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    Dossier: Cachemire

    Espoir de paix au Cachemire?

    Pierre Beaudet
    Depuis 40 ans, le Cachemire, un petit territoire coincé entre l'Inde et le Pakistan, est le théâtre d'un violent conflit. La population locale, majoritairement musulmane, réclame une autonomie que Delhi lui refuse. Les Cachmiris sont donc divisés entre partisans d'une lutte à finir contre l'Inde et modérés, qui voudraient plutôt négocier et éviter
    une sécession dans la violence. De son côté, le Pakistan s'efforce d'exercer son influence en manipulant certains groupes cachmiris qu'il fournit en armes et équipements. Bref, il s'agit d'une situation explosive, dont les répercussions pourraient être immenses. Comme on sait, tant le Pakistan que l'Inde disposent d'armes nucléaires, ainsi que de missiles et d'armements de toutes sortes. Une confrontation entre les deux pays pourrait facilement dégénérer en un conflit d'une
    envergure mondiale.
    Guerre ou paix?

    Depuis juillet dernier, des négociations sont en cours pour trouver une solution à la crise qui perdure au Cachemire. Le principal groupe d'opposition armé, les Moudjahidin du Hizbul, a annoncé un cessez-le-feu. Le gouvernement indien pour sa part a affirmé qu'il était prêt à des négociations, ce qui a créé un prudent optimisme parmi les groupes concernés, y compris, la Conférence nationale du Cachemire (All Party Hurriyat Conference), qui regroupe la majorité des groupes cachmiris.

    Mais en août, la situation s'est à nouveau détériorée. Plus de 100 personnes, surtout des Indiens (la population du Cachemire est composée de 10% d'Indiens et de 90% de Cachmiris), ont été tuées. Selon les observateurs, ce sont des groupes opposés aux négociations qui sont responsables. Entre-temps, le Hizbul comme le gouvernement indien affirment vouloir maintenir le cessez-le-feu. À Delhi, le gouvernement affirme qu'il n'insiste plus pour que les négociations se tiennent dans le cadre de la constitution indienne. Les Moudjahidin pour leur part disent ne plus exiger un référendum, une revendication historique du mouvement cachmiri. La question est donc posée de savoir si l'amorce de négociations peut mener à une solution durable ou si, au contraire, la crise va perdurer au Cachemire.

    Répressions, violences, impasses politiques

    Depuis longtemps, le Cachemire vit sous la chape de plomb de la répression indienne. Plus de 500,000 soldats occupent le territoire. Durant les 10 dernières années, au moins 20,000 personnes ont été tuées. Plusieurs dizaines de milliers d'autres ont été arrêtés, la plupart du temps sans procès ni accusation, et souvent dans des conditions de détention horribles (utilisation courante de la torture, mauvaises conditions sanitaires, etc.). La répression s'est envenimée davantage lorsque le gouvernement indien a commencé à utiliser des supplétifs cachmiris, souvent des «repentis» des groupes armés transformés en milices au service de l'armée indienne. En fait, la vie quotidienne pour une très grande partie de la population s'est pratiquement arrêtée, créant un appauvrissement massif et la désintégration des structures sociales.

    Pendant ce temps, le processus politique reste paralysé. Tout au long des années 80, les élections locales se sont déroulées au Cachemire dans des conditions ne permettant pas réellement l'exercice des droits politiques (détention des candidats, manipulation du scrutin et des médias, etc.). Le gouvernement local, dirigé par Farooq Abdullah, peu crédible aux yeux de la population, n'a même pas obtenu de concessions de la part de Delhi, à chaque fois qu'il a réclamé l'assouplissement des mesures de répression, ce qui a contribué largement à discréditer aux yeux de l'opinion les tenants d'une solution négociée pour le Cachemire. Ce déficit démocratique s'est accompagné d'une croissance de corruption et de malgestion généralisées.

    Dans un effort pour regagner une partie du terrain perdu, Farooq Abdullah a tenté de rouvrir un espace de négociations à partir d'une résolution votée par l'Assemblée législative du Cachemire, demandant tout simplement la restauration du statut d'autonomie d'avant 1953. Mais aussitôt, Delhi a rejeté cette résolution sans la moindre discussion. Pour Delhi, le prétexte est facile: les revendications autonomistes du Cachemire sont manipulées par le Pakistan et conduiront à la sécession du territoire, éventuellement à son annexion par le Pakistan. La population locale par contre voit les choses différemment. Les Cachmiris veulent la reconnaissance de leurs droits nationaux et de façon générale, une large autonomie politique et culturelle. Il est vrai par contre qu'une minorité, appuyée en sous-mains par le Pakistan, veut plutôt la sécession du territoire.

    Au-delà du cessez-le-feu

    C'est dans ce sens qu'on peut s'interroger sur le sens des récents pourparlers qui ont mené le Hizbul à décréter un cessez-le-feu. De toute évidence, Delhi ne considère pas le processus en cours comme un dialogue entre «égaux». L'idée semble plutôt de coopter l'opposition armée, en partie pour diviser encore davantage les Cachmiris. Certes, si on ne met pas un terme aux hostilités, il ne sera même pas possible de s'engager sur la voie de la paix. Mais il faut que le processus de paix soit transparent et surtout inclusif. Les diverses organisations politiques, et pas seulement le Hizbul, doivent participer.

    De plus, les pourparlers ne devraient pas demeurer confinés aux modalités du cessez-le-feu. L'ordre du jour des pourparlers doit être rapidement élargi pour inclure les violations des droits humains et l'avenir politique du Cachemire. Parallèlement, pour aboutir à une véritable paix, le Pakistan devrait prendre part aux négociations, vu qu'il est partie prenante dans cette guerre.

    On est donc encore loin du compte, car pour le moment, c'est la logique militaire qui prévaut, privilégiant les négociations secrètes et les «deals» plutôt que des solutions politiques durables. Les militants du Hizbul réagissent d'ailleurs de la même façon, ayant de la difficulté à rompre avec la logique du militarisme et à reprendre la voie démocratique. La paix ne pourra pas être maintenue sans la réconciliation. Celle-ci requiert que les deux côtés regardent ensemble la vérité en face, peu importe ses laideurs. Les victimes doivent sentir qu'elles ont été entendues, qu'elles connaissent la vérité sur ce qui leur a été fait et qui l'a fait. Les auteurs doivent reconnaître leurs erreurs et demander pardon. C'est alors seulement qu'ensemble ils pourront espérer construire un avenir meilleur.
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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