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    Dossier: Agriculture biologique

    Tableau de l'agriculture biologique dans les cinq continents

    Josette Lanteigne
    Le jardin écologique est une manière de faire de l'agriculture biologique.
    Tiré du magazine L'Agora, La planète agricole, vol 8, no 3, juin-juil. 2001.
    Surface totale des terres consacrées à l'agriculture biologique: 15.67 millions d'hectares

    Océanie 7.6 mio ha
    Europe 3.7 mio ha
    Amérique latine 3.2 mio ha
    Amérique du Nord 1.1 mio ha
    Asie .05 mio ha
    Afrique .02 mio ha

    Abréviation: millions d'hectares; l'hectare équivaut à dix mille mètres carrés.
    Source: Helga Willer et Minou Yussefi, Organic Agriculture Worldwide 2001, fondation allemande pour l'écologie et l'agriculture, Stiftung Ökologie & Landbau (SÖL), membre de la Fédération Internationale des Mouvements d'Agriculture Biologique (IFOAM).

    Dans ce tableau, l'Océanie (qui comprend l'Australie, la Nouvelle-Zélande et les îles de Mélanésie, Micronésie et Polynésie) apparaît comme chef de file du mouvement, avec 7 670 689 hectares de terre organique exploitable. Cependant, comme il s'agit souvent de pâturages libres de toute exploitation intensive, 1 hectare de terre organique en Australie ou en Nouvelle-Zélande n'est en rien comparable à 1 hectare cultivé au Danemark, par exemple, où le niveau de productivité est beaucoup plus élevé. Aussi, paradoxalement, le continent qui comporte le plus de terres organiques au monde est loin d'être celui où le marché des produits biologiques est le plus développé, bien que la situation pourrait changer du fait d'une augmentation de la demande depuis 1990, à l'intérieur comme à l'extérieur.

    En Australie, la proportion des produits organiques dans le marché global des produits alimentaires se limite encore à 1 %, en dépit du soutien financier accordé par le gouvernement (qui a vu dans l'augmentation de la demande de produits biologiques l'occasion de favoriser le commerce extérieur) à l'agriculture biologique. Les chaînes de supermarchés et les multinationales tentent également de profiter honnêtement de la situation en offrant aux consommateurs de plus en plus de produits organiques.

    Si on tient compte du facteur de la productivité des terres, l'Europe est probablement la championne mondiale de la culture biologique. Depuis le début des années 90, presque tous les pays concernés ont connu une augmentation du nombre des fermes organiques.

    source: Organic Agriculture Worldwide 2001.

    Au début de l'an 2001, 3.7 millions d'hectares étaient sous le contrôle de 130 000 fermes, ce qui représente environ 2 % de toute la surface cultivée. Entre 1986 et 1996, le pourcentage des terres exploitées suivant les principes de l'agriculture biologique a connu une augmentation annuelle de 30 %. Il y a cependant des différences importantes d'une contrée à l'autre: en Autriche, l'agriculture biologique rejoint presque 10 % des terres cultivées, et le Lichtenstein, plus de 17 %. En Allemagne, seulement 2.6 % des terres sont cultivées suivant les principes de l'agriculture biologique (cette situation pourrait changer avec l'arrivée à la tête du ministère de l'Agriculture de Renate Künast, ex-présidente du mouvement des Verts). C'est pourtant l'Allemagne qui obtient les meilleurs résultats, en termes absolus, du côté du marché des produits bio. Toutefois, c'est au Danemark et en Suède qu'on trouve la plus forte croissance de secteur agricole.


    source: Organic Agriculture Worldwide 2001.

    De la terre à l'assiette

    La manière dont se fait le passage des produits de la ferme à l'assiette des consommateurs varie d'un pays européen à l'autre. En Allemagne, les magasins spécialisés ont contrôlé le marché pendant longtemps, avant de commencer à céder du terrain à la grande distribution. En Grande-Bretagne, au Danemark et en Suisse, la production s'est retrouvée très tôt concentrée dans les grandes surfaces. Et c'est dans les pays où les aliments biologiques sont vendus dans des supermarchés que le taux de croissance et la part du marché global de l'alimentation sont les plus élevés. Naturellement, les tableaux ne disent rien des pertes nutritives que les aliments biologiques subissent lorsqu'on les introduit dans un supermarché: on sait par exemple que sous l'éclairage au néon, une fève verte perd sa teneur en vitamine C en 15 minutes.

    C'est à l'Italie que revient la palme agri-bio: «En moins de 10 ans, l’Italie est passée au 1er rang de l’agrobiologie en Europe, avec près de 50 000 exploitations en agriculture biologique sur les 105 000 que compte la Communauté européenne.» (Magazine Pro-Natura, janvier 2001). Pourquoi elle? Les chroniqueurs et chercheurs se sont penchés sur la question, allant jusqu'à douter des données qu'on leur fournissait. Pourtant, c'est en Italie qu'est né, en 1986, le mouvement Slow Food, en réaction contre le fast food. Comme explications, on avance également le mouvement coopératif, plus important qu'ailleurs (un quart de la population agricole communautaire est italien, et on sait que l'agriculture biologique exige une main-d'œuvre plus importante que l'agriculture industrielle), et les subventions accordées par l'État, même si la plupart des producteurs concernés affirment que leur motivation est surtout liée aux prix de vente plus élevés en agriculture biologique.

