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    Dossier: Compagnonnage

    La rencontre de deux frères

    LA RENCONTRE DE DEUX FRÈRES.

    Un jour, après une marche longue et forcée, je me reposais sous un arbre peu distant de la grande route. Là, promenant ma vue sur le chemin que j'avais parcouru, je vis venir un Compagnon; puis, tournant du côté par où je devais continuer mon voyage, j'en vis venir un second. Ils se faisaient face, marchaient tous deux la tête haute en se fixant avec des yeux où je lus tout d'abord leur bizarre intention. Enfin , n'étant plus séparés que par un court espace, l'un s’arrête brusquement, fait couler à terre le paquet qu'il portait au bout de sa canne, prend une pose martiale, et profère ces cris redoutables: — Tope pays! quelle vocation? — L'autre ayant également pris une attitude fière, répond: Compagnon cordonnier, et vous, le pays? — Le pays répond à son tour qu'il est Compagnon maréchal dans l'âme et dans les bras, tout prêt à le faire voir. Aussitôt ils s'avancent, ils se trouvent face à face; un colloque injurieux s'engage; le maréchal dit à son émule: — Passe au large, sale puant! — Le cordonnier lui répond: — Passe au large toi-même, ô noir gamin! — Et là, dressés l'un devant l'autre, ils se lancent des regards foudroyants; leur bouche vomit les imprécations les plus atroces, les injures les plus dégoûtantes. Ayant épuisé tous les traits que leurs langues pouvaient décocher, ils en viennent aux mains; armés chacun d'une longue et solide canne, ils font quelques évolutions, quelques rapides moulinets, puis, s élançant avec impétuosité, se portent réciproquement de rudes coups; le sang jaillit des deux côtés, et le combat ne se modère point. Mais, après avoir longtemps combattu avec un acharnement difficile à décrire, le maréchal, exténué de fatigue, meurtri, saignant, chancelle, tombe et s'allonge sur la poussière épaisse du chemin. Le cordonnier impitoyable ne retient point sa fureur; il frappe encore; il déchire son adversaire renverse… il le déchire! Mais quelle ne fut pas sa surprise! quel ne fut pas son abattement! quel changement subit ne s'opéra-t-il pas dans tout son être, lorsqu'il aperçut sur les bras nus, sur la poitrine découverte de son ennemi vaincu, des signes distincts, des marques non équivoques qui le frappent, qui lui font promptement reconnaître dans celui qui gît sur la poussière, Laurent!...Laurent, son frère bien-aimé! — 0 mon frère! s'écria-t-il, je suis François, ton frère et ton ami! Oh! pardonne. Et, se précipitant sur lui, il le prend, le relève, le serre dans ses bras… Ils s'embrassent tous deux… ils pleurent; mais dans ce moment la douleur est assoupie, et leurs pleurs sont doux, et leurs larmes sont des larmes de bonheur et de joie. Dès lors, moi, témoin de cette scène détestable, puis touchante, j'approche 1 en disant: — Mes amis, permettez à un ouvrier menuisier, à un Compagnon de Liberté, de mêler ses larmes aux vôtres; et ils m'accueillirent favorablement. J'ajoutai: Mettons toute prévention de côté; car nous sommes également des hommes, et au lieu de nous haïr et de nous faire du mal, aimons-nous et soulageons-nous mutuellement.

    Dans ce moment François, qui n'avait cessé de soutenir son frère dans ses bras, le soulève, le porte sur le bord de la route, et le pose sur un tapis de gazon. Après avoir reçu quelques soins, après avoir goûté quelques instants de repos, Laurent sentit ses forces renaître; il se releva; nous le prîmes chacun sous un bras, et marchant tous trois côte à côte, nous nous dirigeâmes, à petits pas, vers la ville la plus prochaine. Après avoir marché pendant une heure, nous y arrivâmes heureusement. Nous entrâmes dans la première auberge, laquelle était remplie d'un grand nombre de Compagnons de divers états et de divers Devoirs qui s'y étaient réunis pour discuter des intérêts qui leur étaient communs. Quelque bruit de ce qui venait de se passer ayant déjà transpiré jusque-là, ils témoignèrent le désir de nous avoir parmi eux, et nous passâmes à leur table sans difficulté. Quand nous eûmes, par quelques aliments, réparé nos forces, un des Compagnons pria les deux frères de faire le récit de leur rencontre extraordinaire; ce que, malgré leur bonne volonté, ni l'un ni l'autre ne purent accomplir, tant ils étaient émus. Dès lors, plusieurs Compagnons tournèrent leurs regards sur moi et semblaient me demander de satisfaire leur désir. Je pris donc la parole, je leur racontai l'aventure dont je venais d'être témoin, et mon récit les toucha profondément. Leurs cœurs étaient attendris, leurs bouches étaient muettes, nul bruit ne troublait le silence. Inspiré par une si heureuse disposition, je cède à l'entraînement de mes pensées: «Eh bien! mes amis, leur dis-je, une telle rencontre n'est-elle pas de nature à nous éclairer, à jeter dans nos âmes des sentiments plus nobles et plus élevés, à nous faire comprendre enfin combien il est barbare et ridicule de regarder comme ennemi quiconque n'appartient point à notre Société? Vous savez à combien de maux nous expose cette fièvre d'intolérance. Permettez-moi, à ce sujet, de rapporter un fait qui m'est personnel.

