• Encyclopédies

      • Encyclopédie de l'Agora

        Notre devise: Vers le réel par le virtuel!


      • Encyclopédie sur la mort

        L’encyclopédie sur la mort veut s'intéresser à ce phénomène sous ses multiples aspects et ses diverses modalités.


      • Encyclopédie Homovivens

        Encyclopédie sur les transformations que l'homme opère en lui-même au fur et à mesure qu'il progresse dans la conviction que toute vie se réduit à la mécanique.


      • Encyclopédie sur l'inaptitude

        Tout le monde en conviendra : c'est au sort qu'elle réserve aux plus vulnérables de ses membres que l'on peut juger de la qualité d'une société. Aussi avons-nous voulu profiter ...


      • Encyclopédie sur la Francophonie

        L'Encyclopédie de la Francophonie est l'une des encyclopédies spécialisées qui se développent parallèlement à l'Encyclopédie de l'Agora.

  • Dictionnaires
  • Débats
      • Le Citoyen Québécois

         Après la Commission Gomery, la Commission Charbonneau! À quelles conditions pourrions-nous en sortir plus honnêtes… et plus prospères

      • L'homme, la nature, la techique

        Réflexions inspirées de Bernard Charbonneau et Jacques Ellul, avec la collaboration de l'Association Aquitaine B.Charbonneau J.Ellul, sous la présidence de Sébastien Mor...

  • Sentiers
      • Les sentiers de l'appartenance

        L'appartenance c'est le lien vivant, la rencontre de deux Vies : la nôtre et celle de telle personne, tel  paysage...Quand la vie se retire, le sentiment d'appropriation se substitue au ...

      • Le sentier des fleurs sauvages

        Nous sommes des botanistes amateurs. Notre but est de partager un plaisir orienté vers une science complète où le regard du poète a sa place à côté de celui du botaniste, du généticien, du gastrono...

  • La lettre
    • Édition

    Dossier: Piranesi Giovanni Baptista

    Piranèse et la magnificence des ruines romaines

    A. Geffroy
    Dans cette même année 1756 paraissaient les quatre premiers volumes des Antiquités romaines de J.-B. Piranesi. L’effet en fut prodigieux. Personne encore, de quelque façon que ce fût, n’avait exprimé si vivement la magnificence des ruines romaines. Par la seule opposition du noir et du blanc, Piranesi a rendu à l’égal des plus habiles maîtres de la peinture l’admirable relief des sculptures et des lignes architecturales sous la pleine lumière du soleil italien. Mieux que les écrivains et les poètes, il a fait comprendre la poésie des ruines : il a offert aux regards étonnés l’opulent amas des beaux débris parmi les palmiers, les figuiers, les aloès, ou bien leur abandon dans l’aride poussière. Il lui faut les pans de murs déchirés, comme le fut tout un flanc du Colisée par le tremblement de terre de septembre 1349, ou des parties d’architrave et de corniche tombées à terre, comme le beau fragment du temple du Soleil qu’on peut voir encore aujourd’hui dans les jardins Colonna, ou bien les statues mutilées gisant au milieu des ronces, ou bien aussi quelqu’une de ces cavités souterraines dont le sol de Rome abonde – urbs pensilis – disait déjà Pline l’Ancien.

    Il en sonde hardiment les obscurités mystérieuses en y dardant un éblouissant rayon de lumière. Aux débris restés debout sur le sol, son imagination fantasque suspendra une poulie avec un gros cordage dont les seules spirales suffisent à son burin pour rendre l’énergique opposition du soleil et de l’ombre. Des personnages vont pénétrer, des torches en main : ce sont les visiteurs; ils sont vêtus selon la mode du temps du svelte habit à la française, culotte courte, tricorne, et l’épée au côté; autour d’eux de pauvres gens : des scavatori, des mendiants déguenillés, déhanchés, promènent et agitent leurs silhouettes amaigries. C’est à la fois du Rembrandt et du Callot. Opulence et misère, ruine et splendeur, c’est toute la Rome d’alors. L’admiration des contemporains a bien pu se mêler de quelque étonnement et de quelque réserve; Goethe, et plusieurs à sa suite, ont dit que J.-B. Piranesi, fort admiré autour d’eux en Allemagne, avait exagéré, amplifié; c’est qu’il y avait, pour les premiers témoins de ces belles œuvres, toute une éducation à faire et Piranesi a été l’éducateur. Quand il représentait à sa manière le Forum de son temps, plaine étroite où l’herbe croît, où paissent les troupeaux et d’où émergent des sommets de colonnes, peut-être les contemporains n’en pénétraient-ils pas aussi bien que nous la grande tristesse; ils ne sentaient pas, comme nous le faisons aujourd’hui, le contraste de cet abandon, de cette apparence de néant avec l’abondance et la richesse de ces monuments de toute sorte, marbres sculptés, inscriptions, temples, que cette terre accumulée avait ensevelis et dont nous avons vu les débris revenir à la lumière. Malgré tout ce que depuis vingt ans la Rome actuelle a perdu de son ancienne et véritable beauté, quiconque encore maintenant a plus d’une fois contemplé, sous le rayonnant midi, les Thermes de Caracalla, ou la Basilique de Constantin, ou la cortina du Panthéon ou les aqueducs de la campagne à la Porta Furba, loin de médire des représentations de Jean-Baptiste Piranesi les tiendra pour de fidèles, sinon exacts, interprètes de ces merveilles.
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
    Loading
    Informations
    L'auteur

    A. Geffroy
    Mots-clés
    Rome, Rome antique, ruine, archéologie, monument
    Extrait
    Personne encore, de quelque façon que ce fût, n’avait exprimé si vivement la magnificence des ruines romaines. Par la seule opposition du noir et du blanc, Piranesi a rendu à l’égal des plus habiles maîtres de la peinture l’admirable relief des sculptures et des lignes architecturales sous la pleine lumière du soleil italien.
    Documents associés
    Louis Bréhier
    Rome, ruines archéologiques, gravure, eau-forte

    Contribuez au rayonnement des oeuvres de l'Agora/Homo vivens en devenant membre ou en faisant un don.