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    Dossier: Illich Ivan

    Le genre vernaculaire

    Jacques Dufresne

     Lettre de Jean Robert, reçue le 18 avril 2010

    Hier, je suis rentré assez fatigué de Mexico et je n'ai pu répondre qu'incomplètement à votre question.

    Nous avons lancé une revue et nous nous efforcons de la maintenir: Conspiratio, un titre inspiré par ce moment de l'eucharistie remplacé maintenant par une poignée de main.

    En pensant à l'image du "nègre blanc" qu'incarnait ce pauvre Jackson: ce que vous dites est un peu effrayant. Il y aurait des vérités criantes dont la révélation provoque des tollés. J'ai un peu peur que ma remise en relief de la critique radicale des professions ne provoque une opposition, pas tant chez les participants que parmi les "autorités universitaires". À la réflexion, une annonce dans la Lettre de l'Agora ne ferait pas de mal, bien au contraire. Personnellement, je n'ai pas peur de ce que Thierry Paquot qualifie de "grand nombre".
    Je ne sais pas si vous avez suivi l'"affaire Claudia von Werlhof" (documentée sur "You tube" où passe un vidéo de lynchage de cette grande professeur amie d'Ivan, de Gustavo, mon amie).

    Le terrain est "dangereux", en ce qui me concerne je n'ai rien à perdre, mais mes collègues, qui ont sous la tête l'oreiller d'une perspective de retraite, si peut-être . Il faut que je vous envoie un autre message commentant le cas.

    Il y a deux volumes des Oeuvres complètes. Le Genre vernaculaire se trouve dans le deuxième volume, préfacé par Thierry.

    Ce fut un tournant dans la carrière publique d'Ivan. Le mot lynchage est-il trop fort? Était-ce en 1982 ou 83?

    Ivan passa l'automne à Berkeley. Loua la maison d'un pasteur Japonais en année sabbatique au Japon, le Dr Nishi, et invita un bon groupe d'amis dans cette maison. Un après-midi par semaine, il offrait un long séminaire à l'université. Ce séminaire attirait foule.
    Il y avait un fort intérêt - devrais-je parler de surveillance? - parmi les prof. féministes, je me souviens du nom d'Arie Hochschield. Souvent l'une ou l'autre, parfois un groupe d'entre elles, étai(en)t invitée(s) au petit déjeuner. Ivan abordait avec elles des questions essentielles, apparemment dans un  climat de sympathie réciproque. Par exemple, n'y a-t-il pas une manière de parler féminine, une autre masculine, ce qui, chez certains peuples, peut conduire à l'existence de deux langages (je connais l'existence de deux cas: les Lakota et, dans une certaine mesure, les japonais). Comme on dit un "phonème" ou un "épistème", n'y a-t-il pas lieu de parler d'un "genr-ème", une disposition innée à l'un ou l'autre genre?

    (Hier à notre réunion de Conspiratio participait un théologien dominicain (auteur du livre Deus liberans) qui se définit comme un représentant de la "théologie gay". Un débat chaleureux s'en est suivi, j'ai mentionné bien sûr Foucault, mais aussi Leroy-Ladurie, son Montailloux, et le personnage d'Arnaud, le premier "homosexuel" étiqueté de l'histoire de l'occident post-médiéval. L'intéressant est: de quoi était faite l'étiquette? Eh bien elle était calquée sur la discrimination de l'hérésie (francais bougre, anglais bugger, origine: Bougomir, un des noms de l'hérésie cathare). "Par acclamation" on m'a chargé de rédiger un article sur ce thème. J'ai accepté sans bien réaliser, sur le moment, les difficultés de l'entreprise.

    Oui, il faut revenir au Genre vernaculaire.

    Tout à la fin du séjour d'Ivan à Berkeley, ces prof. féministes ont convoqué Ivan, un soir, à une réunion au cours de laquelle ses thèses allaient être discutées, réunion à laquelle il était invité à assister comme auditeur (en fait, il passa toute la réunion, à droite de la salle, sous le podium et n'eut pratiquement pas droit à la parole: Valentine qui était là et pourrait en témoigner, ce pourquoi je lui envoie copie de ce message).

    L'événement fut organisé d'abord comme un réquisitoire, avec Arie Hochschield dans le rôle du procureur. Puis il y eut le défilé des témoins des incartades d'Ivan à l'orthodoxie féministe. La même Hochschield fut entendue comme témoin et se livra à une mimique des attitudes gestuelles du coupable. Une autre, dont j'ai le nom sur la langue mais que je ne mentionnerai pas de peur de me tromper a comparé Ivan à Hitler. Etc etc, lamentable mais effectif: elles sont parvenues à saboter le livre "Gender" auprès du "public académique". Bien orchestré, hypocrite: effectif. Elles ont pris Ivan à son propre piège: son pacte de bonne foi (voir ses remarques sur l'écoute de l'autre dans "The Rivers North of the Future").

    De là date, dans ma propre petite histoire, mon décollement du monde académique. Je ne peux éviter de dépendre de petits salaires universitaires, mais mon coeur est ailleurs. Je crois que l'université pourrait être réformée, mais en attendant je me refuse à participer à ses rituels sacrificiels. Vive les intellectuels déprofessionnalisés, parlons plutôt avec eux.

    Le nerf de mon projet de séminaire à Paris était dès le début: revenir au radicalisme des années 1970 après une lecture des oeuvres postérieures à 1980. Je me rends compte que cela m'a obligé à aborder des thèmes délicats et ce n'est pas sans appréhension que j'attends cette ordalie.

    Bien à vous

    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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