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    Le capitalisme du XXIe siècle

    Gérard Pelletier
    L'économie participative sera-t-elle pour le XXIe siècle?
    Heilbroner est un grand pédagogue bien connu et très aimé des professeurs d'histoire. Son petit livre The wordly philosophers contient un chapitre sur Marx qui était il y a vingt-cinq ans la référence obligée pour introduire les jeunes économistes à la pensée de Marx. Conjoncture oblige: le grand inspirateur des conférences que l'auteur a présentées au réseau anglais de Radio-Canada est maintenant Adam Smith. Qui a écrit que l'accumulation du capital était différente de l'accroissement de la richesse en ce sens qu'elle conduisait à produire encore plus de richesse et que c'était là le moteur du capitalisme? Que la richesse était inévitablement reliée à l'idée d'inégalité car elle est le moyen du pouvoir? Que «la grande propriété allait de pair avec une forte inégalité et que l'abondance des riches supposait l'indigence de nombreuses personnes? C'est Adam Smith et non Karl Marx qui a avancé ces idées» (Robert Heilbroner, Le capitalisme du XXe siècle. Éditions Bellarmin, Montréal, 1993, p. 44).

    Peut-on encore soutenir que Smith est le farouche défenseur de la non-intervention de l'État? On oublierait qu'il fixe trois objectifs importants à l'État: 1) défendre les personnes et les biens nationaux contre les invasions, faire régner l'ordre, le respect des contrats et des personnes, 2) créer et entretenir des ouvrages publics nécessaires comme les routes et les phares, que l'initiative privée ne peut rendre payants pour elle-même, 3) enfin veiller à des institutions comme l'instruction, pour pallier la stupidité qu'engendre la répétition des tâches: le capitalisme n'a pu se développer que grâce à une symbiose avec un État puissant qui a laissé aux individus l'initiative économique.

    Le grand problème du XXIe siècle est justement que les grandes corporations sont devenues transnationales, mais qu'il n'existe pas à ce niveau une autorité qui puisse canaliser et discipliner les pouvoirs économiques comme jadis dans les états nationaux.
    Cette thèse est renforcée par le fait que l'économie de marché suppose la plus grande liberté et que c'est elle qui dominera le prochain siècle. Mais avec un tribut très lourd à payer: l'insécurité due à son instabilité et aux contrecoups qui frappent les classes les plus démunies. Car, disait Smith, le riche peut vivre plus longtemps sur ses réserves que le pauvre. Cette instabilité inhérente au capitalisme a été soulignée par Keynes. Elle repose sur les effets pervers causés par des anticipations des agents économiques. Ces derniers précipitent la dépression en retenant leurs transactions dans l'espoir de prix encore plus bas. De là la nécessité de l'intervention de l'État pour initier la dépense en créant des emplois par des travaux publics et par l'émission de monnaie pour relancer l'économie. Mais en voulant faire de ce remède une panacée, on a créé l'inflation et le chômage endémiques. Keynes avait négligé trois facteurs importants qui refont surface. Ce sont les problèmes à long terme d'épuisement des ressources, d'environnement et de changements technologiques sans précédents. Cette dynamique de l'innovation a rendu impossible la prévision de la fin du capitalisme annoncée par Smith et Marx, et même de son déclin, comme le pensaient Keynes et Schumpeter.

    Quel serait le principe intégrateur de tout système économique nouveau pour le prochain siècle? Ce seraient les diverses dimensions de la participation: à la propriété, aux politiques des entreprises, à la confection des horaires de travail, aux bénéfices. Les coopératives ajouteraient: la participation démocratique. Mais, conclut l'auteur, «la transition est trop complexe et, surtout, l'opposition trop forte pour qu'un changement aussi révolutionnaire survienne dans une si courte période, historiquement parlant» (Robert Heilbroner, Le capitalisme du XXe siècle. Éditions Bellarmin, Montréal, 1993, p. 162). L'économie participative ne sera donc pas pour le XXIe siècle!
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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