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    Dossier: Collectionneur

    Les grands collectionneurs: Durand-Ruel

    Félix Fénéon
    Les grands collectionneurs.

    II. - M.. PAUL DURAND-RUEL.

    ...Il a soutenu des luttes dont l'histoire détaillée prouverait que, quoi qu'on en dise, les temps héroïques ne sont point passés, et que les romans de Balzac ne sont pas invraisemblables. On y verrait, entre autres, ce fait singulier d'un marchand souffrant pour les artistes au triomphe desquels il s'était voué, alors que l'on a, sans doute, vu des artistes souffrant par le marchand, mais jamais pour lui.

    Arsène Alexandre (Pan, nov. 1911).

    « Cette collection impressionniste, ne me félicitez pas de l'avoir réunie, nous dit-il : c'est aux amateurs qu'il faut en savoir gré. D'un peintre donné quels tableaux les rebutent d'abord ? Ceux où abondent ces prétendus défauts qu'on appelle plus tard qualités caractéristiques. Quand j'avais trop longtemps tenu à leur disposition un tableau de cette sorte, impatienté je l'emportais chez moi. D'où la présence ici de tant d'œuvres fortement originales... Dans son logis modeste, mon père eût montré, il y a soixante-dix ans, une collection pas méprisable non plus ; elle concernait les maîtres de 1830, et s'était constituée par le même procédé. »

    Je priai M. Durand-Ruel de pousser plus loin encore dans le passé... Ses biographes, en effet, n'ont guère vu en lui que le défenseur des impressionnistes, — et il avait quarante ans quand eux se manifestèrent. On ne sait rien de ses débuts, rien de l'origine de sa maison... Il se prêta à ma curiosité. Enregistrons ses paroles, sans les rompre par les questions de l'interviewer.

    « -Mon grand-père maternel, François-Hyacinthe Ruel, était notaire à Balgencier, près Toulon, quand votre horrible Révolution éclata. Suspect, il se réfugia en Italie, en 1793, et s'y fixa, complètement ruiné. Plus tard nous le retrouvons secrétaire de Soult, lequel fut, en 1803, parrain de son quatrième enfant. La famille était nombreuse, les ressources restreintes. L'une des filles acheta, 174, rue Saint-Jacques, la papeterie Guillet ; elle épousa son principal commis, Jean-Marie-Fortuné Durand... Des dates? Pourquoi? Vous y tenez?... Attendez que je les retrouve... Voici : Elle, 10 février 1795 à Livourne ; lui, 6 octobre 1800 à Auray, — et c'est de leur union, 20 septembre 1825, que je naquis, à Paris, 31 octobre 1831.

    « Mon père avait annexé à la papeterie un commerce de couleurs, toiles, pinceaux, etc. Ses amis lui en avaient donné le conseil et notamment Marsaud, élève de Charlet, Schroth, qui fut un expert réputé, et Arrowsmith. Cet Arrowsmith a ceci de spécial que c'est lui qui avait déterminé Constable à envoyer au Salon de 1824 ces paysages inattendus dont fut influencé Delacroix ; de plus, il avait ouvert à Paris, rue Saint-Marc, une brasserie hantée par la jeunesse peignante et écrivante ; une salle de cet établissement était dite « Salon Constable » ; des œuvres du beau paysagiste la décoraient. Mon père en acquit là plusieurs. D'autre part, à l'instigation de M. Brown, riche négociant bordelais, collectionneur des aquarelles de Bonington (et père de John Lewis Brown), il fit de la propagande pour les aquarellistes anglais, qui alors pullulaient à Paris.

    « Les peintres ses clients lui donnaient de leurs produits en paiement de fournitures. Lui-même achetait des tableaux : il eut des Decamps, des Charlet, des Cabat, des Flers, des Roqueplan, des Rousseau, des Dupré, etc. ; Corot, Raffet, Gavarni, Marilhat, Troyon, Isabey, Diaz venaient à la maison.

    « En 1833, il confia la papeterie de la rue Saint-Jacques à son commis (à qui il la vendit en 1839) et s'installa rue des Petits-Champs, 103, où son commerce porta exclusivement sur les tableaux et sur les articles nécessaires à leur fabrication.

    « Mme Hulin mourut, sans laisser de successeur... Eh, oui, Mme Hulin... Naturellement, vous connaissez mieux Mme Druet ou Mme Langweil ou même Mlle Weill... Cette Mme Hulin était une marchande de la rue de la Paix ; c'est elle qui, la première, avait acheté Bonington, Delacroix et Géricault... Quand Mme Hulin mourut, — et c'était en 1834, — le nouveau magasin de mon père devint le rendez-vous de quiconque s'intéressait au mouvement des arts.

