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    Dossier: Facebook

    Le Canada choisit Facebook

    Jacques Dufresne

    On dit que les Canadiens sont plus solidaires que les Américains. Ils sont même solidaires des Américains au point d'être beaucoup plus nombreux qu'eux, proportionnellement, à manifester leur solidarité sur Facebook.

    En janvier 2008, Facebook comptait 60 millions de membres et la croissance était de 2 millions de nouveaux sociétaires par semaine. Avec 8 millions de membres, représentant 25 % de la population et 13% de celle de Facebook, le Canada mérite le titre de paradis de la sociabilité virtuelle manière Facebook. Le mot paradis est ici d'autant plus justifié que l'un des principaux actionnaires de l'entreprise californienne, Peter Thiel, a fait l'apologie des paradis fiscaux tels que Monaco, les îles Cayman, la Barbade, Vanuatu. Une banque située au Vanuatu, a-t-il précisé, ne risque pas d'être occupé par un groupe d'ouvriers en révolte. Facebook vaut aujourd'hui 15 milliards. Merci aux Canadiens.

    Il n'y a pour le moment que 18 millions d'Américains sur Facebook, soit 8% de la population du pays, 7 millions d'Anglais, 2 millions de Français. Cette sociabilité virtuelle semble attirer surtout les Nord Américains et les Européens. La Chine et le Japon ne comptaient en novembre 2007 qu'un peu plus de 100 000 membres chacun, l'Inde n'en était qu'à 300 000 membres et le Brésil était ailleurs, sur Orkut, le site social de Google. Après le Canada, la Norvège, avec 882 000 en novembre, sans doute 1 million aujourd'hui semble être le pays le plus intéressé par ce type de chaleur humaine, à croire que le froid est le meilleur partenaire des actionnaires de Facebook. Mais est-ce aussi le froid qui explique le fort pourcentage de femmes sur Facebook? Nul n'étant tenu de déclarer son sexe en remplissant les formulaires, il est difficile d'établir avec précision le pourcentage d'hommes et de femmes. Sur un total de 6,2 millions de Canadiens en novembre 2007, on comptait 2,2 millions d'hommes, mais un nombre indéterminé de personnes n'ont pas révélé leur sexe.

    J'ai d'abord identifié Facebook à Peter Thiel parce que c'est ce « philosopher-venture capitalist-neoconservative » californien qui est sans doute le plus influent des trois membres du conseil d'administration de Facebook. C'est lui qui a avancé le premier 500 000$ au fondateur, le jeune étudiant de Harvard, Mark Zuckerberg, venu le rencontrer à cette fin en Californie en 2004, en compagnie de deux de ses confrères. Le troisième membre, James Brewer, est lié au réseau entourant In-Q-Tel, l'entreprise de capital de risque que la C.I.A a créée en 1999, dans le but, il faut le présumer, d'offrir aux Canadiens un lieu de rencontre dont ils avaient, sans le savoir, un urgent besoin et dont ils n'avaient pas su se doter eux-mêmes, contrairement à leurs grands-parents qui, en 1932, avaient créé Radio-Canada pour protéger leur souveraineté culturelle dans le domaine de la radiodiffusion.



    Si la porte régionale de la grande Maison de verre est largement ouverte à tous les Canadiens, l'incitation à en franchir le seuil vient aussi de haut. Sur l'une des pages principales du site du parti libéral du Canada, on trouve cette invitation à adhérer à Facebook: «Les Canadiens, partout au pays, demandent à devenir ami avec Stéphane Dion sur le réseau Internet Facebook. Stéphane Dion prend régulièrement le temps de répondre à certaines des nombreuses questions qu’il reçoit de ses amis en ligne. Pour en savoir plus sur Stéphane Dion ou pour lui poser une question, . » Ce Stéphane Dion pourrait très bien être le prochain Premier ministre du Canada.

    Le parti conservateur du Canada est plus discret ou plus prudent, même s'il a plus d'affinités que le parti libéral avec la philosophie des propriétaires de Facebook, mais dans ce cas c'est Facebook qui fait le rabattage. Pouvoir oblige: le chef de ce parti est aussi le Premier ministre du Canada. La méthode est simple. On publie sur une page Web les photos de quelques amis de Steven Harper et on invite les internautes à venir les rejoindre. Ces amis s'appellent Tony Ferrys, Fred Loewen, Bobby Ward. En cliquant sur la photo de l'un d'entre eux, on accède au guichet de Facebook... et au formulaire à remplir pour entrer, photo et curriculum en mains, dans le cercle des amis.

    Pauvres Canadiens! Ou bien nous sommes naïfs au point de penser que les propriétaires de Facebook sont innocents et désintéressés et nous approuvons à l'avance, et sans examen de la question, l’usage des milliards que nous leur apportons en tant que cibles volontaires pour leur publicité, ou bien, en personnes responsables, nous sommes remontés jusqu'aux sources et alors on pourra à juste titre nous accuser de complicité avec le néoconservatisme américain le plus cynique et le plus méprisant pour le commun des moutons de la planète.

     

    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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    L'auteur

    Jacques Dufresne
    Mots-clés
    Grégarisme, souveraineté, communauté, solidarité
    Extrait
    Si la porte régionale de la grande Maison de verre est largement ouverte à tous les Canadiens, l'incitation à en franchir le seuil vient aussi de haut. Sur l'une des pages principales du site du parti libéral du Canada, on trouve cette invitation à adhérer à Facebook: «Les Canadiens, partout au pays, demandent à devenir ami avec Stéphane Dion sur le réseau Internet Facebook. Stéphane Dion prend régulièrement le temps de répondre à certaines des nombreuses questions qu’il reçoit de ses amis en ligne. Pour en savoir plus sur Stéphane Dion ou pour lui poser une question, . » Ce Stéphane Dion pourrait très bien être le prochain Premier ministre du Canada.
    Documents associés
    Jacques Dufresne
    Communauté, Publicité, Internet, Big Brother, Vie privée, Transparence

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