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    Dossier: Alimentation

    Le carroussel des éléments nutritifs

    Fernand Séguin
    Dans ce qui est présenté au public comme les sciences de l'alimentation, les modes se suivent et se ressemblent toutes: la dernière venue invalide les précédentes.
    Semblables à ces chevaux de bois qui, dans les manèges, font inlassablement leur tour de piste, les éléments nutritifs de notre alimentation reviennent périodi-quement à l'avant-scène, et chaque fois volent la vedette à leurs prédécesseurs.
    Dans les années trente, c'étaient les vitamines, récemment découvertes. On sait qu'elles sont nécessaires en très petite quantité, et qu'on les trouve en proportion suffi-sante dans une alimentation normale, bien équilibrée, à base de pain, de viande, de poisson, de légumes et de fruits frais, ainsi que de produits laitiers pour les vitamines A et D. Lorsque la publicité s'en est emparée, elle a prôné des suppléments vitaminiques qu'il fallait ingurgiter à tout prix, sous le prétexte fallacieux que, si c'était bon à petite dose, c'était encore meilleur à haute dose. Il en est résulté quelques cas d'intoxication par hypervitaminose, surtout pour la vitamine D, et beaucoup de gaspillage. Quant à la vitamine C, qui devrait inspirer la même prudence, et que certaines personnes consomment à dose massive, c'est une autre histoire qu'il faudra bien raconter un jour.
    Après les vitamines vint le tour des éléments minéraux: le fer pour le sang, le phosphore pour le cerveau, le calcium pour les os, et puis les oligo-éléments, dont les vertus étaient d'autant plus célébrées qu'elles demeuraient mystérieuses. Leur vogue s'est estompée: on ne voit plus les réclames des «pilules rouges pour les femmes pâles et faibles», qui ne contenaient, à part le colorant symbolique, que du sulfate de fer à peu près impossible à assimiler. Le phos-phore (ou plutôt le phosphate) est disparu de nos préoc-cupations, mais on le trouve heureusement dans tous les tissus animaux ou végétaux que l'on ingère. L'alimentation normale fournit tous les oligo-éléments minéraux, dont on retrouve la liste en supplément sur presque toutes les boîtes de céréales, alors que les fabricants devraient plutôt chiffrer le sucre dont certaines sont bourrées.
    Glissons rapidement sur le cholestérol, le méchant cholestérol responsable de tous nos maux vasculaires, dont on avait oublié qu'il est synthétisé normalement par l'or-ganisme, même si on s'abstient d'en manger. Surprises du tour de piste: on est en train de le réhabiliter avec d'infinies précautions.
    Il faut quand même dire un mot des fibres alimentaires, des fibres végétales bien sûr, qui ne faisaient pas partie du manège il y a quinze ans et que l'on a mises en piste en affirmant qu'elles protégeaient l'organisme contre le cancer du côlon. On n'en est plus bien sûr, mais, en vertu de la philosophie précédente, on estime qu'il vaut mieux en avoir trop que pas assez. C'est ainsi que l'on a pu voir dans nos journaux le nom de la compagnie Kellogg's, multinatio-nale de la céréale à fibres, associé à celui de la Société canadienne du cancer, dans une publicité conjointe, à l'imitation de ce qui se fait aux États-Unis. Soyons néan-moins indulgents puisque les fibres végétales, si elles ne possèdent aucune valeur nutritive pour l'espèce humaine, entraînent, par leur volume, une meilleure élimination intestinale.
    Dans ce carrousel étourdissant pour ceux qui l'enfour-chent, le plus récent cheval de bataille, c'est le calcium, évidemment nécessaire à la croissance et au maintien de la structure osseuse, et dont la principale source alimen-taire se trouve dans le lait et dans les produits laitiers. Or, à mesure que l'on avance en âge, les os perdent de leur calcium, deviennent friables et sont sujets à des fractures. Cette déperdition osseuse, connue sous le nom d'ostéo-porose, est particulièrement répandue chez la femme après la ménopause.
    Il y a quelques années s'est établi un consensus au sein des chercheurs réunis par les Instituts américains de la santé. On conseillait de donner aux femmes ménopausées des suppléments quotidiens de calcium (de 1 Ot70 à 2 000 mg par jour) afin de prévenir la perte calcique. La publicité s'en est mêlée et tout le monde s'est mis aux comprimés de calcium.
    Au récent congrès de la Société américaine de recherches osseuses et minérales, on a présenté des études qui viennent infirmer tout ce qui avait été dit: les suppléments alimentaires de calcium n'ont aucune influence sur la déperdition osseuse; celle-ci ne dépend pas tellement du calcium que du niveau d'oestrogènes sanguins, lequel, on le sait, diminue après la ménopause. C'est donc des oestrogènes qu'il faudrait administrer, plutôt que du calcium, dont l'excès risque d'ailleurs de provoquer des calculs rénaux ainsi qu'une insuffisance de vitamine D. Ces travaux américains et danois ont été corroborés par des travaux similaires aux États-Unis, en Hollande et en Suisse.
    Le cheval calcium va-t-il disparaître du carrousel? Bien malin qui pourrait le prédire car, après avoir enfourché le cheval (ou plutôt la jument) des oestrogènes, on s'est inquiété de leur potentiel cancérigène. Aux dernières nouvelles, on diminue les doses d'oestrogène, mais on maintient le calcium, à tout événement. On finira peutêtre par reconnaître la vanité de vouloir lutter contre les inconvénients irréversibles de la vieillesse.
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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