    « Du reste, les amateurs étaient en petit nombre, et rares les marchands. Pour un trafic si peu lucratif, il n'y avait à Paris, outre la nôtre, que trois maisons : Alphonse Giroux, boulevard de la Madeleine ; Susse, place de la Bourse ; Biraut, rue de Cléry. Encore la peinture n'avaitelle chez eux qu'une place sacrifiée : le premier exhibait surtout bibelots de luxe, objets pour étrennes ; le second était fondeur ; le troisième fabricant de châssis et de chevalets.

    « Si on vendait peu de tableaux, on en louait pas mal. On les louait cinq francs par mois, dix francs, davantage quand il s'agissait d'un artiste en vogue... Ne vous étonnez pas... C'est ainsi... On mettait des tableaux en pension dans les familles... Les jeunes femmes de la bonne bourgeoisie n'avaient pas de vie mondaine : elles jouaient de la harpe, faisaient de la tapisserie ; elles peignaient aussi. Comme elles n'étaient pas ambitieuses d'inventer, elles copiaient. Pour copier, il leur fallait bien un modèle : nous le leur louions. Et aujourd'hui encore on a la surprise de trouver, dans les milieux vieux-bourgeois, tel tableau romantique connu, sans signature : ce n'est pas l'original et ce n'est pas une réplique, - c'est une copie que peignit avec scrupule une jeune fille d'alors.

    « En ces temps lointains, les gens de ma profession n'avaient pas des vendeurs, des archivistes, des caissiers, des scribes. Ils tenaient leur boutique ouverte de sept heures du matin à dix heures et demie ou onze heures du soir, et leur seul collaborateur, le garçon de magasin, se jugeait convenablement rétribué quand, à la fin de chaque journée de travail, on lui mettait trois francs dans la main.

    « Pour protester contre une augmentation de loyer, mon père quitta, en 1843, son rez-de-chaussée des Petits-Champs et passa au 83 de la même rue. Mauvaise idée. Là, il était au premier étage. Il ne voyait guère que ses vieux clients. Parfois il vendait un tableau à un jeune prince qui, trois jours après, venait lui dire combien Louis-Philippe avait été consterné de l'acquisition. Les affaires languissaient. Les peintres se répandaient en doléances. Pour ouvrir de nouveaux marchés, mon père alla solliciter chez eux les vieux collectionneurs belges, hollandais, allemands, russes, — voyages de peu de rapport.

    « En 1846, il loue, au prix, énorme pour l'époque, de quinze mille francs, un magasin boulevard des Italiens, au coin de la rue de Choiseul. Il interrompt mes études au collège Bourbon, pour m'initier à son commerce. Celui-ci renaissait dans ce local propice. La Révolution de 1848 vint tout gâter : quand le 5 % tombe à 40 francs, les rentiers ne se jettent pas sur la peinture.

    « Alors il sous-loue son magasin, cesse ses achats, se remet au commerce de détail et à la location des tableaux. Quant à moi, qui avais tout négoce en aversion, qui rêvais d'être officier ou missionnaire, je réintègre mon ancien collège devenu Condorcet et, en 1851, suis reçu à Saint-Cyr. Je n'y entrai pas, la commission médicale m'ayant jugé trop faible pour le métier des armes. Elle était bien exigeante, - car enfin connaissez-vous un grand capitaine, un seul, qui ait vécu aussi longtemps que moi?... Me revoilà apprenti négociant, mais avec moins de répugnance que naguère : les bons peintres qui s'intéressaient à ma jeunesse m'avaient dessillé les yeux ; je m'étais pris pour l'œuvre de Delacroix d'une admiration qu'égalait seule mon admiration pour Corot.

    « Le calme politique rétabli, les affaires refleurirent. Mais les maisons fondées depuis peu, celles de Francis Petit, Beugniet, Detrimont, Thomas, Cachardy, Febvre, Weyl, qui n'étaient pas absorbées comme nous par les minuties d'un commerce de détail et n'avaient aucun passif, consacraient à des achats fructueux leur activité et leurs ressources ; la maison Goupil elle-même, qui jusque-là se bornait à l'édition et n'achetait que les œuvres qu'elle voulait reproduire, s'était mise au commerce des tableaux.

    « Nous réagîmes de notre mieux contre ces occurrences et contre des difficultés de toute sorte, et, en 1856, nous nous établissions dans des locaux admirablement situés, 1, rue de la Paix, angle de la rue des Capucines. Avec des tableaux dans mes bagages, je vis Lyon et Bordeaux, Bruxelles et Amsterdam, Berlin et Hambourg, Londrés.,Une période prospère s'annonçait. N'en concluez pas qu'une toile se vendît toujours à un prix décent. Cette même année 1856, à la vente Claye, on

    avait un Jules Dupré pour 150 francs ; deux Géricault pour 540 et 40 francs, un Rousseau pour 620. Millet, Diaz, Daubigny, Barye, Daumier étaient toujours à court d'argent. Troyon se vendait parfois bien, souvent mal.

