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    Dossier: Madrid

    Impressions de voyage: Madrid

    Basile Routhier
    La capitale de l'Espagne. — La Puerta del Sol et ses flânours. — Les fumeurs en Espagne. — Le Musée du Roi. — Le Buen Retiro. — L'Armeria. — Le réveil de l'Espagne.
    À MADRID
    La capitale de l'Espagne est la moins espagnole de toutes ses villes, et ce qu'on appelle le progrès moderne l'assimile de plus en plus aux autres villes européennes.

    Sa population dépasse 600,000 habitants, ses rues s'élargissent pour y installer des tramways, ses maisons se multiplient, sa cuisine se perfectionne; elle a son Hôtel de Paris et son Grand Café de Paris. Mais on chercherait en vain dans toute son étendue un seul édifice vraiment monumental.

    Je ne vous décrirai donc pas ses églises: aucune n'est remarquable. Je ne puis pas vanter son palais: il n'est qu'un vaste bloc carré sans style.

    Ses boutiques sont assez pauvres, ses hôtels ne sont guère bons, son climat est détestable, en décembre.

    La Puerta del Sol, où se trouve mon hôtel, et qui est le vrai centre de Madrid, est une place irrégulière, entourée d'édifices sans architecture, de cafés sans luxe, et de vitrines de province. Elle mérite cependant son nom, parce qu'elle est bien la porte par laquelle le soleil entre dans Madrid.

    Ce qui est vraiment étonnant sur cette place, et dans la rue d'Alcala qui l'unit au Prado, c'est le mouvement. Un pareil rassemblement défie toute description. Ni Broadway de New-York, ni Cheapside, de Londres, ni les boulevards de Paris ne présentent ce spectacle; et cela dure tout le jour, et presque toute la nuit.

    Ce qui distingue tout particulièrement cette multitude de la foule américaine, c'est qu'elle n'est jamais pressée. Tout le monde paraît flâner, et se chauffer au soleil. Le millionnaire et le mendiant, le politicien et l'artiste, l'homme d'affaires et le rentier, semblent n'avoir d'autre occupation que le far niente. Tous marchent à pas lents, majestueusement drapés dans leurs manteaux; et le pauvre n'y met pas moins de forme et d'élégance que le riche. C'est ici que Victor Hugo pourrait parler de torchons radieux: il y en a.

    Après cela, vous ne serez pas surpris d'apprendre que l'Espagnol est un fumeur infatigable. Il fume toujours, et partout. A l'opéra, et dans les hôtels, il n'y a pas de salon pour les dames, mais il y a un fumoir. Le soleil d'Espagne, si radieux, ne perce pas sans peine les nuages de fumée de tabac qui s'élèvent de Madrid. J'attribue au besoin de fumer des conducteurs la lenteur des chemins de fer espagnols. Il faut bien que le chef du train et le chef de gare allument de temps en temps la pipe, ou fument leurs cigares.

    J'ai passé huit jours à Madrid, dont quatre au Musée du roi. C'est qu'en réalité Madrid ne possède guère autre chose que son admirable galerie de peinture, la plus belle du monde peut-être. Comment vous exprimer dans une simple lettre écrite à la hâte, sur un coin de table d'une chambre d'hôtel, toute mon admiration pour les nombreux chefs-d'œuvre entassés dans cet immense musée? Comment vous dire ce que l'on éprouve, quand on a devant soi les œuvres immortelles de génies tels que Murillo et Raphaël, Velasquez et Rubens, Ribera et Titien? Car ici toutes les écoles sont représentées, les écoles de Rome, de Venise et des Flandres, comme celles de l'Espagne. Non, je ne puis pas même effleurer les contours d'une pareille étude.

    Après le musée, deux choses m'ont plu à Madrid, ce sont les promenades publiques et l'Armeria.

    Le Prado, le Buen Retiro, et les jardins du Palais renferment des parterres, des massifs de verdure, des charmilles et des pièces d'eau très bien entretenues. Le grand étang du Buen Retiro offre tous les charmes d'une navigation paisible, à la rame, à la voile et même à la vapeur; car deux bateaux-mouches à hélices le sillonnent.

    Mais ce qui m'a charmé, je puis dire ému, c'est le musée des armes. Il est beaucoup moins grand que celui de la Tour de Londres, mais bien plus intéressant. On ne saurait regarder d'un œil froid les armures de Charles-Quint et de Gonzalve de Cordoue. Il y a là des épées qui jettent des éclairs, et qui réveillent dans l'âme tous les plus nobles sentiments.

