• Encyclopédies

      • Encyclopédie de l'Agora

        Notre devise: Vers le réel par le virtuel!


      • Encyclopédie sur la mort

        L’encyclopédie sur la mort veut s'intéresser à ce phénomène sous ses multiples aspects et ses diverses modalités.


      • Encyclopédie Homovivens

        Encyclopédie sur les transformations que l'homme opère en lui-même au fur et à mesure qu'il progresse dans la conviction que toute vie se réduit à la mécanique.


      • Encyclopédie sur l'inaptitude

        Tout le monde en conviendra : c'est au sort qu'elle réserve aux plus vulnérables de ses membres que l'on peut juger de la qualité d'une société. Aussi avons-nous voulu profiter ...


      • Encyclopédie sur la Francophonie

        L'Encyclopédie de la Francophonie est l'une des encyclopédies spécialisées qui se développent parallèlement à l'Encyclopédie de l'Agora.

  • Dictionnaires
  • Débats
      • Une solidarité rajeunie: sens de la grève étudiante

        Une solidarité rajeunie Débat sur le sens de la grève des étudiants du Québec Notre point de départ nous le trouvons dans le site de La Classe : «Ce serait effectiv...

      • L'homme, la nature, la techique

        Réflexions inspirées de Bernard Charbonneau et Jacques Ellul, avec la collaboration de l'Association Aquitaine B.Charbonneau J.Ellul, sous la présidence de Sébastien Mor...

      • Les sommets de la terre

        Le Sommet de Rio, qui s'ouvrira le 20 juin, s'inscrit dans une histoire qu'il faut connaître pour bien comprendre les enjeux actuels..En 1952, eut lieu à Québec l'un des événements qui préfigurèren...

  • Sentiers
      • Les sentiers de l'appartenance

        L'appartenance c'est le lien vivant, la rencontre de deux Vies : la nôtre et celle de telle personne, tel  paysage...Quand la vie se retire, le sentiment d'appropriation se substitue au sentim...

      • Le sentier des fleurs sauvages

        Nous sommes des botanistes amateurs. Notre but est de partager un plaisir orienté vers une science complète où le regard du poète a sa place à côté de celui du botaniste, du généticien, du gastrono...

  • Édition


La lettre de L'Agora
Abonnez-vous gratuitement au bulletin électronique. de L'Agora.
Si l’Encyclopédie de l’Agora demeure progressiste, c’est dans un nouveau sens du mot progrès, fondé sur la science réparatrice et sur le principe de précaution.
Média social:
Facebook:


Flux RSS:

Dossier: Insecte

Lutte biologique: trois bogues

Jean Hamann
Tout n'est pas rose du côté des armes «vertes» contre les insectes nuisibles
Malgré les progrès spectaculaires enregistrés par les agents de lutte biologique au cours des dernières années, trois nuages noirs planent sur leur avenir. C'est ce qu'a expliqué le professeur Jacques Brodeur, du Département de phytologie, à la centaine de personnes qui participaient, la semaine dernière à Trois-Rivières, à un colloque du Réseau Biocontrôle. Ce réseau canadien de chercheurs, financé par le CRSNG, tenait une rencontre pour mettre le petit monde québécois de la lutte biologique au parfum des dernières avancées scientifiques dans le domaine.

«La lutte biologique a surfé sur une image positive depuis 30 ans, mais on s'aperçoit que tout n'est pas aussi parfait qu'on le croyait, explique le professeur Brodeur. Parce que les producteurs cherchaient des alternatives aux pesticides chimiques et parce que la lutte biologique a prouvé son efficacité dans certaines conditions, le nombre d'agents biologiques vendus commercialement (insectes, acariens, araignées, nématodes, champignons, bactéries, virus) a poussé comme des pissenlits: leur nombre est passé de 2 en 1970 à 162 en 2003.

«Les producteurs utilisent maintenant un cocktail d'agents dans leurs cultures, sans se soucier des interactions qu'ils pourraient avoir entre eux, déplore le chercheur. Il y a beaucoup d'improvisation.» Les résultats ne sont pas toujours heureux: les insectes se combattent entre eux, les champignons attaquent aveuglément les bons et les mauvais insectes, etc. À cause de ces interactions, des agents qui ont prouvé leur efficacité en laboratoire font chou blanc dans les champs, constate le chercheur. Il reste donc beaucoup à faire pour mettre au point des stratégies d'intervention qui font entrer sur le terrain les bons joueurs, en bon nombre, au bon moment.


«La lutte biologique a surfé sur une image positive depuis 30 ans, mais on s'aperçoit que tout n'est pas aussi parfait qu'on le croyait.»



Virginité perdue
Le chercheur constate également la perte de ce qu'il nomme «la virginité bienveillante» de la lutte biologique. «Avant, on n'y voyait que des bons côtés, mais ce n'est plus le cas. L'introduction de certains agents biologiques a eu des effets secondaires très négatifs sur les insectes indigènes.»

Le chercheur cite le cas de la coccinelle asiatique, introduite aux États-Unis pour lutter contre des pucerons. La petite bête a rapidement migré vers le Nord et, il y a six ans environ, elle a atteint le Canada. Depuis, elle s'est multipliée au point de déplacer ses cousines québécoises. «Il y a dix ans, on comptait six espèces de coccinelles indigènes dans les champs de maïs. Aujourd'hui, il n'en reste qu'une.»

Pour prévenir la répétition de pareils scénarios, l'OCDE concocte présentement une réglementation qui devrait mettre un frein à l'introduction anarchique d'agents biologiques.

L'après 11 septembre
Le dernier nuage noir qui menace l'avenir de la lutte biologique origine du
Patriot Act, adopté par l'administration Bush au lendemain des événements du 11 septembre. Un article de cette loi restreint l'importation de matériel biologique vivant, question d'intercepter aux frontières américaines d'éventuelles armes bactériologiques provenant de l'étranger.

«Parce que les agents de lutte biologique sont du matériel vivant, ils tombent sous le couvert de cette loi, ne peut que constater Jacques Brodeur. Il va donc falloir dédouaner ce matériel, avec les délais et les conséquences que cela implique pour des organismes vivants. Comme 80 % des agents biologiques utilisés aux États-Unis proviennent d'Europe, cette mesure met en péril, à court terme, la lutte biologique en sol américain. À plus long terme, par contre, elle pourrait favoriser l'émergence de producteurs locaux qui pourront prendre la relève», analyse le chercheur.

Date de création:2012-04-01 | Date de modification:2012-04-01
Loading
Informations
L'auteur

Jean Hamann
Jean Hamann collabore au journal Au fil des Événements de l'Université Laval.
Mots-clés
Insectes nuisibles, phytoprotection, agents biologiques, insecticides, pesticides, armes vertes.
Extrait
Le chercheur constate également la perte de ce qu'il nomme «la virginité bienveillante» de la lutte biologique. «Avant, on n'y voyait que des bons côtés, mais ce n'est plus le cas. L'introduction de certains agents biologiques a eu des effets secondaires très négatifs sur les insectes indigènes.» Le chercheur cite le cas de la coccinelle asiatique, introduite aux États-Unis pour lutter contre des pucerons. La petite bête a rapidement migré vers le Nord et, il y a six ans environ, elle a atteint le Canada. Depuis, elle s'est multipliée au point de déplacer ses cousines québécoises. «Il y a dix ans, on comptait six espèces de coccinelles indigènes dans les champs de maïs. Aujourd'hui, il n'en reste qu'une.»
Documents associés

Contribuez au rayonnement des oeuvres de l'Agora/Homo vivens en devenant membre ou en faisant un don.