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    Dossier: Génome

    La cartographie du génome humain et l'éthique

    Marcel Banville
    Un avenir incertain pour le Projet du Génome Humain.
    En octobre 1994 avait lieu à Montréal, le Xe congrès international de l'artériosclérose. En marge de ce congrès se tenait une table ronde sur les retombées éthiques, sociales et légales des recherches entreprises dans le sillage du projet mondial de cartographie du génome humain, le PGH. Pour la première fois peut-être, les chercheurs en biologie moléculaire se rendaient compte qu'il n'est plus possible d'étudier la biologie et la sociologie en les isolant. Comme dirait Blaise Pascal, il n'est pas plus possible de comprendre la biologie sans comprendre la sociologie que de comprendre la sociologie sans comprendre la biologie.

    Les experts cri immunologie et en génétique ne sont pas capables d'expliquer aux sociologues les lois qui régissent les interactions entre le génome et les traits (cholestérol, etc.) qui servent à mesurer la probabilité pour fonctions de ces protéines, comme le cholestérol, sont corrélés avec la probabilité de développer l'artériosclérose. Aux premiers niveaux, jusqu'aux protéines, on comprend relativement bien ce qui se passe, il s'agit d'une simple transmission de messages (copies). Mais plus haut, les associations de protéines font apparaître des propriétés émergentes: des fonctions. Ces fonctions s'exercent dans un système en équilibre homéostatique, loin de l'équilibre naturel (la mort) où on les trouverait si les composantes étaient isolées (dans l'impossibilité d'interagir). Or, cet équilibre est maintenu à l'intérieur de limites acceptables (santé) grâce à des systèmes de régulation qui fonctionnent au bord du chaos, exploitant et asservissant les fluctuations que l'on retrouve au voisinage des seuils


    de transition de phase. Les lipides comme le cholestérol jouent à ce niveau un rôle fondamental. Les bifurcations engendrées au cours de l'écoulement du temps par ces fluctuations font que les propriétés émergentes qu'on retrouve au niveau supérieur de la hiérarchie ne sont pas les mêmes que celles que l'on peut prévoir en ignorant les perturbations provoquées par les fluctuations dans les différents niveaux d'hormones et de lipoprotéines.

    Cet état de fait se traduit par une impossibilité de principe de prédire, au-delà d'une certaine limite de temps qui nous est présentement inconnue, la probabilité pour un individu de développer l'artériosclérose. Plusieurs chercheurs comparent cette situation à celle qui prévaut en météorologie où il n'est pas possible de prévoir, avec les modèles hydrodynamiques et les ordinateurs les plus rapides, la température qu'il fera dans quatre jours. Il faut dire que la méthode expérimentale employée en météorologie est fondée sur des modèles dynamiques qui utilisent la connaissance préalable de la façon dont chaque élément du modèle réagit à une variation donnée d'un autre élément (tel que le degré d'influence de la température sur le point de rosée pour un degré d'humidité donné). Cette méthode est fort différente de celle utilisée dans l'almanach du peuple. L'almanach utilise en effet l'ensemble des données recueillies par les météorologues pour une région spécifique, pour une semaine donnée, pour plusieurs anné


    es consécutives et on fait des moyennes, c'est-à-dire une analyse statistique. Ces prédictions ont l'avantage d'être utiles pour le long terme (années) mais peu fiables pour le court terme (jours). La méthode scientifique utilisée en médecine présentement, est de nature statistique, comme pour l'almanach et donne une information à long terme comme par exemple: 100 morts par année par l'artériosclérose sont prévues pour 1995 dans la ville de X. Mais pour un individu, on ne peut pas donner de certitude autre que la probabilité calculée pour le groupe qui a le même taux de cholestérol, le même X, le même y, etc. Chaque individu est une expérience unique.

    Peut-être peut-on penser que si on optait en médecine pour une méthode semblable à la météorologie, on pourrait améliorer la validité des prédictions pour les individus. Cependant, il faut garder présent à l'esprit qu'il faudrait pour cela faire sur l'individu en question un nombre X de mesures (peut-être vingt à trente tests de laboratoire) pour savoir quelles sont les valeurs de susceptibilité de ses fonctions. Si la situation est analogue à la météorologie, où trois jours est la limite en principe, on arriverait à la conclusion que la prédiction à laquelle on arriverait avec ces efforts serait de quelques semaines seulement moins). Mauvaise nouvelle pour les compagnies d'assurance et les patrons qui voudraient exercer une discrimination sur l'emploi!


    Un avenir incertain pour le PGH

    Les organismes de financement sont-ils présentement bernés par des promesses qui ne peuvent pas être tenues en principe parce que la nature ne fonctionne pas selon les hypothèses de ces chercheur? Je pense que oui. C'est une histoire qui se répète.

    Mauvaise nouvelle pour Projet du Génome Humain qui est nourri par un budget de l'ordre de plusieurs milliards par année. Les organismes de financement sont présentement bernés des promesses qui ne peuvent pas être tenues en principe parce que la nature ne fonctionne pas selon les hypothèses de ces chercheurs ? Je pense que oui. C'est une histoire qui se répète (voir Gleick, La théorie du chaos, Paris, Flammarion, 1987). En effet, dans les années 50 et 60, les centres de météo ont obtenu des organismes subventionels, des fonds importants pour acquérir des ordinateurs plus puissants (Ciber, Cray) sous prétexte que l'on serait de cette façon capable de prédire la température pour cinq ou six jours, ou plus. Ce rêve a été renversé par la fameuse découverte de l'effet papillon par Edward Lorentz en 1961. On qualifie des prédictions de ce genre de réductionnistes, ou conséquences d'un réductionnisme qui ignore des impossibilités de principe.

    Est-ce que le Projet du Génome Humain risque de subir le même sort que le fameux projet du Super Superconductor Collider américain, qui a dû être abandonné parce que le président des États Unis a décidé de tourner la clef de l'attribution de fonds ? Peut-être pas ; parce que les sources de financement sont très diffuses et que les organismes de subvention (les grandes compagnies pharmaceutiques) ont tout à y gagner, tant et aussi longtemps que la population en général ne sera pas éduquée sur les limites fondées sur ces recherches par le lois naturelles qui elles, n'obéissent pas à la logique traditionnelle linéaire.
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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