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    Dossier: Magellan Ferdinand

    Livre II - première partie

    Antoine Pigafetta
    LIVRE II.



    Sortie du Détroit jusqu'à la mort du capitaine Magellan et notre départ de Zubu.



    Le mercredi, 28 novembre, nous débouquâmes du détroit pour entrer dans la grande mer, à laquelle nous donnâmes ensuite le nom de mer Pacifique, dans laquelle nous naviguâmes pendant le cours de trois mois et vingt jours, sans goûter d'aucune nourriture fraîche. Le biscuit que nous mangions n'était plus du pain, mais une poussière mêlée de vers qui en avaient dévoré toute la substance,et qui de plus était d'une puanteur insupportable, étant imprégnée d'urine de souris. L'eau que nous étions obligés de boire était également putride et puante. Nous fûmes même contraints, pour ne pas mourir de faim, de manger des morceaux danger. Leur gouvernail ressemble à une pelle de boulanger, c'est-à-dire, que c'est une perche au bout de laquelle est attachée une planche. Ils ne font point de différence entre la proue et la poupe, et c'est pourquoi ils ont un gouvernail à chaque bout. Ils sont bons nageurs, et ne craignent pas de se hasarder en pleine mer comme des dauphins 1.

    Ils furent si émerveillés et si surpris de nous voir, que nous eûmes lieu de croire qu'ils n'avaient vu jusqu'alors d'autres hommes que les habitants de leurs îles.

    Le seizième jour du mois de mars au lever du soleil, nous nous trouvâmes près d'une terre élevée, à trois cents lieues des îles des Larrons 2. Nous nous aperçûmes bientôt que c'était une île. Elle se nomme Zamal 3. Derrière cette île il y en a une autre qui n'est point habitée; et nous sûmes ensuite qu'on l'appelait Humunu 4. C'est ici que le capitaine général voulut prendre terre le lendemain pour l'aire aiguade avec plus de sûreté, et jouir de quelque repos après un si long et si pénible voyage. Il y fit aussitôt dresser deux tentes pour les malades, et ordonna de tuer une truie 5.

    Le lundi, 18 du mois, dans l'après dîner, nous vîmes venir vers nous une barque avec neuf hommes. Le capitaine général ordonna que personne ne fit le moindre mouvement, ou ne dit le moindre mot sans sa permission. Quand ils furent à terre, leur chef s'adressa au capitaine général, en lui témoignant par des gestes le plaisir qu'il avait de nous voir. Quatre des plus ornés d'entre eux restèrent auprès de nous; les autres allèrent appeler leurs compagnons qui étaient occupés à la pêche, et revinrent avec eux.

    Le capitaine les voyant si paisibles, leur fit donner à manger, et leur offrit en même temps quelques bonnets rouges, de petits miroirs, des cuirs de bœuf dont on avait recouvert la grande vergue pour empêcher que le bois ne rongeât les cordes. Ces cuirs toujours exposés à l'eau, au soleil et aux vents, étaient si durs qu'il fallait les faire tremper pendant quatre à cinq jours dans la mer pour les rendre un peu tendres; ensuite nous les mettions sur de la braise pour les manger. Souvent même nous avons été réduits à nous nourrir de sciure de bois; et les souris même, si dégoûtantes pour l'homme, étaient devenues un mets si recherché, qu'on les payait jusqu'à un demi ducat la pièce 6.

    Ce n'était pas là tout encore. Notre plus grand malheur était de nous voir attaqués d'une espèce de maladie par laquelle les gencives se gonflaient au point de surmonter les dents tant de la mâchoire supérieure que de l'inférieure, et ceux qui en étaient attaqués ne pouvaient prendre aucune nourriture 7. Dix-neuf d'entre nous en moururent, et parmi eux étaient le géant Patagon et un Brésilien, que nous avions conduits avec nous. Outre les morts nous avions vingt-cinq à trente matelots malades, qui souffraient des douleurs dans les bras, dans les jambes et dans quelques autres parties du corps; mais ils en guérirent. Quant à moi, je ne puis trop remercier Dieu de ce que pendant tout ce temps, et au milieu de tant de malades, je n'ai pas éprouvé la moindre infirmité.

    Pendant cet espace de trois mois et vingt jours nous parcourûmes à peu près quatre mille lieues dans cette mer que nous appelâmes Pacifique, parce que durant tout le temps de notre traversée nous n'essuyâmes pas la moindre tempête 8. Nous ne découvrîmes non plus pendant ce temps aucune terre, excepté deux îles désertes, où nous ne trouvâmes que des oiseaux, et des arbres, et par cette raison nous les désignâmes par le nom d'îles Infortunées. Nous ne trouvâmes point de fond le long de leurs côtes et ne vîmes que plusieurs requins. Elles sont à deux cents lieues l'une de l'autre. La première est par le 15° de latitude méridionale; la seconde par le 9° 9. D'après le sillage de notre vaisseau, que nous prîmes par le moyen de la chaîne de la poupe (le loc), nous parcourions chaque jour soixante à soixante-dix lieues; et si Dieu et sa sainte mère ne nous eussent pas accordé une heureuse navigation, nous aurions tous péris de faim dans une si vaste mer. Je ne pense pas que personne à l'avenir veuille entreprendre un pareil voyage 10.

