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    Dossier: Esturgeon

    Suspension de la récolte du caviar dans l'espoir d'un rétablissement des stocks d'esturgeons

    CITES
    Les pays clefs producteurs de caviar se sont mis d'accord sur un plan d'action de 12 mois qui inclut un arrêt de la pêche de l'esturgeon dans la mer Caspienne jusqu'à la fin de l'année.
    Selon cet accord, l'Azerbaïdjan, la Fédération de Russie et le Kazakhstan ont jusqu'au 20 juillet pour fournir à la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages en danger d'extinction (CITES) un inventaire détaillé des stocks de caviar provenant de la récolte du printemps 2001. Seuls ces stocks pourront être exportés.

    Kenneth Stansell, président du Comité permanent de la CITES, a déclaré qu'il s'agissait là "d'une excellente décision qui servira au mieux la conservation de l'esturgeon et la mise en œuvre de la Convention".

    Willem Wijnstekers, secrétaire général de la CITES, a ajouté que "la communauté internationale travaille au travers de la CITES pour aider les Etats de la mer Caspienne à mettre en place un système de gestion basé sur des critères scientifiques pour la conservation au long terme et l'utilisation durable de l'esturgeon. Il est essentiel que les effectifs de cette espèce de très grande valeur puisse récupérer".

    D'après cet accord, les Etats de la mer Caspienne ont jusqu'à la fin de 2001 pour effectuer une étude complète des stocks d'esturgeons ; doivent demander à Interpol de faire une analyse du commerce illicite de l'esturgeon ; doivent demander au Secrétariat de la CITES (en collaboration avec Interpol et l'Organisation Mondiale des Douanes) d'effectuer une étude des besoins pour combattre les prises et le commerce illégaux ; et doivent autoriser et faciliter l'inspection sur place par la CITES de leurs activités de gestion de l'esturgeon.

    Ils doivent également se mettre d'accord d'ici à cette date sur la gestion coordonnée des ressources en esturgeon de la mer Caspienne, ce qui comprend l'élaboration en commun de quotas de pêche et d'exportation pour 2002. Ces quotas seront déterminés avant la fin de l'année. Au cas où cet accord ne serait pas respecté, les quotas pour l'année 2002 seront fixés à zéro.

    Le Turkménistan, qui n'a pas envoyé de délégation à la session, devra confirmer par écrit qu'il adhère à cet accord sous peine de voir ses exportations complètement suspendues.
    Les Etats de la mer Caspienne avaient précédemment requis pour l'année 2001 des quotas d'exportations de 790 kg pour l'Azerbaïdjan, 32 210 kg pour le Kazakhstan (dont 1 410 pour l'Azerbaïdjan et 3 890 pour le Turkménistan), et 62 040 kg pour la Russie (dont 2 300 pour l'Azerbaïdjan et 1700 pour le Turkménistan). Ils pourront désormais exporter leurs stocks jusqu'à cette limite. Le Secrétariat de la CITES devra vérifier que de nouveaux stocks ne sont pas commercialisés.

    Le cinquième Etat de la mer Caspienne, l'Iran, a déjà mis en place un système de gestion efficace de l'esturgeon et a établi un quota de 82 810 kg pour cette année. Bien que ce pays ne soit pas concerné par les nouveaux contrôles de la CITES, il a tout intérêt à voir s'améliorer la gestion régionale des exploitations de pêche de la mer Caspienne.

    Outre ce qui est exigé pour l'année 2001, les quatre ex-républiques soviétiques ont jusqu'au 20 juin 2002 pour établir un programme de surveillance de l'esturgeon sur le long terme basé sur une technologie et des techniques de pointe ; pour demander conseil auprès de l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO) sur la gestion des exploitations de pêche régionales ; pour adopter un système de gestion commun entre les exploitations de pêche de la mer Caspienne ; pour accroître de manière sensible leurs efforts pour combattre les prises et le commerce illégaux et réguler le commerce légal ; pour soumettre des propositions de financement au Fonds de l'Environnement Mondial et à d'autres donateurs pour la récupération des stocks d'esturgeons ; et enfin pour mettre en place un système d'étiquetage du caviar.
    Jusqu'en 1991, deux pays - l'URSS et l'Iran - contrôlaient virtuellement tout le marché du caviar et réalisaient de lourds investissement pour surveiller et maintenir les stocks de poissons. Cela permettait d'identifier facilement la provenance de n'importe quel envoi de caviar. La disparition de l'URSS a sonné le glas de ce système et un grand nombre d'entrepreneurs traitant cet "or noir" se sont substitués aux entreprises d'Etat.

    Il fut un temps où la Caspienne représentait 95% du caviar mondial. Aujourd'hui, ce pourcentage est plus proche de 90%. Les prises officielles ont diminué, passant d'un pic d'environ 30 000 tonnes à la fin des années 1970 à moins d'un dixième de ce chiffre à la fin des années 1990. La réduction du débit fluvial, la destruction des sites de reproduction, la corruption, le braconnage, le crime organisé et le commerce illicite ont contribué à ce déclin.
    Il en est notamment résulté que les prises illicites dans les quatre anciennes républiques soviétiques sont désormais 10 ou 12 fois supérieures aux prises licites. Le commerce licite du caviar représente environ 100 millions de dollars par an. Comme le prix du caviar illicite varie considérablement d'un pays à l'autre, il est difficile d'estimer la valeur du commerce illicite mais à l'évidence, il s'agit de sommes considérables.

    (c) Secrétariat de la CITES, 21 juin 2001

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    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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    L'auteur

    CITES
    Mots-clés
    mer Caspienne, espèce menacée

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