Dès lors, on peut voit, en quoi consiste le bien. Ce qui fait la bonté d'une chose, ce n'est pas la quantité d'être qu'elle renferme. Spinoza, sur ce point, a commis une erreur fondamentale, celle qui, par voie de conséquences, devait le conduire tout droit au panthéisme. Le bien n'est pas plus la « réalité » brute que les pièces d'une belle machine, entassées pêle-mêle sur une charrette, ne sont cette machine elle-même. Le bien relève de la qualité; c'est une coordination d'éléments, c'est une harmonie, c'est l'ordre. Par là même aussi, le bien, c'est le beau . Et nous voilà revenus à l'idée qui domine toute la pensée grecque, en philosophie et en morale aussi bien que dans les arts. Nous voilà revenus à cette manière apollinienne de voir les choses d'après laquelle il n'y a plus qu'une catégorie, celle de la beauté. C'est l'influence de Platon qui triomphe à nouveau.
Cependant, il est bon de remarquer qu'avant 1715, la pensée de Leibniz n'était pas restée étrangère à cette notion hellénique du bien. C'est sous la forme du beau qu'il conçoit la nature dès l'année 1670 , et cette idée ne fait que s'expliciter dans la suite. D'autre part, en 1666, il affirme déjà, au cours de son « art combinatoire », que «la justice » consiste dans une certaine « mesure des passions ». Quelques années plus tard, en 1671, la même vertu revêt sous sa plume un caractère d'ordre mathématique. À son sens, aider autrui, c'est multiplier. Supposez, par exemple, que la personne à laquelle on prête son concours, possède trois de sagesse et quatre de puissance, il faut prendre garde que le résultat de son action est 3 x 4 ou 12 et non 3 + 4 ou 7. La règle de la justice distributive se réduit à une proportion mathématique.
Cependant, il est bon de remarquer qu'avant 1715, la pensée de Leibniz n'était pas restée étrangère à cette notion hellénique du bien. C'est sous la forme du beau qu'il conçoit la nature dès l'année 1670 , et cette idée ne fait que s'expliciter dans la suite. D'autre part, en 1666, il affirme déjà, au cours de son « art combinatoire », que «la justice » consiste dans une certaine « mesure des passions ». Quelques années plus tard, en 1671, la même vertu revêt sous sa plume un caractère d'ordre mathématique. À son sens, aider autrui, c'est multiplier. Supposez, par exemple, que la personne à laquelle on prête son concours, possède trois de sagesse et quatre de puissance, il faut prendre garde que le résultat de son action est 3 x 4 ou 12 et non 3 + 4 ou 7. La règle de la justice distributive se réduit à une proportion mathématique.