    Voyez cette lame pesante et large, enrichie de pierreries; c'est celle du Cid! Regardez cette autre qui se repose maintenant sur un coussin de velours: elle faisait jadis un dur travail dans les mains de Roland!

    Et ces deux fines épées qui se ressemblent comme deux sœurs jumelles, et qui se racontent peut-être leurs exploits et leurs voyages lointains; il fut un temps où ceux qui les portaient se nommaient Fernand Cortez et Pizarre! Voici la rapière de Don Juan d'Autriche, et celle de Dom Jaime! Sur ce lit de camp a souvent dormi Charles-Quint! Et ce drapeau déchiré, dont les lambeaux pendent dans cette vitrine, vénérez-le comme une sainte relique; car il fut vainqueur à la bataille de Lépante.

    O noble Espagne! Quand on a ton glorieux passé, il est bien permis de se reposer sur ses lauriers; mais il ne faut pas s'y endormir.

    Pour qu'une nation soit vraiment puissante et glorieuse, il ne suffit pas qu'elle vive selon les vrais principes sociaux et religieux; il faut qu'elle ne perde pas de vue les principes économiques et les intérêts matériels.

    Sans doute les premiers sont plus importants, plus essentiels à la vie nationale; mais les seconds ne doivent pas non plus être négligés.

    C'est pour avoir mis en oubli cette doctrine, que l'Espagne a vu décroître sa grandeur et sa puissance, de Charles Quint à Charles II, l'Augustule de sa race, dit Donoso Cortès.

    Mais cette belle nation s'est réveillée depuis, et ses nobles enfants travaillent à l'agrandissement de sa prospérité, de sa puissance et de sa gloire.

    Sans doute elle n'a plus les preuxs chevaliers, les illustres marins, et les grands conquérants d'autrefois. Mais les temps sont changés, et il ne reste plus de Maures à expulser, ni de continents à découvrir.

    Il lui suffit maintenant de produire des hommes d'État, des théologiens, d'illustres évêques, des écrivains, des orateurs, des poètes; et il y en a parmi les contemporains dont elle a droit d'être fière.


    ENCORE A MADRID
    La Puerta del.Sol. — Le café de Paris. — Fernan Caballero. — Ses nouvelles. – Quelques pages de Paz & Luz.

    Décidément, la Puerta del sol me plait beaucoup, et vaut tout Madrid — sauf le Musée. C'est le centre de la vie espagnole, et l'on y sent battre le cœur de l'Espagne. J'y passe des heures à coudoyer la foule, et le spectacle est très varié.

    Les amis, et même les amoureux s'y donnent rendez-vous; les commerçants y font des affaires; les hommes d'État y discutent les questions politiques; les charlatans y déclament leurs boniments; les malades et les infirmes viennent s'y chauffer au soleil; les journalistes y font collection de faits-divers; les dramaturges et les romanciers y cherchent des héros et des héroïnes.

    Malgré la tendance malheureuse à l'uniformité de costume, on y voit encore des toilettes pittoresques et originales, depuis la senora, en mantille, jusqu'au paysan aux couleurs bariolées, portant le justaucorps en velours et le châle drapé avec élégance.

    Le soir, je vais passer une heure au Café de Paris, et j'y retrouve à peu près les mêmes types. Ils sont groupés autour de petites tables, dans une salle immense, buvant du chocolat, du café, ou des liqueurs; mangeant des bollos — espèce particulière de gâteaux — jouant aux dominos, et discutant avec animation la politique du jour.

    J'ai voulu me mettre un peu au courant de la politique espagnole; mais j'ai dû y renoncer, c'est un labyrinthe. La diplomatie étrangère doit s'y trouver constamment désorientée. Les partis sont au nombre de quinze ou seize, et les nuances qui les séparent ne sont appréciables que par des yeux espagnols.

    Il fait bien froid ici en décembre, et les vents qui descendent des hauts plateaux de la Castille sont insupportables. Les chambres d'hôtel sont glacées, et l'on ne trouve le confort d'un feu de grille que dans le fumoir et la salle à dîner.

    Quand la cheminée est trop entourée, il ne reste plus qu'une ressource contre le froid: se mettre au lit et se charger de couvertures.

    C'est là que je m'installe pour lire, dans la soirée, les Nouvelles Andalouses de Fernan Caballero. Elles sont pittoresques, originales, charmantes, et l'on m'assure qu'elles sont de vraies peintures des mœurs espagnoles contemporaines.

