• Encyclopédies

      • Encyclopédie de l'Agora

        Notre devise: Vers le réel par le virtuel!


      • Encyclopédie sur la mort

        L’encyclopédie sur la mort veut s'intéresser à ce phénomène sous ses multiples aspects et ses diverses modalités.


      • Encyclopédie Homovivens

        Encyclopédie sur les transformations que l'homme opère en lui-même au fur et à mesure qu'il progresse dans la conviction que toute vie se réduit à la mécanique.


      • Encyclopédie sur l'inaptitude

        Tout le monde en conviendra : c'est au sort qu'elle réserve aux plus vulnérables de ses membres que l'on peut juger de la qualité d'une société. Aussi avons-nous voulu profiter ...


      • Encyclopédie sur la Francophonie

        L'Encyclopédie de la Francophonie est l'une des encyclopédies spécialisées qui se développent parallèlement à l'Encyclopédie de l'Agora.

  • Dictionnaires
  • Débats
      • Une solidarité rajeunie: sens de la grève étudiante

        Une solidarité rajeunie Débat sur le sens de la grève des étudiants du Québec Notre point de départ nous le trouvons dans le site de La Classe : «Ce serait effectiv...

      • L'homme, la nature, la techique

        Réflexions inspirées de Bernard Charbonneau et Jacques Ellul, avec la collaboration de l'Association Aquitaine B.Charbonneau J.Ellul, sous la présidence de Sébastien Mor...

      • Les sommets de la terre

        Le Sommet de Rio, qui s'ouvrira le 20 juin, s'inscrit dans une histoire qu'il faut connaître pour bien comprendre les enjeux actuels..En 1952, eut lieu à Québec l'un des événements qui préfigurèren...

  • Sentiers
      • Les sentiers de l'appartenance

        L'appartenance c'est le lien vivant, la rencontre de deux Vies : la nôtre et celle de telle personne, tel  paysage...Quand la vie se retire, le sentiment d'appropriation se substitue au sentim...

      • Le sentier des fleurs sauvages

        Nous sommes des botanistes amateurs. Notre but est de partager un plaisir orienté vers une science complète où le regard du poète a sa place à côté de celui du botaniste, du généticien, du gastrono...

  • Édition


La lettre de L'Agora
Abonnez-vous gratuitement au bulletin électronique. de L'Agora.
Si l’Encyclopédie de l’Agora demeure progressiste, c’est dans un nouveau sens du mot progrès, fondé sur la science réparatrice et sur le principe de précaution.
Média social:
Facebook:


Flux RSS:

Dossier: Amérique

L'Amérique

Louis Fréchette
Quand, dans ses haltes indécises,
Le genre humain, tout effaré,
Ébranlait les vastes assises
Du monde mal équilibré;


Étouffant les vieilles doctrines,
Quand le ferment des jours nouveaux
Montait dans toutes les poitrines,
Et germait dans tous les cerveaux;


Quand l'homme, clignant la paupière
Devant chaque rayon qui luit,
De son crâne frappait la pierre
Qui toujours retombait sur lui;


Quand le siècle, dans son délire,
Passant la main sur son front nu,
Désespéré, tâchait de lire
Le problème de l'inconnu;


Quand, sentant sa décrépitude,
Enfin, l'univers aux abois
De l'éternelle servitude
Songeait à secouer le poids;


Sous ta baguette qui féconde,
Colomb, puissant magicien,
Tu fis surgir le nouveau monde
Pour rajeunir le monde ancien.


Oui, l'humanité vers l'abîme
Marchait dans l'ombre en chancelant,
Lorsque, de ton geste sublime,
Tu l'arrêtas dans son élan.


Tu lui montrais, comme Moïse,
Au bout de ton doigt souverain,
La moderne terre promise
Un univers vierge et serein!


Hémisphère aux rives sauvages,
Étalant, comme l'Hélicon,
Libre des antiques servages,
Sous l'oeil des cieux son flanc fécond.


Oui, toute une moitié du globe
Dénouant, spectacle inouï,
Les plis flamboyants de sa robe
Aux yeux du vieux monde ébloui!


Quel moment! quelle phase immense !
Ce pas, marqué par Jéhova,
C'est tout un passé qui s'en va,
Tout un avenir qui commence!


II


Amérique! - salut à toi, beau sol natal !
Toi, la reine et l'orgueil du ciel occidental !
Toi qui, comme Vénus, montas du sein de l'onde,
Et du poids de ta conque équilibras le monde!


