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    Dossier: Biodiversité

    Les espèces étrangères menacent les écosystèmes

    Renée Wissink
    Texte paru dans Sauvegarde. Bulletin sur les espèces en péril, no 16, juin 2000 (Environnement Canada, Service canadien de la faune)

    Sauvegarde est un périodique distribué gratuitement et contient des renseignements et des articles sur les espèces en péril. Le contenu peut être reproduit sans autorisation [...].
    Que partagent Terre-Neuve et les îles de la Reine-Charlotte (Haida Gwaii) en Colombie-Britannique? À première vue, très peu! Séparés par sept mille kilomètres, ces deux archipels sont situés au large du continent; un est boréal, l’autre, une forêt pluviale tempérée. À comparer leur flore, par exemple l’épinette noire à lente croissance de Terre-Neuve et les géantes épinettes de Sitka de la Colombie-Britannique, les différences sont plus qu’évidentes.

    Cependant, les deux archipels ont une caractéristique inquiétante en commun. Les deux sont susceptibles à l’invasion d’espèces étrangères et fait alarmant les deux peuvent se trouver devant une «invasion destructrice».

    Le terme « invasion destructrice » est un néologisme signifiant les interactions cumulatives de chaque vague successive d’espèces étrangères réussissant à s’établir et profitant de l’introduction de la vague précédente. La région des Grands Lacs en est un exemple. Dès l’introduction et l’établissement de la moule zébrée (Dreissena polymorpha), d’autres espèces pontocaspiennes apparentées, comme le gobie à taches noires (Neogobius melanostomus), arrivé lui aussi dans l’eau de ballast de navires, ont trouvé un environnement favorable à leur établissement.

    Les espèces envahissantes ainsi que la destruction de l’habitat sont considérées comme une des grandes causes de la disparition d’espèces et des changements écosystémiques. Selon de nouvelles observations, Terre-Neuve et Haida Gwaii sont des exemples d’écosystèmes insulaires qui sont de plus en plus vulnérables aux effets de telles invasions. Par exemple, dans le cadre du programme de rétablissement de la martre d’Amérique (Martes americana atrata) (population de T.-N.), des étudiants effectuant une enquête pendant l’été de 1999 sur les petits mammifères vivant près de Little Grand Lake ont trouvé une espèce qu’ils étaient incapables d’identifier. Cette espèce s’est révélée être le campagnol à dos roux de Gapper (Clethrionomys gapperi). On ne sait pas comment ce campagnol s’est rendu à Terre-Neuve à partir du continent, mais les spécialistes prédisent qu’il s’y portera fort bien et qu’il exercera des pressions sur l’écosystème naturel insulaire.

    Certaines espèces, telles que le lièvre d’Amérique (Lepus americanus) à Terre-Neuve, ont été délibérément introduites, alors que d’autres, comme le rat surmulot (Rattus norvegicus), passager clandestin des navires se rendant à Haida Gwaii, y ont été transportées involontairement. Quoiqu’il en soit, près de la moitié des mammifères vivant dans les deux archipels ne sont pas indigènes. Sur les deux îles, des herbivores introduits, le cerf de Sitka (Odocoileus hemionus sitkensis) à Haida Gwaii et l’orignal à Terre-Neuve, modifient les tendances de la succession. Le broutage a aussi modifié la diversité structurelle du sous-étage des deux écosystèmes, à tel point que certains passereaux ont de la difficulté à trouver des sites de nidification à l’abri des écureuils roux (Tamiasciurus hudsonicus), prédateurs notoiresdes nids, introduits dans les deux archipels. Les visons introduits à Terre-Neuve font que le rat musqué indigène devient rare, alors que les ratons laveurs introduits à Haida Gwaii dévastent les colonies d’oiseaux de mer qui nichent au sol, tels que le Guillemot à cou blanc (Synthliboramphus antiquus) désigné préoccupant au plan national.

    Selon les connaissances conventionnelles, il y a moins d’espèces sur les îles que sur le continent. Les îles sont en fait des foyers d’évolution et elles assurent de grands bienfaits à la biodiversité. Les scientifiques ont calculé que si la terre émergée de notre planète ne formait qu’un seul supercontinent, il n’y aurait alors qu’environ 2 000 espèces de mammifères. À cause de la ségrégation physique qui découle en grande partie des îles de taille et de degré d’isolement divers, le nombre réel de mammifères est beaucoup plus élevé. Si nous considérons que l’intégrité écologique des écosystèmes insulaires sans pareils, tels que Haida Gwaii et Terre-Neuve, est importante, nous devons alors mieux connaître l’écologie, agir de façon responsable et adopter une loi complète assurant la protection de la biodiversité. Les introductions, comme les disparitions, sont pour toujours.

    Source

    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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    L'auteur

    Renée Wissink
    Renée Wissink est une écologiste des parcs et travaille pour le parc national Terra Nova de Terre-Neuve (Canada).
    Mots-clés
    parasitisme, Terre-Neuve, animal
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