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    Dossier: Bergson Henri

    Les limites du bergsonisme

    Phoba Mvika
    Voici quelques extraits d'une conférence prononcée par le prof. Phoba Mvika, le 30 nov. 2002, devant les étudiants en licence dans le cadre des activités de la «Casa Mveng» (République démocratique du Congo).
    Ma double appartenance «grecque» et «barbare» m'engagea sur la voie de la reconnaissance mutuelle des uns et des autres. C'est cette voie que balisent mes Lectures Africaines de Bergson. Elles invitent «Grecs» et «Barbares» à se traiter mutuellement en partenaires égaux et complémentaires (...) À travers les tomes rédigés, je démine le terrain et je plante les jalons (...) Plus globalement, je demande aux uns et aux autres de combattre le repli sur soi ou le clos, de surmonter leurs limites culturelles et de cultiver l'amour sans frontières de l'être humain.
    Aux «Grecs», je demande de laisser tomber leur dangereux complexe de supériorité. Car il a poussé l'humanité à interioriser davantage la loi de la jungle sauvage que celle de la convivialité. Aux «Barbares» aussi je demande de laisser tomber leur dangereux complexe d'infériorité. Car il nourrit les appétits gloutons des «Grecs», selon le principe bien connu: à mouton docile, loup glouton.
    Dans le premier tome, qui reprend un thème important de mes recherches doctorales, j'attaque la demarche traditionnelle du moraliste qui, souvent, se contente d'aligner les préceptes pour les autres.
    Le titre en est: L'Éthique bergsonienne ou la nouvelle mission du moraliste. Le moraliste y est invité à concilier dans sa vie le dire et le faire. N'en déplaise aux simples techniciens, la philosophie devient édifiante, selon l'antique tradition. Dans le deuxieme tome, la Théodicée bergsonienne, j'applique à Bergson le principe évoqué plus haut et je condamne son incapacité à tirer personnellement toutes les conséquences du bergsonisme. Arrivé à la porte du christianisme, dont il a justifié rationnellement le messsage, à savoir que Dieu est amour, Bergson se contente de pousser les autres à la conversion. Il ne se convertit pas.
    Hélas, comme je le montre dans mon tome II et à l'instar de ce que je dis d'Aristote dans mon tome IV, Bergson n'a pas été, par son attitude, à la hauteur des espoirs suscités par son oeuvre. En refusant d'aller jusqu'au bout du bergsonisme, il mérite le même reproche que celui fait jadis à Hannibal, vainqueur de Rome: «Vincere scis, Hannibal, sed victoria uti nescis.» («Tu sais vaincre, Hannibal, mais tu ne sais pas aller jusqu'au bout de ton action salvatrice.»)
    La suite, on la connaît, Rome n'est pas tombée. De même, les perspectives ouvertes par Bergson n'ont pas provoqué la transformation du credo matérialiste et dominateur de l'Occident, loin s'en faut. Celui-ci est resté matérialiste, exclusiviste et dominateur. Il s'affirme d'ailleurs aujourd'hui plus arrogant que jamais. Il n'est pas devenu spiritualiste, ouvert, convivial et respectueux de l'autre.
    La situation des déshérités de la terre s'aggrave chaque jour un peu plus et la stabilité du monde n'a jamais été aussi précaire, malgré le déploiement des forces des Maîtres actuels du monde. Mais est-ce juste de faire dépendre le changement escompté dans le monde de l'attitude d'un seul homme? Sans doute non. Mais, l'on ne peut nier que quelque chose se serait passé si Bergson avait eu le courage de se dégager de sa culture «grecque» pour franchir, par la conversion, les portes de la culture «barbare». Car ce monde profite toujours de ce genre de demi-terrains, comme on dirait à Kinshasa, pour ne pas accomplir l'ensemble du trajet. La médiocrité humaine trouve là un lit tout fait.
    Si Bergson s'était converti, par exemple, le monde occidental, qui était si fier de son génie, se serait senti acculé à adopter les priorités éthiques et spirituelles chrétiennes, qu'il défendait. Il n'y a pas de doute que cela aurait contribué à une gestion plus humaine des affaires de la planète. Il ne faut pas être un grand sociologue pour se rendre compte de la catastrophe humaine actuelle.
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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