    Si en sortant du détroit nous avions continué à courir vers l'ouest, sur le même parallèle, nous aurions fait le tour du monde; et, sans rencontrer aucune terre, nous serions revenus par le cap Désiré au cap des Onze mille Vierges, qui tous les deux sont par le 52° de latitude méridionale.

    Le pôle antarctique n'a pas les mêmes étoiles que le pôle arctique; mais on y voit deux amas de petites étoiles nébuleuses, qui paraissent des nubécules, à peu de distance l'un de l'autre 11. Au milieu de ces amas de petites étoiles on en découvre deux fort grandes et fort brillantes, mais dont le mouvement est peu apparent: elles indiquent le pôle antarctique. Quoique l'aiguille aimantée déclinât un peu du véritable nord, elle cherchait cependant toujours le pôle arctique; mais elle n'agissait pas avec autant de force que lorsqu'elle est vers son propre pôle. Lorsque nous fûmes en pleine mer, le capitaine général indiqua à tous les pilotes le point où ils devaient aller, et leur demanda quelle route ils pointaient 12 sur leurs cartes? Tous lui répondirent qu'ils pointaient selon les ordres qu'il leur avait donnés: il répliqua qu'ils pointaient à faux, et qu'il fallait aider l'aiguille, parce que se trouvant dans le sud, elle n'avait pas, pour chercher le véritable nord , autant de force qu'elle en avait du côté du nord même. Étant au milieu de la mer nous découvrîmes à l'ouest cinq étoiles fort brillantes placées exactement en forme de croix 13.

    Nous naviguâmes entre l'ouest et le nord-ouest quart nord-ouest, jusqu'à ce que nous arrivâmes sous la ligne équinoxiale à 122° de longitude de la ligne de démarcation 14.

    Cette ligne de division est à 30° à l'ouest du méridien 15, et le premier méridien est à 3° à l'ouest du cap Verd.

    Dans notre route nous rangeâmes les côtes de deux îles très élevées, dont l'une est par le 20° de latitude méridionale, et l'autre par le 15°. La première s'appelle Cipangu, et la seconde Sumbdit-Pradit 16.

    Après que nous eûmes dépassé la ligne nous naviguâmes entre l'ouest et le nord-ouest quart ouest. Ensuite nous courûmes deux cents lieues à l'ouest; après quoi nous changeâmes de nouveau de direction en courant à quart de sud-ouest, jusqu'à ce que nous fûmes par le 13° de latitude septentrionale 17. Nous espérions d'arriver par cette route au cap de Gatticara, que les cosmographes ont placé sous cette latitude; mais ils se sont trompés, ce cap étant a 12o plus au nord. Il faut cependant leur pardonner cette erreur, puisqu'ils n'ont pas, comme nous, visité ces parages 18.

    Lorsque nous eûmes couru soixante-dix lieues dans cette direction, étant par le 12° de latitude septentrionale, et par le 146° de longitude, le 6 de mars, qui était un mercredi, nous découvrîmes au nord-ouest une petite île, et ensuite deux autres au sud-ouest. La première était plus élevée et plus grande que les deux autres. Le capitaine général voulait s'arrêter à la plus grande pour y prendre des rafraîchissements et des provisions 19; mais cela ne nous fut pas possible, parce que les insulaires venaient sur nos vaisseaux, et volaient tantôt une chose et tantôt une autre, sans qu'il nous fut possible de les en empêcher. Ils voulaient nous obliger à amener nos voiles et à nous rendre à terre; ils eurent même l'adresse d'enlever l'esquif qui était attaché à notre arrière. Alors le capitaine irrité fit une descente à terre avec quarante hommes armés, brûla quarante à cinquante maisons, ainsi que plusieurs de leurs canots, et leur tua sept hommes 20. Il recouvra de cette manière l'esquif; mais il ne jugea pas à propos de s'arrêter dans cette île après tous ces actes d'hostilité. Nous continuâmes donc notre route dans la même direction.

    Au moment que nous descendions à terre pour y punir les insulaires, nos malades nous prièrent que si quelqu'un des habitants venait à être tué on leur en apportât les intestins étant persuadés qu'ils serviraient à les guérir en peu de temps.