    Fernan Caballero est un pseudonyme qui cache le nom d'une femme remarquable, vivant tantôt à Cadix, tantôt à Séville 1. Ses nouvelles ont obtenu un très grand succès, et elles le méritent. Elles reproduisent les croyances pieuses, les poétiques légendes, les coutumes, les chansons et les dictons du peuple des campagnes. Les récits sont simples, naturels, naïfs et spirituels.

    On en pourra juger par quelques pages d'une nouvelle intitulée "Paix et Lumière " (Paz et Luz) que je veux citer.

    La scène se passe dans un village des Sierras, non loin de Séville. Un pèlerinage de montagnards et de montagnardes est descendu d'Aracena à Utrera, pour la fête de Notre Dame de Consolation. Parmi les pèlerins, se trouvent Pastora, une belle jeune fille de dix sept ans, surnommée la fleur de la Sierra, et Diego Mena, âgé de 26 ans, et surnommé le silencieux à cause de sa taciturnité habituelle, due à de grands chagrins de famille; car son père a été assassiné, et sa mère est morte de chagrin.

    Or, il paraît que Diego, jeune et joli comme un saint Sébastien, n'a jamais levé les yeux que sur une jeune fille, qui est Pastora, et qui prétend ne pas s'en apercevoir.

    Il voudrait bien trouver une occasion de causer avec elle, et de lui dire un peu tout le bien qu'il en pense. La fête de la Consolation va lui offrir une occasion unique et charmante. Laissons conter Fernan Caballero:

    "Pour faire ce pèlerinage, on avait donné à Pastora un vieil âne qui, à cause de sa couleur noire, était appelé Mohino. Mohino fit tout ce qu'il put pour faire comprendre que cette promenade matinale n'était pas de son goût, mais ce fut en vain. On lui mit la selle sur le dos, et on la serra de manière à lui faire faire contre son gré quelques entre-chats ou cabrioles avec ses pieds de derrière. Pastora sauta légèrement sur sa monture, et Mohino, de plus mauvaise humeur que jamais, baissa la tête, laissa pendre ses oreilles comme deux sacs vides, jeta un dernier regard langoureux à son écurie, soupira, et suivit en silence la caravane.

    Lorsque l'on fut arrivé, on attacha les chevaux aux oliviers, et ou laissa les ânes paître en liberté. Mohino alla, comme les autres, à quelque distance; puis, après un instant de réflexion, il leva la tête, dressa ses deux oreilles, arrêta ses grands yeux impassibles sur l'endroit où étaient ses maîtres, examina ce qui s'y passait, puis, bien sûr que tous étaient entrés dans la chapelle, il se retourna d'un air indifférent et, sans rien dire à ses compagnons, il reprit à petits pas le chemin du village.

    Pendant ce temps, Pastora et ses amis avaient entendu la messe, fait leurs prières, déjeuné sur l'herbe sèche et parfumée, en chantant et en riant. Ils virent avec peine les rayons du soleil, déjà obliques, traverser les feuilles étroites des oliviers.

    Allons, il est temps de retourner à Utrera, dirent les mères. La nuit marche plus vite que les ânes, elle nous attrapera en route."

    "Les hommes se mirent à la recherche des montures. "Eh! Mohino! Mohino! viens donc, bourrique!

    Maudites soient tes longues oreilles qui ne te servent pas même à entendre qu'on t'appelle, Mohino!

    — Rien!

    Mon Dieu! dirent les femmes, comment faire? Comment Pastora retournera-t-elle au village?

    Tous les hommes qui avaient été à cheval à la Consolation avaient amené en croupe leur mère, leur femme, ou leur sœur.

    Messieurs, dit un jeune garçon, j'ai trouvé un moyen. Diego Callado est ici; il n'a amené personne en croupe, lui: il est toujours seul.

    — Diego! Diégo! crièrent les garçons en courant vers l'endroit où il était, l'âne du père Blas a trouvé qu'il valait encore mieux revenir à midi que de porter une jolie fille comme Pastora. La fleur de la Sierra est passée de la cavalerie dans l'infanterie; il faut absolument que tu la prennes en croupe."

    Le jeune homme à qui ils s'adressaient fut si interdit et si confus, qu'une rive rougeur s'étendit sur son visage, quand il répondit d'une voix hésitante:

    "Mon cheval ne peut porter personne en croupe."

    "Un des jeunes gens fit trois pas en arrière, s'élança, et sauta légèrement sur la croupe du cheval. Le noble animal, fougueux et doux à la fois, ne fit pas un mouvement.

    Allons, dit un autre, cela te va comme un gant à la main, et cela déridera ta figure refrognée.