    Je partais d'un pays, je faisais un voyage à pied; je rencontre sur la route, dans un lieu presque sauvage, un ouvrier à peu près de mon âge. Je ne l'avais jamais vu, je n'avais pas plus entendu parler de sa personne que lui de la mienne; nous ne nous connaissions d'aucune manière; mais par quelques mots d'un vieil usage, il provoque de moi une courte explication. Il en résulte que nous ne sommes pas du même Compagnonnage. Nous sommes donc ennemis? Il faut donc se battre? En un mot, je suis attaqué, je dois me défendre, et je me sers de ma force et de mon adresse, des armes que la nature m'a données, et de celles que le hasard fait tomber dans mes mains (car lui en était pourvu). Ainsi deux jeunes gens qui se rencontrent dans un chemin solitaire, au lieu de s'aborder amicalement en s'offrant de mutuels services, s'abordent en forcenés, se font tout le mal qu'ils peuvent se faire, et se déchirent comme des tigres en furie! Et, remarquez-le, on ne se bat pas toujours un contre un. Souvent plusieurs hommes tombent sur un faible individu. Ils l'écrasent, le dépouillent, et courent se vanter à leurs camarades d'avoir fait une grande prouesse. On voit des combats partiels; on voit aussi deux Sociétés rivales se donner rendez-vous et se livrer dans les champs une bataille sanglante. Eh! quel motif a pu provoquer un tel désordre? C'est ce qu'on ne peut expliquer. Mais le résultat de cette grande mêlée sera-t-il favorable à quelqu'un? Point du tout, on se bat pour se battre, et par toute sorte de moyens; on se sert du poing, du bâton, des instruments pointus et tranchants; on se blesse, on se tue; la force armée accourt; les combattants se séparent, se dispersent et fuient. Mais il en reste toujours entre les mains de l'autorité; partant de là les empoignés sont mis en prison, les blessés à l'hôpital, les morts au cimetière. Ainsi finit cette journée, ainsi se vide le champ de bataille; et ceux qui se sont sauvés par la fuite, en supposant même qu'ils ne seront point poursuivis, ne sont pas sans punition, parce que tous les membres qui restent libres ont des frais énormes à supporter, soit pour le soin des malades, soit pour l'entretien des prisonniers, soit pour soutenir le procès qui survient ensuite entre les deux Sociétés, et où les vainqueurs et les vaincus sont également petits.

    «Vous le voyez, les résultats ordinaires, les conséquences inévitables de ces fatales collisions sont pour nous la ruine, la déconsidération, la mort. Nul n'y gagne: tout le monde y perd. De là nos sentiments s'aigrissent, notre esprit s'obscurcit, notre âme se dégrade; dans nos pensées plus rien de grand, de généreux; dans notre entendement tout devient trouble et confusion. Aussi tout travail d'application nous devient impossible jusqu'à ce que le temps, la paix et la raison nous aient ramenés à notre état naturel. Alors, alors seulement nous pouvons nous livrer de nouveau à cette étude paisible des arts et des sciences; étude qui a tant d'attraits, tant de charmes pour nous, et que de tels malheurs ne devraient jamais interrompre. Je conviens cependant que depuis quelques années ces désordres sont moins fréquents, que les hommes en général commencent à penser sérieusement, que le fanatisme trouve partout des adversaires qui le combattent et le détruiront, que des voix généreuses appellent de toutes parts le peuple à la lumière et à l'émancipation. Eh bien! je joindrai ma faible voix à ces voix puissantes, et je vous dirai: 0 mes camarades, nous vivons dans un siècle avancé, sachons le comprendre; nous sommes pauvres, nous sommes ouvriers, mais nous sommes hommes! Pénétrons-nous de cette grande idée, et relevons notre moral et notre condition. Considérez que nous ne sommes pas d'une substance moins délicate, moins pure que les riches; que notre esprit, que notre sang, que notre conformation n'ont rien de différent de ce qu'on voit en eux; que le progrès étant dans les lois de la nature, nous devons nous dépouiller de nos erreurs et de nos vices. Oui, sortons des ténèbres qui nous environnent, développons notre intelligence, acquérons des talents, des vertus; travaillons à nous éclairer, à nous rendre bons, et répandons sur nos camarades les connaissances, les vérités que nous aurons acquises; invoquons la justice, l'amour, la fraternité. Nous sommes enfants d'un père commun, nous devons vivre tous en frères. La liberté, l'égalité doivent se combiner et régner de concert dans la grande famille humaine.