    Lorsque nos gens blessaient les insulaires avec leurs flèches (qu'ils ne connaissaient pas) de manière à les traverser d'outre en outre, ces malheureux tâchaient de retirer ces flèches de leur corps tantôt par un bout et tantôt par l'autre; après quoi ils les regardaient avec surprise, et souvent ils mouraient de la blessure; ce qui ne laissait pas de nous faire pitié. Cependant lorsqu'ils nous virent partir, ils nous y suivirent avec plus de cent canots, et nous montraient du poisson, comme s'ils voulaient nous le vendre; mais quand ils étaient près de nous, ils nous lançaient des pierres et prenaient la fuite. Nous passâmes à pleines voiles au milieu d'eux; mais ils surent éviter avec beaucoup d'adresse nos vaisseaux. Nous vîmes aussi dans leurs canots des femmes qui pleuraient et s'arrachaient les cheveux, probablement parce que nous avions tué leurs maris.

    Ces peuples ne connaissent aucune loi, et ne suivent que leur propre volonté. Il n'y a parmi eux ni roi ni chef. Ils n'adorent rien, et vont tous nus. Quelques-uns d'entre eux ont une longue barbe, des cheveux noirs noués sur le front et qui leur descendent jusqu'à la ceinture. Ils portent aussi de petits chapeaux de palmier. Ils sont grands et fort bien faits. Leur teint est d'une couleur olivâtre; mais on nous dit qu'ils naissaient blancs, et qu'ils devenaient bruns avec l'âge. Ils ont l'art de se colorer les dents de rouge et de noir, ce qui passe chez eux pour une beauté 21. Les femmes sont jolies, d'une belle taille et moins brunes que les hommes. Elles ont les cheveux fort noirs, plats et tombant à terre. Elles vont nues comme les hommes, si ce n'est qu'elles couvrent leurs parties sexuelles avec un tablier étroit de toile, ou plutôt d'une écorce mince comme du papier, qu'on tire de l'aubier du palmier. Elles ne travaillent que dans leurs maisons à faire des nattes et des corbeilles avec les feuilles de palmier, et d'autres ouvrages semblables pour l'usage domestique. Les uns et les autres soignent les cheveux et tout le corps d'huile de cocos et de séséli 22.

    Ce peuple se nourrit d'oiseaux, de poissons volants, de patates, d'une espèce de figues longues d'un demi pied 23, de cannes à sucre, et d'autres fruits semblables. Leurs maisons sont de bois, couvertes de planches, sur lesquelles on étend les feuilles de leurs figuiers, longues de quatre pieds 24. Ils ont des chambres assez propres avec des solives et des fenêtres; et leurs lits, assez doux, sont faits de nattes de palmier très fines, étendues sur de la paille assez molle. Ils n'ont pour toute arme que des lances, garnies par le bout d'un os pointu d poisson. Les habitants de ces îles sont pauvres, mais très adroits et surtout voleurs habiles; c'est pourquoi nous les appelâmes îles des Larrons 25.

    Leur amusement est de se promener avec leurs femmes dans des canots semblables aux gondoles de Fusine près de Venise 26; mais ils sont plus étroits; tous sont peints en noir,en blanc ou en rouge. La voile est faite de feuilles de palmier cousues ensemble, et a la forme d'une voile latine. Elle est toujours placée d'un côté; et du coté opposé, pour donner un équilibre à la voile, et en même temps pour soutenir le canot, ils attachent une grosse poutre pointue d'un côté avec des perches en travers pour la soutenir 27. C'est ainsi qu'ils naviguent sans peignes, des grelots, des boccassins 28, quelques bijoux d'ivoire, et autres bagatelles semblables. Les insulaires, charmés de la politesse du capitaine, lui donnèrent du poisson, un vase plein de vin de palmier, qu'ils appellent uraca, des bananes longues de plus d'un palme, d'autres plus petites et de meilleur goût, et deux fruits du cocotier 29. Ils nous indiquèrent en même temps par des gestes qu'ils n'avaient alors rien d'autre à nous offrir; mais que dans quatre jours ils reviendraient à nous, et nous apporteraient du riz, qu'ils appellent umai, les noix de cocos, et d'autres vivres.