    — Vraiment, dit un second, il y a des hasards qui ont un air de providence.
    — Tu feras dire une messe à la vierge de Consolation, dit un troisième, parce qu'elle t'a consolé.
    — Celui qui n'a pas faim, Dieu lui remplit ses greniers.
    — Tu gagnes le gros lot sans avoir mis à la loterie.
    — Tu feras dorer les fers de ton cheval."

    Tandis que toutes ces plaisanteries passaient et se croisaient aux oreilles de Diégo, comme des fusées, les jeunes gens avaient placé Pastora sur le cheval. Celle-ci, qui ne se doutait pas de l'embarras de Diégo, ni de la résistance qu'il avait faite, s'établissait commodément, arrangeait ses jupes, prenait d'une main le mouchoir attaché à la queue du cheval, et passait l'autre sans façon autour de la taille de Diégo, s'appuyant sur le cœur du jeune homme, qu'une émotion inconnue faisait battre fortement.

    On se mit en marche, et bientôt le beau cheval de Diégo fut en avant de tous.

    Diego Mena, qui, dans le village, était seulement connu sous le nom de Diégo le silencieux, surnom que lui avaient valu sa taciturnité et la solitude dans laquelle il vivait, était arrivé à l'âge de vingt-six ans sous l'influence de l'horrible catastrophe qui semblait avoir paralysé tous ses sentiments, et les avait concentrés sous la double impression du chagrin et de l'horreur. Il était resté si seul dans le monde, que rien n'était venu interrompre ce tête-à-tête avec sa douleur et sa tristesse.

    Diégo était comme un arbre dont la sève a été glacée par le froid de l'hiver, et qui, dépouillé, triste et sombre, n'a pas l'air de vivre. Mais, à peine fut-il en contact avec cette belle jeune fille, si pure, si suave, si pleine de vie, qu'il lui sembla qu'une douce et vivifiante brise de printemps venait ranimer son existence. Aux rayons de ce soleil de vie et d'amour, il tressaillit, ses feuilles s'entrouvrirent, ses fleurs s'épanouirent, et l'arbre se vit dans toute la force de la vie, dans toute la beauté et le luxe du printemps.

    Ils restèrent longtemps silencieux; Diégo dit enfin:

    Resterez-vous encore longtemps ici?

    — Un mois.
    — C'est bien peu.
    — Cela paraîtra bien long à mon père.
    — Il y en aura peut-être d'autres qui désireront votre retour?
    — Non, pas que je sache.
    — Vous n'avez pas d'amoureux?
    — Moi, non.
    — Ils n'ont donc pas d'yeux à Aracena?
    — Et si moi je n'ai pas d'oreilles?
    — Êtes-vous bien difficile?
    — Oui et non.
    — Ce n'est pas une réponse, ou plutôt ce sont deux réponses qui se contredisent.
    — Est-ce que cela vous intéresse?
    — Peut-être.
    — Cette fois vous ne me faites ni une ni deux réponses, vous ne m'en faites aucune.
    — Etes-vous bien pressée de dire non?
    — Vous, vous ne l'êtes guère d'obtenir un oui.
    — Y a-t-il de l'espérance dans l'incertitude?
    — L'incertitude, c'est le purgatoire.
    — Me connaissiez-vous?
    — Oui, et vous aussi me connaissiez.
    — Qui vous l'a dit?
    — Un ami qui ne se trompe pas.
    — Cet ami me dit, à moi, que je ne puis plaire; je suis si triste!
    — Et moi je suis si gaie que je ne devrais pas plaire à celui qui ne l'est pas.
    — Plût à Dieu qu'il en fût ainsi!
    — Moi je ne le voudrais pas!
    — Alors vous voulez me plaire?
    — Est-ce que les étoiles n'aiment pas à briller?
    — Vous voulez être mon étoile?
    — Je ne veux rien, mais je suis ce que je uis.
    — Non, je ne veux pas vous choisir sans que vous y consentiez.
    — Le consentement ne se demande pas; il se mérite.
    — Comment?
    — Cela ne se dit pas, cola se devine.

    «Ils arrivèrent.» Il y a, dit Diégo, très ému, une fenêtre dans la cour de l'oncle Blas qui donne dans la petite rue; l'ouvrirez-vous?

    — Nous verrons.
    — Rien qu'une espérance?
    — Voyez-donc, il n'est pas content! dit Pastora en sautant de cheval. Merci, Diégo. Il faut avouer que votre cheval marche bien.
    — Beaucoup trop vite, Pastora.

    Pastora le salua de la main, et entra en courant dans la maison.

    Diégo s'éloigna, emportant le ciel dans son cœur.
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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