    Renonçons donc, chers Compagnons, à toutes ces rivalités mesquines qui nous abaissent, nous avilissent et nous font un mal réciproque. Vous en êtes témoins, deux frères se sont meurtris de coups: tirons de cet événement un enseignement profitable. Je compte sur vous, ô mes amis; j'ai vu vos yeux trempés de douces larmes, je vois que votre âme s'élève, qu'une voix intérieure vous touche et vous persuade de la noble mission l'esprit nous devons remplir. Oui, répandons dans l’esprit de nos frères les idées neuves dont nous sommes pénétrés, et qu'à leur tour ils puissent faire entendre ces mots sacrés: union, concorde, justice, amour, fraternité. Alors une grande régénération sera faite: alors les Compagnons, groupés plus intimement, ne craindront ni la misère ni l’oppression, et le Compagnonnage sera un vaste foyer de lumière et de fraternité.»

    A peine avais-je cessé de parler, que tous dirent ensemble: Oui, nous voulons la justice et la fraternité! oui, une voix intérieure nous persuade de la noble mission que nous devons entreprendre et que nous remplirons avec persévérance! Et l'enthousiasme fut au comble, le contentement, le plaisir, la joie étaient peints sur tous les visages, et chacun jouissait en soi d'un bonheur inexprimable.

    Ainsi se termina la journée; on fixa une réunion au lendemain, on se retira; les deux frères et moi, restés dans l'auberge, nous pûmes nous mettre au lit, nous passâmes une nuit heureuse. Le matin, nous nous rendîmes à l'assemblée que nous trouvâmes plus nombreuse que nous n'aurions pu le penser. Tous les Compagnons de la ville y étaient accourus, et, à notre grande satisfaction, chacun y pensait comme il avait pensé la veille. L'isolement, la réflexion n'avaient rien changé, n'avaient rien refroidi; au contraire, de bonnes idées s'étaient développées. Les Compagnons se formèrent en cercle, le plus ancien d’âge fut fait président. Un tailleur de pierre, Compagnon Étranger, nommé La Fleur de Lavaur, prit la parole en ces termes:

    «Mes pays et coteries, le discours prononcé hier, et qui a produit en nous une impression si profonde, est plein de vérités, et sa tendance me plaît infiniment; mais le but de celui qui l'a prononcé n'étant pas de faire spécialement notre éloge, on y rencontre certains passages qui révèlent des faits qui ne sont pas à notre avantage. Des ouvriers qui ne savent point apprécier les bienfaits de l'association en concluront contre nous, et déclameront à outrance contre le principe qui nous unit. Je veux d'avance et à l'instant même, répondre à toutes leurs déclamations par le parallèle que j'établis et que je leur adresse. — Quand vous arrivez dans une ville, vous pouvez vous trouver sans argent, sans connaissances, et par conséquent sans pain, sans gîte, sans crédit; et si vous ne trouvez promptement de l'ouvrage, que devenir? Quand nous arrivons dans une ville, sommes-nous sans argent, qu'importe; nous allons chez la mère, nous y trouvons des amis, des frères nouveaux qui nous procurent le travail, la nourriture, le logement, qui nous font connaître les mœurs, les usages, les beautés de la ville, et nous sommes sans inquiétude.

    Si vous avez le malheur de perdre la santé, la maladie, l'isolement, l'ennui, la misère vous assiègent de concert: nul appui, nulle consolation.

    Si nous avons le malheur de tomber dans un tel état, nous recevons journellement les visites de nos frères, qui nous apportent des secours et les encouragements qui font tant de bien.

    Si dans un atelier le maître veut vous faire un passe-droit: livrés à votre faiblesse, vous êtes contraints de le subir.

    Nous, dans le même cas, le premier Compagnon se rend auprès du maître et, fort des pouvoirs que la Société lui confère, plaide notre cause et la fait triompher.