    Les noix de cocos sont les fruits d'une espèce de palmier, dont ils tirent leur pain, leur vin, leur huile et leur vinaigre. Pour avoir le vin, ils font à la cime du palmier une incision qui pénètre jusqu'à la mœlle, et d'où sort goutte à goutte une liqueur qui ressemble au moût blanc, mais qui est un peu aigrelet. On reçoit cette liqueur dans les tuyaux d'un roseau de la grosseur de la jambe, qu'on attache à l'arbre, et qu'on a soin de vider deux fois par jour, le matin et le soir. Le fruit de ce palmier est de la grosseur de la tête d'un homme, quelquefois même il est plus gros. Sa première écorce, qui est verte, a deux doigts d'épaisseur: elle est composée de filaments, dont ils se servent pour faire des cordes pour amarrer leurs barques. Ensuite on trouve une seconde écorce plus dure et plus épaisse que celle de la noix. Ils brûlent cette écorce, et en tirent une poudre pour leur usage. Il y a dans l'intérieur une mœlle blanche de l'épaisseur d'un doigt qu'on mange en guise de pain avec la viande et le poisson. Dans le centre de la noix et au milieu de cette mœlle on trouve une liqueur limpide douce et corroborative. Si, après avoir versé cette liqueur dans un vase, on la laisse reposer, elle prend la consistance d'une pomme. Pour avoir de l'huile on prend la noix dont on laisse putréfier 30 la mœlle avec la liqueur; ensuite on la fait bouillir et il en résulte une huile épaisse comme du beurre. Pour obtenir du vinaigre, on laisse reposer la liqueur seule, laquelle étant exposée au soleil devient acide, et semblable an vinaigre qu'on fait avec du vin blanc. Nous en faisions aussi une liqueur qui ressemblait au lait de chèvre 31 en grattant la mœlle, la détrempant dans sa liqueur même, et la passant ensuite par un linge. Les cocotiers ressemblent aux palmiers qui portent les dattes 32; mais leurs troncs n'ont pas un si grand nombre de nœuds, sans être cependant bien lisses. Une famille de dix personnes peut subsister avec deux cocotiers en faisant alternativement chaque semaine des trous à l'un et laissant reposer l'autre, afin qu'un écoulement continuel de la liqueur ne le fasse pas périr. On nous a dit qu'un cocotier vit un siècle entier.

    Les insulaires se familiarisèrent beaucoup avec nous, et c'est par ce moyen que nous pûmes apprendre d'eux les noms de plusieurs choses, et surtout des objets qui nous environnaient. C'est d'eux aussi que nous apprîmes que leur île s'appelait Zuluan. Elle n'est pas fort grande. Ils étaient polis et honnêtes. Par amitié pour notre capitaine ils le conduisirent dans leurs canots aux magasins de leurs marchandises, tels que clous de girofle, cannelle, poivre, noix muscade, macis 33, or, etc., etc.; et nous firent connaître par leurs gestes que les pays vers lesquels nous dirigions notre course fournissaient abondamment de toutes ces denrées. Le capitaine général les invita à son tour à se rendre sur son vaisseau, où il étala tout ce qui pouvait les flatter par la nouveauté. Au moment qu'ils allaient partir il fit tirer un coup de bombarde, qui les épouvanta étrangement; de sorte que plusieurs étaient sur le point de se jeter à la mer pour s'enfuir; mais on n'eut pas beaucoup de peine à leur persuader qu'ils n'avaient rien à craindre: de sorte qu'ils nous quittèrent assez tranquillement et même de bonne grâce, en nous assurant qu'ils reviendraient incessamment, comme ils nous l'avaient promis auparavant. L'île déserte sur laquelle nous nous étions établis est nommée Humunu par les insulaires; mais nous l'appelâmes l'Aiguade aux bons indices ( Acquada da li buoni segnali), parce que nous y avions trouvé deux fontaines d'une eau excellente, et que nous aperçûmes les premiers indices d'or dans ce pays. On y trouve aussi du corail blanc; et il y a des arbres dont les fruits, plus petits que nos amandes, ressemblent aux pignons de pin 34. Il y a aussi plusieurs espèces de palmiers, dont quelques-unes donnent des fruits bons à manger, tandis que d'autres n'en produisent point.

    Ayant aperçu autour de nous une quantité d'îles le cinquième dimanche de carême, qu'on appelle de Lazare, nous leur donnâmes le nom d'archipel de Saint-Lazare 35. Il est par le l0° de latitude septentrionale et à 161° de longitude de la ligne de démarcation 36.

    Le vendredi 22 du mois, les insulaires tinrent parole, et vinrent avec deux canots remplis de noix de cocos, d'oranges, une cruche pleine de vin de palmier, et un coq pour nous faire voir qu'ils avaient des poules. Nous achetâmes tout ce qu'ils apportèrent. Leur chef était un vieillard; son visage était peint, et il avait des pendants d'oreilles d'or. Ceux de sa suite avaient des bracelets d'or aux bras et des mouchoirs autour de la tête.

    Nous passâmes huit jours près de cette île, et le capitaine allait journellement à terre visiter les malades, à qui il portait du vin de cocotier qui leur faisait beaucoup de bien.