Quand, le front couronné de tes arbres géants,
Tu sortis, vierge encor, du sein des océans,
Fraîche, et le sein baigné de lueurs éclatantes;
Quand, secouant leurs flots de lianes flottantes,
Tes grands bois ténébreux, tout pleins d'oiseaux chanteurs,
Imprégnèrent les vents de leurs âcres senteurs;
Quand ton mouvant réseau d'aurores boréales
Révéla les splendeurs de tes nuits idéales;
Quand tes fleuves sans fin, quand tes sommets neigeux,
Tes tropiques brûlants, tes pôles orageux,
Eurent montré de loin leurs grandeurs infinies,
Niagaras grondants! blondes Californies !
Amérique ! au contact de ta jeune beauté,
On sentit reverdir la vieille humanité !


Car ce ne fut pas tant vers des rives nouvelles
Que l'austère Colomb guida ses caravelles,
Que vers un port sublime où tout le genre humain
Avec fraternité pût se donner la main;
Un port où l'homme osât, sans remords et sans crainte,
Vivre libre, au soleil de la liberté sainte!


C'est ce port idéal que Colomb a trouvé.
Mais qui croira jamais que Colomb ait rêvé
Les bienfaits infinis dont il dotait notre ère?
Ah non ! même en luttant contre le sort contraire,
Raillé par l'ignorance, en butte au préjugé,
Rebuté mille fois, jamais découragé,
Ce Génois immortel ou ce Corse sublime
Entrevoyait à peine une lueur infime
– Quand à San Salvador il pliait les genoux –
Du radieux soleil qu'il allumait pour nous.


Le héros, qui rêvait d'enrichir un royaume,
De l'immense avenir ne vit que le fantôme.
Sans doute il savait bien qu'un éternel fleuron
Dans les âges futurs brillerait à son front,
Que des peuples entiers salueraient son génie;
Mais Colomb, en cherchant la moderne Ausonie,
Ne fut – le fier chrétien en fit souvent l'aveu –
Qu'un instrument passif entre les mains de Dieu;
Et, quand il ne croyait que suivre son étoile,
La grande main dans l'ombre orientait la voile !


III


Oh ! qu'ils sont loin, ces jours où le globe étonné
Écoutait, recueilli, d'un monde nouveau-né
L'hymne d'amour puissant et calme,
Et voyait, au-dessus de l'abîme béant,
L'Amérique à l'Europe, à travers l'océan,
Des temps nouveaux tendre la palme !


Que de grands buts atteints, d'horizons élargis,
De chemins parcourus, depuis que tu surgis,
Terre radieuse et féconde,
Au bout des vastes mers comme un soleil levant,
Et que ton aile immense, ouverte dans le vent,
Doubla l'envergure du monde !


Qu'il est beau de te voir, en ta virilité,
Aux antiques abus offrir la liberté
Pour contrepoids et pour remède,
Et, vers chaque progrès les bras toujours ouverts,
Tout entière au travail, remuer l'univers
Avec ce levier d'Archimède !


Amérique, en avant! prodigue le laurier
Au courage, au génie, à tout mâle ouvrier
De l'oeuvre civilisatrice.
Point de gloire pour toi née au bruit du canon!
Ce qu'il te faut un jour, c'est le noble surnom
De grande régénératrice !


Alors le monde entier t'appellera : – ma soeur.
Et tu le sauveras ! car déjà le penseur
Voit en toi l'ardente fournaise
Où bouillonne le flot qui doit tout assainir,
L'auguste et saint creuset où du saint avenir
S'élabore l'âpre genèse !
Date de création:2012-04-01 | Date de modification:2012-04-01
Loading
Informations
L'auteur

Louis Fréchette
Poète québécois.
Extrait
Amérique! - salut à toi, beau sol natal ! Toi, la reine et l'orgueil du ciel occidental ! Toi qui, comme Vénus, montas du sein de l'onde, Et du poids de ta conque équilibras le monde!
Documents associés
Jean-Pierre Bonhomme
Amérique du Nord, expédition Lewis & Clark, exploration de l'Ouest américain, La Vérendrye, Père Marquette
Pierre Vadeboncoeur
Québec, politique, Canada, indépendance

Contribuez au rayonnement des oeuvres de l'Agora/Homo vivens en devenant membre ou en faisant un don.