    Si des maîtres, en se coalisant, conspirent contre les salaires des ouvriers, vous ne pouvez point, ô vous, hommes isolés, détourner le mal qui vous menace; mais les Compagnons, faisant dès lors trêve à toute rivalité, se concentrent, se forment en faisceaux, et forts par leur union, conjurent l'orage qui grondait sur leur tête, et qui allait infailliblement tomber sur vous comme sur eux.

    Si vous êtes l'objet d'une attaque injuste, vigoureuse, qui viendra à votre secours? Vous êtes indifférents pour tous, tous sont indifférents pour vous. Qu'un de nous soit l'objet d'une agression dangereuse, formidable, la Société l'a su, elle accourt en tumulte; on a frappé un frère, le coup a retenti, tous les frères accourent, ils vont le délivrer ou partager son sort.

    Vous, jeunes encore, sans expérience, sans guides, vous courez grand risque de vous égarer. Nous, sous l'œil attentif de nos chefs, qui sont habituellement les plus instruits, les plus laborieux, les plus respectables de la Société, nous ne pouvons dévier de notre droit chemin. Nous recevons de sages conseils qui nous font aimer le travail, l'ordre, la vertu. Celui qui s'écarte quelque peu de ses devoirs est en particulier ou en pleine assemblée réprimandé fortement; celui qui commet une action basse reçoit une punition proportionnée à son délit; celui qui pèche gravement contre la probité est flétri moralement, et chassé sans retour de la Société: sévérité exemplaire, qui fait ouvrir les yeux à ceux qui seraient quelquefois tentés de mal faire.

    Je conclus que celui qui voyage seul, sans liaison avec d'autres ouvriers, résiste mal aux coups de la misère et de l'oppression; que rien ne l’encourage et lui facilite les moyens de s'instruire; qu'il néglige souvent les choses les plus essentielles; qu'ainsi isolé et rapportant tout à son individualité, il devient froid et égoïste, bien heureux quand d'autres vices ne viennent pas se joindre à ceux-là.

    Celui qui voyage attaché à une Société, au contraire, déteste l'égoïsme, l'arbitraire, et sait leur résister; il a le sentiment de l'égalité, de la fraternité, et son dévouement est sans bornes. Non, il n'agit pas pour lui exclusivement, mais pour tous ses frères. Il ne demande pas si le bien produit par son action sera immédiat; il pense également à ceux qui viendront après lui, et ne veut leur laisser que de bons précédents. Prenez-le au sein du repos et de ses affections, dites-lui qu'un danger pressant menace un de ses frères, il volera rapidement au lieu qu'on lui désigne, et exposera sa propre vie pour sauver celle qui est en péril.

    Je borne ici ce parallèle, qui prouve beaucoup en faveur des Compagnons; mais gardez-vous de me prendre pour un lâche flatteur. Si je sais en eux applaudir le bon, je sais aussi combattre le mauvais, et je leur dirai avec la même franchise: Vous repoussez l'égoïsme individuel; repoussez avec la même force l'égoïsme de corps. Vous ne voulez pas qu'on exerce sur vous l'arbitraire et l'oppression; gardez-vous d'user de ces moyens détestables sur ceux qui, comme vous, ont droit à la liberté et à l'indépendance.

    Vous nourrissez entre vous, membres de la même Société, le sentiment de l'égalité, de la fraternité; que ce sentiment soit étendu. Regardez également comme frères tous les ouvriers, tous les Français, tous les hommes qui ne sont point indignes d'en porter le nom.

    Votre dévouement est sans bornes pour le Compagnonnage que vous avez embrassé; qu'il soit sans bornes pour la patrie, pour la cause de l'humanité. Oui, vous avez des qualités bien grandes, qui ont besoin d'être éclairées; car, aveugles et quelquefois mal dirigées, elles vous ont fait commettre, je ne dirai pas des crimes, mais des erreurs sanglantes. Donc, éclairez, épurez ces grandes qualités, et qu'elles soient toujours bien employées et ne nuisent jamais à personne.»

    Le tailleur de pierre s'arrêta là; je dirai que ses dernières paroles furent prononcées avec tant de force, avec tant d'exaltation, qu'elles firent tressaillir l'assemblée et l'agitèrent longtemps; la parole passa ensuite à un menuisier, Compagnon du Devoir, nommé Paul le Nivernais. Il s'exprima de la sorte:

    «Mes pays, comme La Fleur, je fréquente, j'aime les associations. Comme lui je voudrais, si cela était possible, les rendre moins égoïstes, moins intolérantes; comme lui, enfin, je vois que, lorsque la civilisation fait de toutes parts de profonds, de vastes progrès, le Compagnonnage que nous servons avec tant de zèle, ne peut plus rester seul en arrière. Eh! le pourrait-il sans compromettre son existence? Non. Mes chers amis, puisqu'il en est ainsi, avançons à pas mesurés, et secouons sur notre route les vieilles coutumes, les sottes préventions, et ce fanatisme féroce qui trop souvent pousse l'ouvrier contre l'ouvrier.