    L'Italie n'échappe pas à la règle qui veut que le Sud produise alors que le Nord commercialise et consomme. Mais la situation est moins révoltante qu'en France, où la région parisienne, qui compte 1/6e de la population française, consommerait 1/3 de la production biologique nationale: «Le bio en Île-de-France est un véritable phénomène de société et une mode, dont la première conséquence est la cherté des produits, associés désormais à une image chic […] La production biologique régionale quant à elle est largement marginale: on dénombre à peine 43 exploitations, ce qui représente moins de 0.12% des surfaces en agriculture biologique en France» (Magazine Pro-Natura, avril 2001). La France a pourtant déjà été considérée comme le leader de l'agriculture en Europe, et le plan quinquennal de développement et de promotion de l'agriculture biologique mis en place en 1998 n'avait certainement pas pour but de supporter la mode «biobio», puisque cet intérêt subit engendre des dérives sur les prix. Pour en savoir plus sur la France et les autres pays européens, on peut consulter le site Organic Europe, co-fondé par SÖL et la Commission européenne chargée de l'agriculture.

    Tableau de l'agriculture biologique dans les Amériques:
    L'Amérique du Sud devance celle du Nord

    source: Organic Agriculture Worldwide 2001.

    C'est évidemment l'Argentine, où les surfaces cultivées en bio ont triplé en 1999, qui motive notre appréciation de l'Amérique latine. Celle-ci devance donc largement (trois fois plus) l'Amérique du Nord dans la proportion accordée aux méthodes de l'agriculture biologique:

    Partage des terres réservées à l'agrobiologie


    source: Organic Agriculture Worldwide 2001.

    Toutefois, 98 % de des terres argentines réservées à l'agrobiologie concernent l'élevage et non les fruits et légumes. Il en allait de même pour l'Australie, qui compte la plus grande proportion de terres réservées à l'agriculture biologique (presque 50 % des terres mondiales): il s'agit encore surtout de pâturages pour entretenir des animaux qui fourniront de la viande. Mais l'Amérique latine n'est reste pas moins la plus conforme à l'esprit écologique de l'agrobiologie que ses cousines du Nord en ce qu'elle s'appuie sur une microéconomie plutôt que sur une macroéconomie. Comme à l'accoutumée, le Nord favorise la commercialisation pendant que le Sud assure la production. Ainsi, si le marché des produits bio a débuté dans les années 60 dans les «magasins d'alimentation naturelle» (Natural Food Stores), les grandes entreprises comme Dole, Heinz ou Mars sont maintenant des fournisseurs de produits certifiés biologiques. On comprend que leurs intérêts ne soient pas qu'humanitaires: depuis que les premières données ont été publiées en 1980, la valeur du marché bio est passée de 178 millions à 1 billion en 1990. Avec un taux de croissance annuel de 20 %, les ventes au détail ont atteint 6.4 billions en 1999 et devaient friser les 7.8 billions de dollars en 2000. La superficie des terres sous contrôle agrobiologique a doublé aux États-Unis entre 1995 et 2000:


    source: Organic Agriculture Worldwide 2001.

    De l'assiette au portefeuille

    La valeur du marché de l'exportation se situe autour de 300 millions de dollars. Les principaux débouchés se trouvent en Europe et en Asie, particulièrement au Japon (jusqu'à 60 millions US $ en 2000) et à Taiwan (8 millions). Les produits américains sont nombreux: fruits, légumes, produits laitiers, nourriture congelée, céréales, breuvages, etc. Actuellement, un tiers des Américains achète des produits bio à l'occasion, et 3 % en consomme régulièrement. Au Canada, le secteur gagne en popularité mais sa place est encore réduite. La demande excède l'offre et jusqu'à 85 ou 90 %, elle est comblée par les produits importés des États-Unis. Il s'agit surtout d'aliments traités et emballés, prêts à être consommés. On est loin du modèle latino-américain, fondé sur la microéconomie et l'autosuffisance des régions. D'ailleurs, alors qu'aux États-Unis le consommateur paie environ 20 % plus cher pour les produits biologiques, au Canada, il doit débourser jusqu'à 100 % de plus pour une nourriture biologique. Quant à l'exportation canadienne, elle suit l'exportation conventionnelle: céréales et oléagineux (500 millions en 1999). Le blé vient naturellement en premier, environ 15 000 tonnes en 1999, dont la moitié vers l'Europe et 25 % vers le Japon et les États-Unis. Ce jugement plutôt pessimiste est tempéré par une publication récente du Poste d'Expansion Économique d'Ottawa:
    «Encore considéré comme une niche commerciale, le secteur des produits biologiques connaît une croissance considérable au Canada, à l’instar du marché mondial: les ventes augmentent en effet actuellement de 15 à 25 % par an et le chiffre d’affaires de la filière pourrait atteindre un milliard de dollars canadiens dans les prochaines années. De plus, la récente adoption de la norme nationale sur l’agriculture biologique, norme élaborée par le CGSB ( Canadian General Standards Board / Office des Normes Générales du Canada), offre des perspectives positives pour l’ensemble de la filière: une meilleure reconnaissance des produits sur le marché canadien ainsi qu’à l’étranger.»
    source: La filière biologique au Canada (septembre 1999).