    « A propos de Troyon, ces détails sont-ils connus? Deux de ses élèves l'aidaient, Esbrat et Boudin. Celui-ci exécutait souvent les ciels de Troyon qui disait volontiers : « Ce garçon les brosse mieux que moi. » Esbrat mourut jeune. On fit au profit de sa famille une vente des études qu'il laissait. Troyon, gentiment, les retoucha et, pour qu'elles se vendissent mieux, mit ses initiales à côté de celles d'Esbrat. Peut-être ces dernières ont-elles, dans quelques cas, cessé d'être visibles...

    « Pour soutenir la peinture que nous aimions, j'imaginai d'affecter à son budget, toujours en déficit, les sommes que fournirait la vente, plus commode, de la peinture que nous n'aimions pas. Je faisais, surtout aux approches des Salons, des visites aux ateliers de Cabanel, Baudry, Bouguereau, Delaunay, Emile Lévy, Benouville, Bonnat, Fantin, Brion, Breton, Duran, Henner, Gustave Moreau, Couture, Ziem, Chaplin, Tassaert, Ribot, Roybet, Vollon, Brown, Lépine, Boudin, Cals. Aux étrangers aussi j'achetais de la peinture, - Alfred Stevens, Willems, Krauss, Brendel, Schreyer, Heilbuth, Madrazo. Je cite pêle-mêle tous ces noms disparates : à vous de les répartir entre les deux catégories, - bons, mauvais ; mais ce serait trop tranché : pour être juste, placez-en beaucoup dans une catégorie intermédiaire... J'étais fort lié avec Bouguereau : je n'eus jamais de lui que d'excellents offices ; jusqu'en 1867 ou 1868 et pendant des années, il me donna toute sa production : plus tard, mon goût avoué pour l'impressionnisme lui parut étrange, mais il ne me considéra pas comme un criminel : la dernière fois que nous nous rencontrâmes - c'était à un Salon et Jules Lefebvre l'accompagnait - il me dit avec une tristesse sans aigreur : « Eh bien, cher ami, vous triomphez... »

    « Le 4 janvier 1862, je m'étais marié avec Jeanne-Marie Lafon, fille d'un modeste horloger de Périgueux et nièce de cet Emile Lafon (ami de Louis Veuillot) dont la décoration à Saint-Sulpice fait face à celle de Delacroix. Union de deux familles profondément catholiques. Le 25 novembre suivant naissait mon premier fils, joseph. J'eusse été bien empêché de lui transmettre des goûts commerciaux que moi-même n'avais jamais eu. Ses aptitudes le portaient vers d'autres spéculations, et il était licencié ès lettres quand, sous la pression des circonstances, lui et son frère Georges, actuellement chef de notre succursale de New-York, devinrent, en 1885, mes très précieux collaborateurs. Depuis mon apoplexie de 1913 tout le souci de la firme leur incombe. Mais j'anticipe...

    « Le 19 mars 1865, mon père mourut.

    « Je fis alors avec Brame une longue série d'affaires de compte à demi. Je n'étais pas outillé pour tenir des écritures en règle. Toutefois je notais mes opérations sur un registre (il a, d'ailleurs, disparu pendant la rude crise que j'ai eu à subir de 1873 à 1888 et au delà). Brame, lui, ne tenait pas de livres du tout, se fiant non pas même à sa mémoire, mais à la mienne. Mon manque d'ordre et de régularité comptable était

    invétéré et atavique. (Mon père achetait sans savoir jamais comment il paierait ; au surplus, il payait.) Mais ces façons trop peu administratives, qui étaient sans inconvénient dans unes relations avec Brame, finirent par me causer ennuis et pertes. Je n'étais décidément pas fait pour être commerçant...

    « Nous voilà aux dernières années de l'Empire. Bien des chefs-d'œuvre m'avaient passé dans les mains, et certains d'entre eux plusieurs fois... Vous voulez un exemple?... Au hasard, prenons un Corot, le Lac de Nemi... Voici ses aventures : Acheté 6.000 ; vendu 8.000 ; je le rachète après l'exposition de 1867 ; je le revends 8.000 au baron de Villars, vieux client de mon père ; je le lui rachète 15.000 en 1872 ; je l'envoie en 1873 à l'exposition de Vienne ; il revient invendu ; je le cède à perte. Abrégeons. Il a fait, en dernier lieu, 400.000 francs en vente publique...