    Sont-ils nos ennemis tous ces hommes courageux travaillant et suant comme nous? Non. Le tailleur de pierre, le charpentier, le menuisier le serrurier, le forgeron, le tisserand, le cordonnier, le boulanger, ceux qui construisent, qui meublent, qui décorent nos habitations, ceux qui tissent, ceux qui confectionnent nos vêtements, ceux qui nous procurent ou qui nous préparent les aliments qui soutiennent et conservent notre existence, tous agissent, tous produisent et sont d'une égale utilité au bien-être commun de la grande société. Eh! Pourquoi, ô membres d'un même corps, et destinés à vivre les uns près des autres et à s'entraider continuellement, pourquoi nous faisons-nous, depuis plusieurs siècles une cruelle guerre.»

    Un membre interrompant. — Parce que nous voyons des états qui ne sont pas si honorables que le nôtre, et que néanmoins ceux qui les professent ont l'orgueil et l'audace de se parer du beau nom de Compagnon, ce que nous ne pouvons souffrir.

    Le Nivernais répond. — Aucun état producteur ne peut déshonorer; au contraire, on y acquiert plus ou moins de réputation selon qu'on y est honnête et plus ou mains habile; ensuite je vous dirai que les ouvriers de n'importe quel état peuvent se former en société, et nous ne pouvons les troubler dans leur union sans nous rendre coupables aux yeux de la justice et de l'humanité. Quant au mot compagnon, dont quelques Sociétés veulent se faire un titre exclusif, on sait qu'il est très vieux et qu'il s'emploie en divers sens. On dit compagnon d'armes, compagnon de voyage; pourquoi ne dirait-on pas compagnon maréchal, compagnon cordonnier? Quel est le meilleur des Compagnonnages? À mon avis c'est celui où l'on vit en bonne intelligence, toujours disposés, toujours prêts à s'aider les uns les autres; qu'en dites-vous?

    Un membre avec chaleur. — Une chose qui me choque, c'est de voir une société prendre pour attribut des instruments dont elle ne sait pas se servir. Non, elle ne peut se parer de ces magiques instruments 2 sans s'attirer la haine et la vengeance de toutes les autres Sociétés.

    Le Nivernais. — Je ne le vois pas comme cela. Si quelqu'un se pare par vanité d'un instrument au-dessus de sa portée, au lieu de se fâcher, il faut rire; si nous voulions un jour, en place d'une équerre et d'un compas, prendre pour attribut un télescope ou un baromètre, croyez-vous que les astronomes, que les physiciens, s'ils y prenaient garde, en témoigneraient quelque mécontentement?. Non. Tout au contraire, ils riraient, et c'est tout ce qu'ils auraient de mieux à faire. On m'objecte encore qu'une société fait porter la couleur au chapeau, une autre au cou, d'autres à une boutonnière du côté gauche; que le Compagnon qui la porte à une boutonnière basse ne peut l'élever davantage sans s'exposer au ressentiment de celui qui la porte à une boutonnière haute; que ce dernier ne pourrait la porter plus haut sans violer les privilèges et sans s'attirer la colère et la vengeance de ceux qui les portent au cou et au chapeau.

    Doucement, doucement et écoutez un peu, je vous prie! Que répondriez-vous, par exemple, à un vieux marquis vêtu d'un bel habit et qui viendrait vous dire à vous, homme de travail, à vous, homme du peuple et parfois aussi bien vêtu que lui: — Ouvrier, tu portes un habit aussi beau, aussi bien fait que le mien; et cela ne me plaît pas. Je ne veux pas que l'on me confonde avec toi: donc, quitte cet habit, je te l'ordonne! quitte-le, et prends en un mauvais. — Je vous le demande, que répondriez-vous au vieux marquis qui vous aurait tenu un tel langage? qu'il est un vieux fou, n'est-ce pas? qu'il n'a aucun droit sur vous, et que comme lui, vous êtes libre de vous mettre à votre goût et comme bon vous semble, et vous auriez raison. De même chaque société a le droit de porter la couleur où elle vent et comme bon lui semble. Trêve donc à ces cruelles guerres, qu'aucune bonne raison ne peut justifier. Ne voulant point supporter les injustices, commençons par être justes, qu'il ne soit plus dit que les Compagnons en France sont les seuls représentants d'un âge qui n'est plus. La prévention, la jalousie, un certain amour-propre mal entendu, nous ont trop longtemps divisés: que ce temps soit à jamais passé! Autrefois les hommes d'une religion différente s'entre-tuaient sans miséricorde; aujourd'hui on peut conserver chacun sa croyance et vivre en bonne intelligence; agissons de même, conservons chacun notre attachement à notre Société, et de plus rapprochons-nous, cherchons à nous comprendre, et aidons-nous les uns les autres autant que nous le pourrons. L'esprit de notre époque n'est pas un esprit de ténèbres et de permission; c'est un esprit de lumière et de raisonnement; il faut s'y conformer, il faut ne point rester en arrière; autrement, la jeunesse instruite et imbue de principes nouveaux ne viendrait plus à nous, et nos Sociétés, quoique fortes en ce moment, périraient avant peu, faute de recrues qui seules les renouvellent et les perpétuent.