    Les habitants des îles près de celle où nous étions avaient de si grands trous aux oreilles, et le bout en était si allongé qu'on pouvait y passer le bras 37.

    Ces peuples sont Cafres, c'est-à-dire, Gentils 38. Ils vont nus, n'ayant qu'un morceau d'écorce d'arbre pour cacher les parties naturelles, que quelques-uns des chefs couvrent d'une bande de toile de coton brodée en soie aux deux bouts. Ils sont de couleurs olivâtres, et généralement assez replets. Ils se tatouent et se graissent tout le corps avec de l'huile de cocotier et de gengeli, pour se garantir, disent-ils, du soleil et du vent. Ils ont les cheveux noirs et si longs qu'ils leur tombent sur la ceinture, Leurs armes sont des coutelas, des boucliers, des massues et des lances garnies d'or. Pour instruments de pêche, ils ont des dards, des harpons et des filets faits à peu près comme les nôtres. Leurs embarcations ressemblent aussi à celles dont nous nous servons.

    Le lundi saint, 25 mars, je courus le plus grand danger. Nous étions sur le point de faire voile, et je voulais pêcher: ayant pour me placer commodément mis le pied sur une vergue mouillée par la pluie, le pied me glissa et je tombai dans la mer sans être aperçu de personne. Heureusement la corde d'une voile qui pendait dans l'eau se présenta à moi; je m'y attachai, et criai avec tant de force qu'on m'entendit, et qu'on vint me sauver avec l'esquif; ce qu'il ne faut pas attribuer sans doute à mon propre mérite, mais à la protection miséricordieuse de la très sainte Vierge.

    Nous partîmes le même jour, et gouvernant entre l'ouest et le sud-ouest, nous passâmes au milieu de quatre îles appelées Cenalo, Huinangan , Ibusson et Abarien.

    Le jeudi, 28 mars, ayant vu pendant la nuit du feu dans une île, le matin nous mîmes le cap sur elle; et lorsque nous en fûmes à peu de distance nous vîmes une petite barque, qu'on appelle boloto, avec huit hommes, s'approcher de notre vaisseau. Le capitaine avait un esclave natif de Sumatra, qu'on appelait anciennement Tapobrana 39; il essaya de leur parler dans la langue de son pays; ils le comprirent 40, et vinrent se placer à quelque distance de notre vaisseau, mais ils ne voulurent pas monter sur notre bord, et semblaient même craindre de nous approcher trop. Le capitaine, voyant leur méfiance, jeta à la mer un bonnet rouge et quelques autres bagatelles attachées sur une planche. Ils les prirent, et en témoignèrent beaucoup de joie; mais ils partirent aussitôt, et nous sûmes ensuite qu'ils s'étaient empressés d'aller avertir leur roi de notre arrivée.

    Deux heures après, nous vîmes venir à nous deux balangais (nom qu'ils donnent à leurs grandes barques), tout remplis d'hommes. Le roi était dans le plus grand, sous une espèce de dais formé de nattes. Quand le roi fut près de notre vaisseau l'esclave du capitaine lui parla; ce qu'il comprit très bien, car les rois de ces îles parlent plusieurs langues. Il ordonna à quelques-uns de ceux qui l'accompagnaient de monter sur le vaisseau; mais il resta lui-même dans son balangai; et aussitôt que les siens furent de retour il partit.

    Le capitaine fit un accueil fort affable à ceux qui étaient montés sur le vaisseau, et leur donna aussi quelques présents. Le roi l'ayant su, avant de partir, voulut donner au capitaine un lingot d'or et une corbeille pleine de gingembre 41; mais le capitaine, en le remerciant, refusa d'accepter ce présent. Vers le soir nous allâmes avec l'escadre mouiller près de la maison du roi.

    Le jour suivant le capitaine envoya à terre l'esclave qui lui servait d'interprète, pour dire au roi, que s'il avait quelques vivres a nous envoyer nous les payerions bien; en l'assurant en même temps que nous n'étions pas venus vers lui pour commettre des hostilités, mais pour être ses amis. Sur cela le roi vint lui-même au vaisseau dans notre chaloupe, avec six ou huit de ses principaux sujets. Il monta à bord, embrassa le capitaine, et lui fit présent de trois vases de porcelaine pleins de riz cru, et couverts de feuilles, de deux dorades assez grosses, et de quelques autres objets. Le capitaine lui offrit à son tour une veste de drap rouge et jaune faite à la turque et un bonnet rouge fin. Il fit aussi quelques présents aux hommes de sa suite: aux uns il donna des miroirs, aux autres des couteaux. Ensuite il fit servir le déjeuner, et ordonna à l'esclave interprète, de dire au roi qu'il voulait vivre en frère avec lui, ce qui parut lui faire grand plaisir.

