tout bruit, où sans cesse on parle et remue. Mais sortons, gagnons les champs de blés, le silence des bruyères, un jour d'été, quand le soleil est au zénith, et l'azur embrasé: nous serons là sans plus nous apercevoir du temps, sous les feux de l'éternité... À midi, le jour qui atteint son plein se fige presque dans le présent. Plénitude du jour... voisinage de l'éternité...

    Le soir possède également son mystère: celui de la mort. Le jour va vers son déclin; l'homme se prépare à rentrer dans le silence du sommeil. Au matin, la vie portait l'exubérance de ses forces renouvelées; elle cherche, au soir, à se reposer, lassée. Or, n'est-ce point là le mystère de la mort? Souvent, nous n'y prenons pas garde, car les images de ce monde nous occupent encore et demain nous fait déjà tirer des plans, et rêver. Parfois, cette pensée nous frôle, mais comme un écho imperceptible. Des soirs pourtant viennent aussi, qui nous font sentir vivement combien la vie descend vers ces ténèbres où personne ne peut plus mériter.

    Il nous faut comprendre ce mystère de la mort: tout en dépend. Mourir dit mieux qu'un être touchant à sa fin. Mourir, c'est le dernier mot d'une vie, celui qui clôt tout irrémédiablement. Avant ce terme définitif, on peut toujours utiliser les événements et construire du neuf avec le passé... Si le malheur peut briser un peuple ou un individu, il peut aussi revigorer et lui créer des forces neuves. La portée réelle d'un fait ne se juge qu'en cette phase ultime. Or, la mort représente cette dernière phase: l'homme dit son dernier mot à la vie qui passe, lui donne un dernier regard. Encore un peu, son destin lui échappe. Alors, celui-ci rend grâces au Seigneur et transforme, par son repentir, un passé trouble; et celui-là manque l'ultime occasion: l'un finit sa vie, l'autre la perd.

    Quel grand art celui de mourir.

    Songeons-y! Le soir qui tombe doit nous exercer à donner à la vie qui passe sa valeur définitive.
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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