    Vous trouvez que le Compagnonnage protège les droits, les intérêts des ouvriers; vous le regardez comme la dernière corporation populaire, et dont la conservation est un bien. Je pense comme vous, mais je vous le conseille, dépouillons-le de ce qu'il a de trop vieux, de trop user et qui choque la raison et les usages de notre temps. Conservons-lui ce qu'il a de bon, ajoutons-y encore pour le rendre parfait, s'il est possible, et un jour nous nous applaudirons de notre œuvre à l'aspect du grand développement que nous lui verrons prendre, et au témoignage de l'estime publique que nous aurons su mériter.»

    Le Nivernais fut applaudi; plusieurs Compagnons, qui jusque-là s'étaient regardés avec dédain, se rapprochèrent. Une grande fusion se fit dans l'assemblée. Dès que le silence fut rétabli, un serrurier compagnon du Devoir de Liberté, nommé Espagnol l’Union, se fit entendre: «Mes pays, mes frères, dit-il, je crois devoir élever la voix pour proclamer quelques vérités. Plusieurs discours ont été prononcés. On vous a montré les conséquences fâcheuses des luttes entre les divers Compagnonnages, on vous a fait sentir tous les avantages que vous pouvez retirer d'une association bien entendue, on a défendu la cause de la tolérance et de l'humanité; je parlerai dans le même sens, car notre siècle ne voit qu'avec pitié nos rivalités incessantes, qu'avec horreur les luttes sanglantes dans lesquelles nous nous engageons trop souvent… Élevons nos pensées à d'autres considérations; quittons un moment le sujet qui nous occupe spécialement pour nous occuper de choses plus vastes et plus générales... Regardons la nature; elle est immense. Considérons le génie des hommes, rien ne l'arrête, il envahit tout; il crée des villes nombreuses qu'il orne de monuments magnifiques; il creuse des canaux profonds et sûrs qui sillonnent les États dans tous les sens; il ouvre de larges routes qu'il fait passer sur les fleuves et sous les montagnes; d'une terre stérile il fait un jardin productif, embaumé; disposant de la force et des vents et du feu, il glisse rapidement sur le vaste bassin des mers qu'il parcourt d'un bout du monde à l'autre; il s'élève dans un autre élément à des hauteurs considérables, et porte par une barque légère suspendue à un globe transparent, il vogue à son gré dans la plaine des airs et parcourt des routes célestes; il calcule, il connaît la marche régulière des astres. Les phénomènes de l'atmosphère ne lui sont pas inconnus: il prévoit les marées, les courants, les orages et les tempêtes; la foudre même est domptée par lui. Il plane sur la terre, sur les mers, dans les cieux; il met tous les éléments à contribution; il range tout sous sa loi; la nature entière est son domaine; et cependant ce génie si profond, si vaste, qui place les hommes si haut dans l’échelle des êtres et les fait rois de la création, n'a pu encore les rendre heureux. Le fort bat le faible, le grand foule aux pieds le petit, quelques-uns commandent avec humeur; tous les autres obéissent en murmurant. Le bonheur n'est nulle part, car le bonheur n'est pas une chose toute matérielle. Eh quoi! en sera-t-il toujours ainsi? Ceux qui font tant de prodiges, ceux qui possèdent tant de sciences, ne posséderont-ils jamais la science de se rendre heureux! Espérons en l'avenir. Dans ce moment le monde est en travail; des idées nouvelles, mais nobles, mais généreuses, le parcourent; elles s'infiltrent de toutes parts, et ceux chez qui elles ont pénétré ne disent pas: «Je suis de telle nation, et je déteste toutes les autres nations; je suis de telle religion, c'est la seule bonne, la seule vraie, toutes les autres doivent être proscrites et anéanties; je suis de telle couleur, et tous les individus qui n'ont pas cette couleur ne sont point des hommes; je suis de telle classe du peuple, c'est la seule qui doive avoir des droits et des privilèges» Non, les hommes chez qui ont pénétré les idées nouvelles ne parlent point ainsi. Ils n'excluent, ils ne proscrivent ni les nations en masse, ni la religion qui n'est pas la leur, ni la couleur chez les individus, ni les classes du peuple riches ou pauvres. Dieu a créé les nations diverses; il a inspiré les sentiments religieux pour que chacun l'adore à sa manière; il a voulu que tous les hommes fussent heureux, et cette volonté divine se comprend et se comprendra chaque jour davantage. Aussi voyez comme insensiblement l'esprit des nations se rapproche et se lie, comme les croyances se tolèrent réciproquement, comme les préventions de couleur et de race s'éteignent, comme les diverses classes du peuple se mêlent et se confondent à leur insu. Oui, des abus, des erreurs, des préjugés ont disparu, d'autres disparaîtront; des réformes importantes ont été faites, il s'en fera de plus importantes encore. L'industrie, les arts, les sciences ont pris un grand essor, un grand développement; leurs produits variés se répandent dans la société; ils se répandront avec plus d'abondance, avec plus de profusion, et surtout avec plus d'équité. Il ne doit point y avoir de parias sur la terre; il ne faut point donner tout à l'un, rien à l'autre, laisser pourrir les aliments ici, pendant qu'on meurt de faim là à côté. Oui, la corruption, l'égoïsme, ces hideuses maladies seront soignées et guéries. Le progrès a marché, il marche, il marchera jusqu'à ce que la grande société soit régénérée, réorganisée et assise sur une base plus large et plus solide. Au milieu d'un mouvement si grand, si profond, si continu, quand des Français, des Anglais, des Allemands, des Espagnols, des Italiens, des Polonais, des Russes même! quand enfin des Européens, des Africains, des Asiatiques et des Américains se voient sans prévention; quand des chrétiens, des juifs, des mahométans et ceux qui n'ont qu'un sentiment religieux sans culte extérieur, se voient, s'estiment réciproquement enfants du même Dieu; quand un si beau mouvement se fait dans l'univers et entraîne tous les hommes les uns vers les autres et les force à s'aimer; comment pourrions-nous, ouvriers laborieux et amis du progrès, y rester étrangers? Cela ne se peut pas. Vous pensez, je le présume, que les hommes de couleur sont hommes comme les blancs? Vous le pensez, n'est-ce pas? répondez-moi, mes amis.