    Deux exceptions remarquables

    Pour en savoir plus sur l'industrie biologique au Canada, on peut visiter le site Agriculture et Agroalimentaire Canada. On y apprend notamment que seuls le Québec et la Colombie-Britannique se sont dotés de normes biologiques provinciales. Ce n'est donc pas un hasard si la Colombie-Britannique enregistre la plus grosse consommation de produits biologiques du Canada, avec un marché estimé à 85 millions de dollars canadiens par année. Le Québec est, quant à lui, la province la plus consommatrice de produits alimentaires français. Au niveau de la production, la Colombie-Britannique est considérée comme le plus important fournisseur d’aliments biologiques du Canada et ce secteur est également très dynamique au Québec avec plus de 500 fermes et 40 entreprises certifiées (source: La filière biologique au Canada, op. cit.).

    L'Asie et l'Afrique en dehors du mouvement biologique?


    source: Organic Agriculture Worldwide 2001.

    Dans le cas de l'Asie et de l'Afrique, les niveaux très bas s'expliquent en partie par des agricultures plus traditionnelles, où la distinction entre ce qui est industriel et organique est souvent difficile ou impossible à faire. En Afrique, la «révolution verte» (autorisant l'utilisation d'engrais chimiques et de pesticides) a eu un succès mitigé, et si on excepte quelques produits, comme le coton du Zimbabwe, par exemple, l'utilisation des produits chimiques est quasi inexistante et la production est conforme aux standards de l'agriculture biologique. Toutefois, cette production est rarement certifiée et elle est écoulée sur les marchés conventionnels, à l'intérieur comme à l'extérieur du continent. Ceci explique l'absence presque totale de statistiques pour l'Afrique.

    source: Organic Agriculture Worldwide 2001.

    Contrairement à l'Afrique, la plupart des pays asiatiques ont une production certifiée biologique, bien qu'elle reste faible (on présume qu'aucun pays n'atteint le seuil de 1 % de la superficie agricole globale) et soit dirigée surtout vers l'exportation. Les principaux pays producteurs sont la Turquie et Israël (fruits frais ou séchés, légumes et noix). En Asie du Sud-Est, les principaux candidats sont la Chine, l'Inde, la Corée et le Sri Lanka (cacao, café, huiles essentielles, herbes, épices, arachides, riz, thé, vanille).

    Le plus vaste marché asiatique pour les produits certifiés biologiques reste le Japon. En 1994, la valeur de ce marché était estimée à 500 millions de dollars américains. Depuis lors, la demande n'a cessé d'augmenter, portant les estimations à 2.5 billions de dollars américains pour 2000. De plus, le Japon est considéré comme un importateur sérieux de produits biologiques, en provenance de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande, des États-Unis et du Canada. Pour sa part, la Chine exporte des aliments biologiques pour une valeur de 15 millions de dollars américains, et son marché intérieur s'élève à 12 millions de dollars.

    Les normes à venir

    L'absence de certification biologique et de normes nationales sème la confusion chez les consommateurs de nombreux pays asiatiques. La plupart des produits certifiés le sont par des agences étrangères. La Chine, le Japon et Israël ont mis sur pied des procédures de certification, mais Israël est seule à pouvoir se comparer aux États-Unis dans ce domaine. Pour remédier à cette situation, le ministère Japonais de l'Agriculture cherche à implanter un système de certification national: les produits devront porter l'étiquette JAS (Japan Agriculture Standard). La Chine, l'Inde, les Philippines, la Thaïlande et la Malaisie travaillent également sur des régulations. Ces efforts visent non seulement à se conformer aux standards de l'exportation, mais également à promouvoir la consommation locale.

    Pour en savoir plus:

    Consulter le site AgricultureBio.com, pour les publications récentes et des données sur le bio dans le monde..
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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    Informations
    L'auteur

    Josette Lanteigne
    Collaboratrice à L'Agora
    Mots-clés
    Certification biologique, agriculture traditionnelle
    Extrait
    Dans le cas de l'Asie et de l'Afrique, les niveaux très bas s'expliquent en partie par des agricultures plus traditionnelles, où la distinction entre ce qui est industriel et organique est souvent difficile ou impossible à faire.
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