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    Dossier: Imprimerie

    À propos de l'imprimerie

    Gérard de Nerval
    Extrait de «En marge des Illuminés», in Les Illuminés ou Les Précurseurs du socialisme (Oeuvres de Gérard de Nerval; textes établis par Henri Lemaitre, Paris, Garnier, 1986 (Classiques Garnier)
    Vous discutez sur Gutenberg, Faust et Schoeffer en faisant de l'un un inventeur, de l'autre un simple capitaliste, et du troisième, le domestique du second, - qui aurait seul découvert l'idée de la lettre mobile. Je tâcherai de vous dire, historiquement, ce que c'est que la lettre mobile.

    Il existe à Upsal une Bible du IVe siècle en latin, entièrement imprimée avec des caractères mobiles. Voici comment:

    On avait fabriqué des poinçons représentant toutes les lettres de l'alphabet. On les faisait rougir, - et on les appliquait, tour à tour, avec beaucoup de perte de temps sans doute, sur des feuillets de parchemin où ils laissaient une empreinte noire. C'est un abbé du midi de la France qui, avec l'aide de ses moines, a pu réaliser cette étrange entreprise. - Seulement, l'idée n'était pas nouvelle.

    Les Romains depuis longtemps connaissaient l'art d'imprimer de cette manière des noms et des légendes sur les fresques peintes des coupoles de temples. Le poinçon rougi marquait les lettres sur la peinture. On a conservé des fragments de ces essais.

    En visitant dernièrement le musée de Naples, j'ai remarqué des poinçons en bronze, trouvés dans les ruines de Pompéi, - et qui portaient en relief des inscriptions de plusieurs lignes destinées à marquer des étoffes. - Parlez-moi maintenant de la découverte de l'impression xylographique!

    Personne n'a jamais inventé rien; - on a retrouvé. - Si vous passiez à Harlem, le pays des tulipes, vous verriez sur la grande place la statue de Laurent Coster, devant laquelle je me suis arrêté respectueusement, et sur laquelle j'ai fait un sonnet, dont je ne veux pas affliger le public, - mais où l'on trouve ce vers à propos des trois inventeurs dont les profils en médaillon ornent le titre de nos éditions stéréotypes:

    "Laurent Coster! leur maître... ou leur rival, salut!"

    Tous les Hollandais pensent que Laurent Coster, imagier, est le véritable inventeur, au moins de l'impression xylographique, attendu qu'il avait imaginé de graver sur bois le nom d'Alexander, de Caesar, de Pallas ou d'Hector, sur les blocs qui lui servaient à imprimer des cartes.

    Les Hollandais se trompent eux-mêmes, - et je ne crains pas de le dire, dussent-ils venir le 20 novembre à la vente de Techener, dans le but de faire monter à des prix impossibles l'exemplaire, que l'on y doit mettre à l'enchère, de l'Histoire des Evasions de l'abbé de Bucquoy!

    Un certain tyran de Sparte, nommé Agis, avait l'usage de consulter les entrailles des victimes avant de donner un combat. Il ne sentait en lui-même qu'une foi médiocre dans ces pratiques, - mais il fallait s'accommoder de l'esprit de l'époque.

    Plusieurs fois les présages avaient été malheureux, ce qui tenait peut-être à des combinaisons sacerdotales... Le tyran fut frappé d'une idée. Ce fut d'écrire dans sa main gauche le mot NIKH (victoire) avec une substance grasse et noire. Il l'écrivit même à l'envers. - Il me semble que voici bien la conception typographique.

    Comme prince, il était chargé de déchiffrer cette partie de la peau des victimes qui mettait à jour une membrane blanche recouvrant les entrailles. Il eut soin, en y posant sa main gauche, d'y imprimer le mot NIKH. Les Spartiates , - confiants alors dans la réponse des Dieux, livrèrent la bataille et la gagnèrent.

    Ce tyran-là avait de l'esprit, - et sans relire son histoire, je juge qu'il a dû se maintenir longtemps au trône de Sparte, - ville qui n'était alors républicaine que de nom; une république gouvernée par des princes!...

    Vous voyez qu'il n'y a rien de nouveau sous le soleil.

    J'ai négligé à dessein de parler des Chinois, parce qu'un peuple qui fait remonter l'antiquité de sa race à 72.000 ans, n'a pour nous qu'une bien faible valeur en histoire. J'ai pu voir quelques-uns de leurs essais typographiques qui ne remontent qu'à mille ans avant notre ère. Il est juste de dire qu'ils ne semblent pas avoir découvert la lettre mobile: - ce sont des planches en bois qui s'impriment par le procédé de la gravure.

    Source

    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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    Informations
    L'auteur

    Gérard de Nerval
    Écrivain français

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