    La moitié de l’assemblée. — Oui, nous le pensons.

    Espagnol. — Vous pensez aussi que chez les Anglais, que chez les Italiens on trouve des hommes comme chez les Français?

    Les trois quarts de l’assemblée — Oui, nous pensons cela aussi.

    Espagnol. — Et ne pensez-vous pas que les pauvres sont hommes comme les riches?

    L'assemblée toute entière. – Pourquoi non? Tous les hommes sont faits, dit-on à l'image de Dieu.

    Espagnol. — En ce cas vous pensez que tous les membres de cette assemblée, que les ouvriers des divers états sont également hommes et ont les mêmes intérêts?

    Toute l’assemblée. — Cela va sans dire.

    Espagnol. — Pensez-vous que nous devons encore nous haïr et nous faire la guerre?

    L'assemblée entière. — Non.

    Espagnol. — Croyez-vous à la possibilité d'une paix et d'un rapprochement entre nous!

    L'assemblée entière. — Oui.

    Espagnol. — Comment devons-nous vivre désormais?

    L'assemblée entière. — En frères.

    Espagnol. — Persévérez, mes chers pays, dans ces généreux sentiments, et nous serons un jour plus heureux, parce que nous serons plus dignes de l’être.

    Après les questions d'Espagnol l'Union et les réponses qui leur furent faîtes, il se fit un bruit sourd, confus, l'oreille ne comprit plus un mot. Mais les yeux virent des Compagnons se serrer la main, d'autres s'embrasser avec transport.