    « En 70, à Londres, Daubigny me présenta Claude Monet : « Voilà un jeune homme qui sera plus fort que nous tous. » Et comme, devant ces toiles inhabituelles, j'étais un peu désorienté et hésitais, Daubigny de me dire : « Achetez. Je m'engage à vous reprendre celles dont vous ne vous déferez pas et à vous donner de ma peinture en échange, puisque vous la préférez. » De fait, quand Daubigny mourut, il possédait quantité d'œuvres de Monet ; on les écarta de la vente après décès, ainsi que celles de Monticelli, comme inavouables, et on les liquida ultérieurement en une vente anonyme où leurs enchères varièrent entre 20 et 100 francs.

    « Quelques jours après notre rencontre, Monet m'amenait - c'était encore à Londres - Pissarro et Sisley. Il me fit connaître Renoir à Paris, l'année suivante.

    « Mes rapports avec Edouard Manet ne furent effectifs qu'en 72. Cette année-là, en janvier, je vis deux de ses toiles (le Port de Boulogne au clair de Lune et une nature morte) chez Alfred Stevens qui, par bonne camaraderie, avait accepté de leur chercher acquéreur. D'enthousiasme, je fut cet acquéreur au prix demandé de 800 francs l'une. Et le lendemain, j'allai chez Manet et, séance tenante, lui achetai vingt-trois toiles pour 34 ou 35.000 francs, somme fort honorable alors, mais qui aujourd'hui ne paierait pas suffisamment la moins importante de ces vingt-trois toiles... Que vous êtes curieux !... Oui, en effet, les historiens de l'impressionnisme n'ont jamais su au juste de quoi se constituait ce lot fameux... Et comment se décomposait le total, vous aimeriez le savoir aussi... Justement j'ai reporté ces chiffres en marge de mon exemplaire du livre de Duret, au catalogue de la fin... Je vous prie, prenez dans ma bibliothèque l'Histoire d'Edouard Manet et de son œuvre... Merci... Tenez, voici un crayon... Mais pourrai-je lire mes chiffres? J'écris comme un chat... Allons, je feuillette et vous dicte... Les numéros sont ceux de ce catalogue... Vous y êtes ?



    N° 12. Le buveur d'absinthe . • • • • • • 1.000 fr.
    23. Le guitariste .. 3.000
    29. Le ballet espagnol ...........
    ............ 2.000
    31. La chanteuse des rues ................... 2.000


    32. L'Espagnol (Eugène Manet) 1.500

    37. Mlle V. en costume d'espada 3.000

    51. Le torero mort 2.000

    53. Le buveur d'eau 1.000

    54. Le Christ aux anges 3.000

    63. Le liseur 1.000

    65. Le philosophe 1.000

    66. Le mendiant 1.000

    73. La course de taureaux .. .. 500

    76. L e fifre 1.500

    77. L'acteur tragique (Rouvière) 1.000

    81. Combat du Kearsage et de l'Alabama .. 3.000
    84. Pivoines „ ., ., 400
    88. La femme au perroquet 1.500
    95. Le chiffonnier 1.000
    115. La jetée de Boulogne 500
    117. Une plage 500
    125. Le repos (Mme Morisot) 2.500
    138. Le port de Bordeaux 600



    « Quelques jours après, je retournai chez Manet. Il avait fait rentrer à l'atelier divers tableaux en dépôt là ou là. Pour 16.000 francs, je lui en pris plusieurs, parmi lesquels

    N° 16. La musique aux Tuileries 2.000 fr.
    41. L'enfant à l'épée 1.500
    96. Les bulles de savon 600
    114. Le départ d'un steamer 1.000
    116. L'estacade de Boulogne 1.000
    145. Le port de Calais 1.000




    « Cependant, ma passion pour les maîtres de la nouvelle école faisait esclandre. Mes plus utiles clients cessèrent net de paraître dans ma maison où on les outrageait par des spectacles scandaleux. Et comme je m'obstinais à acheter les peintres réprouvés, ce fut, une fois de plus, la ruine. En 1884, il y eut liquidation à l'amiable (Heureusement j'avais un ami en chacun de mes créanciers.) Je devais des millions. Je mis dix ans, de 1884 à 1894, à les payer. Enfin, les maîtres impressionnistes triomphaient comme avaient triomphé ceux de 1830. Ma folie avait été sagesse. Dire que si j'étais mort à soixante ans, je mourais criblé de dettes et insolvable, parmi les trésors méconnus... »

    Quatre-vingt-neuf ans et cette conversation si longue n'avaient pas abattu Paul Durand-Ruel. Mais pourquoi l'aurais-je interrogé sur les épisodes de cette dernière partie de sa carrière? Tant bien que mal ils sont connus de nos lecteurs. C'eût été abuser de sa bonne grâce.

    B V A, 15 avril 1920.




    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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