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    Dossier: Attention

    La mystérieuse alchimie de l'âme

    Émile Robichaud
    Le point de vue d'un non-conformiste sur l'éducation.
    Les états généraux sur l'éducation qui s'annonce ne manqueront pas de nous amener à nous reposer LA question à laquelle nous ne trouverons jamais de réponse définitive - celle de la «formation». Il s'agit, en fait, d'un défi qu'ont essayé de relever tous les éducateurs dignes de ce nom: comment concilier «instruction» et «éducation»? Que faut-il enseigner ? Quelles sont les disciplines fondamentales et quelle importance faut-il leur accorder dans les programmes d'études? Et, autre question tout aussi complexe, quelle part faut-il faire à l'aspect «social»? Jusqu'à quel point l'école doit-elle donner suite à toutes les requêtes qui lui sont faites de satisfaire tel et tel «besoin» immédiat, suscité souvent par l'actualité, par les idées à la mode, par la volonté de «démocratiser», «d'actualiser» cette institution sur laquelle tout un chacun voudrait bien exercer une influence plus ou moins pertinente.

    John Henry Newman a, me semble-t-il, apporté une réponse claire à toutes ces questions quand il a écrit, dans L'idée d'université (huitième conférence): «La formation de l'intelligence, qui est la meilleure pour l'individu pris en lui-même, est aussi celle qui met le mieux en état de remplir ses devoirs envers la société». Beaucoup d'éducateurs ont oublié cette grande vérité. Assaillis par les mises en demeure péremptoires qui leur sont faites de «s'adapter aux réalités nouvelles», ébranlés par «la pédagogie du vécu», ils en viennent à se demander en quoi la discipline qu'ils enseignent peut bien rendre service à des jeunes aux prises avec tous les problèmes que vit notre société. À tous ces éducateurs, Simone Weil a apporté le plus bel encouragement à tenir bon:

    «Si l'on cherche avec une véritable attention la solution d'un problème de géométrie, et si, au bout d'une heure, on n'est pas plus avancé qu'en commençant, on a néanmoins avancé, durant chaque minute cette heure, dans une autre dimension plus mystérieuse. Sans qu'on le sente, sans qu'on le sache, cet effort en apparence stérile et sans fruit a mis plus de lumière dans l'âme.»

    Et elle ajoute:

    «Ainsi il est vrai, quoique paradoxal, qu'une version latine, un problème de géométrie, même si on les a manqués, pourvu seulement qu'on leur ait accordé l'espèce d'effort qui convient, peuvent rendre mieux capable un jour, plus tard, si l'occasion s'en présente, de porter à un malheureux, à l'instant de sa suprême détresse, exactement le secours susceptible de le sauver.1»

    Nous voilà fort éloignés d'une pédagogie étroitement béhavioriste, d'une pédagogie obsédée par l'immédiat, par l'unique mesurable. Newman et Simone Weil nous convient, chacun à sa façon, à réfléchir à cette mystérieuse alchimie de l'âme qui donne un sens aux gestes les plus humbles des éducateurs qui savent voir, au-delà des apprentissages formels celui, beaucoup plus large et beaucoup plus riche, de la lente ouverture à la complexité des êtres et des choses.

    Note

    1. Simone Weil, Attente de Dieu, Le livre de poche p. 87, 88 et 97.
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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