    Un entraînement général, une joie peu commune régnaient dans l'assemblée, le bonheur était là. Le silence se rétablit enfin. Il ne fut pas besoin d'en dire davantage pour éclairer les esprits et détruire les préventions. Chaque membre de l'assemblée était devenu un partisan zélé, un propagateur enthousiaste des idées nouvelles et du rapprochement général. Un dernier discours fut néanmoins prononcé. Il sortit de la bouche d'un charpentier Compagnon Bondrille, nommé Breton Bras de Fer. Le voici:

    «Mes Pays et Coteries, je crois, comme la plupart des Compagnons qui se sont fait entendre, que, pour guérir le mal, il faut en effet le découvrir avec soin, mais sans fausse honte, et présenter un remède salutaire; or, voici qu'elle est ma pensée. Il faut nous séparer, nous répandre sur tous les points de la France et tenir à peu près, chacun à sa Société, le langage suivant: — 0 ma Société, je t'ai servie longtemps, et tu sais que je n'ai jamais manqué de zèle, de franchise, ni de pureté; aucune tache ne salit ma vie, c'est pourquoi j'oserai te tenir un langage nouveau, mais vrai; et si tu sais en faire ton profit, de tous les services que j'ai pu te rendre, ce sera le plus grand. Écoute:

    Tes ennemis ne sont point dans les diverses sociétés de n'importe quels corps d'états; ils sont dans ton sein; tes ennemis sont ceux qui, chargés du soin de te gouverner, de t'administrer, se livrent aux vices, et qui, sous divers prétextes, gaspillent tes finances et troublent ton harmonie.

    Tes ennemis sont ceux qui froids et égoïstes, invoquent cependant ta bienfaisance, et qui, leurs besoins satisfaits, te méconnaissent et te calomnient.

    Tes ennemis sont ceux qui, sans foi, sans probité, sans pudeur, trompent journellement l'honnête homme qui les oblige, et s'en font une gloire scandaleuse. Le châtiment attaché à leurs méfaits retombe, rejaillit sur toi, et ternit ton éclat et ta considération.

    Tes ennemis sont ceux qui ne connaissant que la force brutale, la loi des tyrans, attaquent avec fureur tout Compagnon qui n'est pas de leur Devoir, acte injuste et barbare qui attire des représailles qui t'altèrent, qui t'aigrissent et te remplissent de désordre et de confusion.

    Tes ennemis sont ceux enfin qui, doués d'une certaine manie baroque, se livrent dans leurs chansons furibondes à des insultes, à des attaques grossières contre leurs adversaires qui, de leur côté, répondent par d'autres insultes de la même force et de la même valeur.

    Voilà la cause première du dérèglement des esprits, des discordes, des guerres, des haines profondes qui ne s'éteignent point entre les Sociétés; et puis la plupart de ces fameux poètes, après avoir ainsi prodigué l'insulte, après t'avoir célébrée avec beaucoup d'emphase, après t'avoir dévoué éternellement dans leur sublime galimatias et leur cœur et leur âme, te font banqueroute en se moquant de toi!

    Ouvre les yeux, ô ma Société, agis sur ta conservation; sache que le mal produit le mal, que le bien engendre le bien. Poursuis courageusement, et coupe le mal dans sa racine. Alors tes mœurs deviendront nouvelles, deviendront pures; ton existence s'embellira et n'aura plus de terme.

    Oui, dit le charpentier en élevant sa voix sonore et promenant un regard prophétique sur l'assemblée; oui, quand les sociétés sauront distinguer leurs plus dangereux ennemis, quand elles sauront apprécier leurs véritables intérêts, elles ne tarderont pas à prendre une face nouvelle; alors ces idées extravagantes qui troublent si souvent notre imagination s'effaceront pour faire place à des idées plus douces, plus utiles, plus simples, plus naturelles: notre corps, notre esprit, notre moral y gagneront. L'instruction sera pour nous un besoin, un goût, une passion; et quand après avoir fait notre tour de France nous rentrerons dans nos familles, nos compatriotes diront: — C'est un Compagnon; — ce qui voudra dire: C'est un homme qui sait travailler, raisonner et vivre, et l'on aimera le Compagnon et le Compagnonnage qui l'aura formé.»

    Le charpentier impressionna toute l'assemblée, et il fut applaudi chaudement. Après ce discours les débats furent clos; on délibéra, et tout d'une voix on s'arrêta aux moyens qui parurent les plus convenables à la réussite d'une entreprise si belle.

    Là se termina cette grande conférence, cette espèce de congrès improvisé par le hasard, duquel doit découler un bien incalculable sur le Compagnonnage.

    On a fini par se séparer, par se répandre; on se dirige à la fois sur toutes les grandes villes de France; sous peu les Compagnons de Nantes, de Bordeaux, de Marseille, de Lyon entendront

    1 On pourrait m'accuser de froideur pour ne m'être pas approché plus tôt; mais ceux qui connaissent le Compagnonnage savent bien que je ne pouvais tenter de les séparer sans attirer sur moi les coups de l'un et de l'autre.

    2. Il entend par là l'équerre et le compas.

    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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