    Il étala ensuite devant le roi des draps de différentes couleurs, des toiles, du corail 41, et autres marchandises. Il lui fit voir aussi toutes les armes à feu jusqu'à la grosse artillerie, et ordonna même de tirer quelques coups de canon, dont les insulaires furent fort épouvantés. Il fit armer de toutes pièces un d'entre nous, et chargea trois hommes de lui donner des coups d'épée et de stilet, pour montrer au roi que rien ne pouvait blesser un homme armé de cette manière; ce qui le surprit beaucoup, et se tournant vers l'interprète, il lui fit dire au capitaine qu'un tel homme pouvait combattre contre cent. Oui, répondit l'interprète au nom du capitaine; et chacun des trois vaisseaux a deux cents hommes armés de cette façon. On lui fit examiner ensuite séparément chaque pièce de l'armure, et toutes nos armes, en lui montrant la manière dont on s'en servait.

    Après cela il le conduisit au château d'arrière 42, et s'étant fait apporter la carte et la boussole, il lui expliqua, à l'aide de l'interprète, comment il avait trouvé le détroit pour venir dans la mer où nous étions, et combien de lunes il avait passé en mer sans apercevoir la terre.

    Le roi, étonné de tout ce qu'il venait de voir et d'entendre, prit congé du capitaine, en le priant d'envoyer avec lui deux des siens pour leur faire voir, à son tour, quelques particularités de son pays. Le capitaine me nomma avec un autre pour accompagner le roi.

    Lorsque nous mîmes pied à terre, le roi leva les mains au ciel, et se tourna ensuite vers

    42. Dans le vaisseau B de la pl. I on voit le château d'arrière à la lettre F.



    1. C'est par cette raison peut-être qu'une île située près des Marianes s'appelle l'île des Nageurs.

    2. C'est de ce point jusqu'à ce que le vaisseau la Victoire abandonna l'île de Timor, que la route est tracée sur la carte II qui se trouve ci-jointe.

    3. Dans les cartes plus modernes elle est appelée Samar; et elle est située effectivement à environ 150, qui font un peu moins de trois cents lieues marines, à l'ouest de Guahan. Prevôt, se fiant à l'extrait de Fabre, dit que Samar n'est qu’à trente lieues des Marianes, (tome X, p. 198).

    4. Humunu, qu'on appela ensuite l'île Enchantée (Hist. général des voyages, tome XV, p. 198) est située près du cap Guigan de l'île de Samar.

    5. Il avait pris sans doute cette truie aux îles des Larrons, où tous les navigateurs postérieurs ont trouvé beaucoup de cochons (Desbrosses, tome I, p. 55).

    6. Il n'est pas rare que la faim force les matelots à manger des souris et les cuirs des câbles. En 1540, une souris se payait quatre écus sur l'escadre de Pizarre. Les équipages de M. de Bougainville (tome II, page 173), et de Cook (Troisième Voyage, tome I page xxx), ont mangé de ces cuirs:

    7. Effets du scorbut.

    8. Quiros, M. de Bougainville et Cook n'ont certainement pas été si heureux.

    9. Pigafetta ne nous donne pas des renseignements assez précis pour déterminer la position des Iles; Infortunées. Notre manuscrit nous en fournit une figure par laquelle on voit seulement que la seconde est au nord-ouest de la première. Mais en lisant sa relation, et en la supposant exacte, nous trouverons qu'elles appartiennent aux îles de la Société, au nord et au nord-est d'Otaïti; car Pigefetta dit qu'en sortant du détroit ils naviguèrent par le nord-ouest quart ouest; ensuite dans la direction de nord-ouest jusqu'à la ligne équinoxiale, qu'ils passèrent par le 122° de la ligne de démarcation, c'est-à-dire, à 152° du premier méridien. Or, si de ce point nous traçons une ligne du nord-ouest au sud-est, elle passera entre les îles de la Société, au nord et ensuite à l'est d'Otaïti. Les îles Infortunées devaient donc se trouver sur cette ligne. Par conséquent Jaillot et Nolin les ont placées hors de leur véritable position géographique. Ce n'est pas mal à propos néanmoins qu'ils ont donné le nom de Saint-Pierre à l'une, et celui de Tiburon à l'autre, car l'Anonyme portugais leur donne les mêmes noms. Le Transilvain dit que nos navigateurs s’y arrêtèrent deux jours pour pêcher.

    10. Cinquante-six ans s'écoulèrent avant qu'aucun autre navigateur ne fit le tour du globe. Drake, en 1578 fut le premier après Magellan qui traversa cette mer.

    11. Deux nubécules, c'est-à-dire, deux amas d'étoiles, sont indiqués par les astronomes au pôle austral: l'un est au-dessus, l'autre au-dessous de l'Hydre. On voit près du pôle plusieurs étoiles qui forment 1a constellation de l'Octant; mais comme ces étoiles sont de la cinquième ou sixième grandeur, il parait que les deux étoiles grandes et brillantes dont parle Pigafetta sont la Y et la B de la même Hydre.

    12. Pointer, c'est se servir de la pointe d'un compas pour trouver l'air de vent qu'il faut faire pour arriver au lieu où l'on veut aller, le nord étant connu par le moyen de la boussole. Aider l'aiguille, c'est ajouter ou diminuer des degrés à sa direction pour avoir la vraie ligne méridienne, au moyen de procédés dont il sera parlé dans le Traité de navigation, à la fin de ce Voyage.

    13. Dante (Purgat., lib. I) a parlé de cette croix dans ces vers:

    I' mi volsi a man destra, e posi mente All' altro polo, e vidi quattro stelle

    Non viste mai fuorchè alla prima gente.

    Goder pareva il ciel di lor fiammelle. Oh! settentrional vedovo sito,

    Poichè privato sei di mirar quelle!

    14. Ligne idéale qui, partageant le globe en deux hémisphères, séparait les conquêtes des Portugais de celles des Espagnols, d'après la bulle du pape Alexandre VI. Voyez l'Introduction, parag. V.

    15. C'est-à-dire, du premier méridien.

    16. Cipangu est le Japon, qui a ce même nom sur le globe de Béhaim, où il est dit qu'elle est la plus riche île de l'Orient. Sumbdit-Pradit est peut-être l'Antilia du même globe, appelés aussi SepteRitave. Mais sur ce globe ces deux îles sont dans l'hémisphère boréal, l'une par le 20°, et l'autre par le 24°. Ramusio (tome I, tav. III) place Cipangu par le 25°; mais dans la carte XIX d'Urbain Monti, je trouve Sumbdit par le 9° de latitude méridionale. Delisle, j'ignore sur quel fondement, les place par le 17° et 20° de latitude méridionale. On doit cependant observer que Pigafetta ne dit pas d'y avoir été, mais qui il y a passé à peu de distance; c'est-à-dire, qu'il a cru d'en avoir approché; parce que Marc-Paul avait fait croire que Cipangu était l'île la plus orientale de la mer des Indes; par conséquent notre navigateur y allant par l'Occident, devait rencontrer la première; mais ne l'ayant pas trouvée, il s'est imaginé d'avoir passé à peu de distance de-là. A son retour en Espagne (liv. IV) il parle de Sumbdit-Pradit comme d'une île située prés des côtes de la Chine.

    17. C'est d'après ces données que j'ai indiquées sur la carte le chemin que l'escadre a parcouru depuis le Détroit jusqu'aux îles des Larrons. J'ai tiré une ligne du cap Victoire vers l'équateur par l'ouest-nord-ouest quart nord-ouest. Ensuite, en partant du 122° de longitude de la ligne de démarcation sous l'équateur, de nord-ouest à sud-est, j'ai tracé une ligne qui rencontre la première, et forme avec elle un angle obtus dans l'endroit où l'escadre changea de direction. Au-delà de l'équateur dans l'hémisphère septentrional, j'ai tracé une ligne par l'ouest-nord-ouest quart ouest, longue à peu près de huit cents milles jusqu'au 13° de latitude nord, et delà jusqu'aux îles des Larrons. Je sens bien que les degrés de longitude n'étant pas bien exacts, tout le reste est peu certain; mais cette ligne n'offre du moins aucune difficulté, et semble avoir quelque fondement. Le chemin de Magellan tracé par les autres géographes est totalement idéal.

    18. Le cap Cattigara, que notre auteur appelle Gatticara, était placé, selon Ptolomée, à 180° de longitude des îles Canaries, et au sud de l'équateur; mais Magellan savait bien qu'il était au nord, et il est effectivement par le 8° 27' de latitude septentrionale: par conséquent pour parvenir à ce cap, il s'était imaginé devoir rencontrer les îles Moluques. Ce cap s'appelle aujourd'hui cap Comorin. Vespuce s'est trompé davantage encore dans la latitude; car il l'a cru un cap occidental du continent auquel il a donné son nom. (Bartolozzi, loc. cit.).

    19. L'île où mouilla Magellan est probablement l'île de Guahan, que Maximilien Transylvain appelle Ivagana. On pourrait croire que c'est l'île Rota, où Georges Menriques, commandant d'un vaisseau de la flotte de Loaisa (qui, en 1526, alla du Pérou aux Marianes) trouva Gonsalve de Vigo, un des matelots de Magellan qui s'y était établi volontairement; mais ce Vigo pouvait y avoir passé de Guahan. (Desbrosses, tome I, p. 156).

    20. L'auteur de l'Histoire générale des voyages dit que les insulaires connurent alors le feu pour la première fois, et il cite Pigafetta, qui ne le dit point. Il paraît plutôt qu'ils ne connaissaient point l'usage des flèches.

    21. L'usage de se noircir les dents se pratique encore dans les îles Pelew, voisines des Marianes. Leurs habitants font avec des herbes une espèce de pâte qu'ils s'appliquent pendant quelques jours sur les dents, malgré l'incommodité qu'ils en ressentent. (Keate. An account of the Pelew islands, p. 314).

    22. Espèce de petite graine huileuse fort commune à la Chine.

    C'est le raphanus oleifer sinensis de Linné.

    23. Ces figues sont les bananes, ou les fruits de la Musa. (Musa pisang, Linn. Dans la suite je me servirai toujours du nom de banane au lieu de celui de figue qu'emploie l'auteur.

    24. Telles sont les feuilles du bananier.



    25. Ensuite elles furent appelées îles des Voiles, à cause du grand nombre d'embarcations qui y passaient; et du temps de Philippe IV, roi d'Espagne, on les nomma Marianes, en l'honneur de Marie d'Autriche, son épouse. Noort observe que même de son temps (1599) elles méritaient bien le nom d’îles des Larrons.

    26. Petites gondoles longues et étroites avec lesquelles ceux de Fusine vont à Venise.

    27. C'est le balancier fort bien imaginé par ces peuples pour ne pas chavirer, ayant des bateaux très étroits avec des voiles de nattes assez pesantes. L'auteur en a donné la figure qu'on trouve sur la carte II enluminée ci-jointe, laquelle a été copiée fidèlement d'après son manuscrit. Anson et Cook font le plus grand éloge de la construction de ces embarcations à balanciers.

    28. Le boccasin est une espèce de toile qui était fort en usage anciennement. Voyez du Cange.

    29. Cocos nucifera, Linn. Nous avons dans notre musée plusieurs fruits du cocotier, dont quelques-uns sont plus gros que la tête d'un homme, d'autres ont l'écorce filamenteuse.

    30. C'est-à-dire, fermenter.

    31. En 1684, un missionnaire apprit à Cowley à faire de cette manière du lait de cocos, qu'il trouva excellent. (Desbrosses, tome II, p. 55).

    32. Phœnix dactylifera, Linn.

    33. Macis. Notre auteur l'appelle matia: c'est la seconde écorce de la noix muscade qui en a quatre; elle est recherchée pour son goût aromatique. Macis officinalis, Linn.



    34. Peut-être le pistachier (pistacia therebinthus, Linn.).

    35. On les a appelé ensuite îles Philippines, du nom de Philippe d'Autriche, fils de Charles-Quint.

    36. Les Philippines sont situées entre le 125 et 135° de longitude occidentale de l'île de Fer; par conséquent entre le 195 et le 205° de la ligne de démarcation, comme on le voit sur la carte générale. Cet archipel n'est donc pas par le 161° de longitude de cette ligne. J'ignore si, en déterminant la longitude, Magellan et son astrologue San Martino, ont été de bonne foi, ou s'ils ne l'ont dit que pour trouver les Moluques en deçà du 180°. Il est cependant certain qu'avant Dampierre on se trompait de 25° dans la longitude. (Desbrosses, tome II, p. 72).

    37. Tous les navigateurs parlent des grandes oreilles des peuples nouvellement découverts. L'auteur en raconte ailleurs des choses fabuleuses.

    38. Après que les Mogols eurent conquis les Indes ces pays furent habités par deux différentes nations, c'est-à-dire, les Maures, et les indigènes que notre auteur appelle tantôt Cafres et tantôt Gentils. Les Maures eurent ce nom de ce qu'ils sont Mahométaus, comme les Maures d'Espagne. Ces deux nations se trouvent encore aujourd'hui dans plusieurs de ces îles, souvent soumises aux Européens; mais les Gentils diminuent toujours de population et de pouvoir, et n'habitent presque plus que les montagnes. (Sonnerat, Voyage aux Indes, tome I, p. 35). Les Maures en ont fait de même dans le centre de l'Afrique. (Voyage de Mungo-Park dans l'intérieur de l'Afrique).

    39. La Taprobana des anciens est l'île de Ceylan et non Sumatra.

    40. Depuis les Philippines jusqu'à Malacca on parle partout la langue malaise. Il n'est donc pas étonnant qu'un homme de Malacca soit entendu aux Philippines. Voyez les Vocabulaires.

    41. Ramusio dit couteaux (coltelli), ce qui paraît plus vraisemblable; mais notre manuscrit porte corali; et nous savons que les navigateurs ont souvent fait un trafic avantageux avec le corail.


    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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