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    Dossier: Abélard Pierre

    Abélard et saint Bernard

    Jules Michelet
    La féodalité avait trouvé dans la ville royale son centre politique ; Paris allait devenir la capitale de la pensée humaine.

    Celui qui commença cette évolution n'était pas un prêtre ; c'était un beau jeune homme brillant, aimable, de noble race. Personne ne faisait comme lui des vers d'amour en langue vulgaire ; il les chantait lui-même. Avec cela, une érudition extraordinaire pour le temps : lui seul alors savait le grec et l'hébreu. Peut-être avait-il fréquenté des écoles juives (il y en avait plusieurs dans le Midi), ou les rabbins de Troyes, de Vitry ou d'Orléans. Il y avait alors deux écoles principales à Paris, la vieille école épiscopale du parvis Notre-Dame, et celle de Sainte-Geneviève, sur la montagne où brillait Guillaume de Champeaux. Abélard vint s'asseoir parmi ses élèves, lui soumit des doutes, l'embarrassa, se joua de lui, et le condamna au silence. Il en eût fait autant d'Anselme de Laon, si le professeur, qui était évêque, ne l'eût chassé de son diocèse. Ainsi allait ce chevalier errant de la dialectique, démontant les plus fameux champions. Il dit lui-même qu'il n'avait renoncé à l'autre escrime, à celle des tournois, que par amour pour les combats de la parole. Vainqueur dès lors et sans rival, il enseigna à Paris et à Melun, où résidait Louis le Gros, et où les seigneurs commençaient à venir en foule. Ces chevaliers encourageaient un homme de leur ordre qui avait battu les prêtres sur leur propre terrain, et qui réduisait au silence les plus suffisants des clercs.

    Les prodigieux succès d'Abélard s'expliquent aisément. Il semblait que pour la première fois l'on entendait une voix libre, une voix humaine. Tout ce qui s'était produit dans la forme lourde et dogmatique de l'enseignement clérical, sous la rude enveloppe du moyen âge, apparut dans l'élégance antique, qu'Abélard avait retrouvée. Le hardi jeune homme simplifiait, expliquait, popularisait, humanisait. A peine laissait-il quelque chose d'obscur et de divin dans les plus formidables mystères. Il semblait que jusque-là l'Église eût bégayé, et qu'Abélard parlait. Tout devenait doux et facile; il traitait poliment la religion, la maniait doucement, mais elle lui fondait dans la main. Il ramenait la religion à la philosophie, à la morale, à l'humanité. Le crime n'est pas dans l'acte, disait-il, mais dans l'intention, dans la conscience. Ainsi plus de péché d'habitude ni d'ignorance. Ceux-là même n'ont pas péché qui ont crucifié Jésus, sans savoir qu'il fût le Sauveur. Qu'est-ce que le péché originel? Moins un péché qu'une peine. Mais alors pourquoi la rédemption, la passion, s'il n'y a pas eu péché? C'est un acte de pur amour. Dieu a voulu substituer la loi de l'amour à celle de la crainte.

    Cette philosophie circula rapidement : elle passa en un instant la mer et les Alpes; elle descendit dans tous les rangs. Les laïques se mirent à parler des choses saintes. Partout, non plus seulement dans les écoles, mais sur les places, dans les carrefours, grands et petits, hommes et femmes, discouraient sur les mystères. Le tabernacle était comme forcé; le saint des saints traînait dans la rue. Les simples étaient ébranlés, les saints chancelaient, l'Église se taisait.

    II y allait pourtant du christianisme tout entier: il était attaqué par la base. Si le péché originel n'était plus un péché, mais une peine, cette peine était injuste, et la Rédemption inutile. Abélard se défendait d'une telle conclusion ; mais il justifiait le christianisme par de si faibles arguments, qu'il l'ébranlait plutôt davantage en déclarant qu'il ne savait pas de meilleures réponses. Il se laissait pousser à l'absurde, et puis il alléguait l'autorité et la foi.

    Ainsi l'homme n'était plus coupable, la chair était justifiée, réhabilitée. Tant de souffrances, par lesquelles les hommes s'étaient immolés, elles étaient superflues. Que devenaient tant de martyrs volontaires, tant de jeûnes et de macérations, et les veilles des moines, et les tribulations des solitaires, tant de larmes versées devant Dieu? Vanité, dérision. Ce Dieu était un Dieu aimable et facile, qui n'avait que faire de tout cela.

    L'Église était alors sous la domination d'un moine, d'un simple abbé de Clairvaux, de saint Bernard. Il était noble, comme Abélard. Originaire de la haute Bourgogne, du pays de Bossuet et de Buffon, il avait été élevé dans cette puissante maison de Cîteaux, soeur et rivale de Cluny, qui donna tant de prédicateurs illustres, et qui fit, un demi-siècle après, la croisade des Albigeois. Mais saint Bernard trouva Cîteaux trop splendide et trop riche ; il descendit dans la pauvre Champagne et fonda le monastère de Clairvaux, dans la vallée d'Absinthe. Là, il put mener à son gré cette vie de douleurs, qu'il lui fallait. Rien ne l'en arracha; jamais il ne voulut entendre à être autre chose qu'un moine. Il eût pu devenir archevêque et pape. Forcé de répondre à tous les rois qui le consultaient, il se trouvait tout-puissant malgré lui, et condamné à gouverner l'Europe. Une lettre de saint Bernard fit sortir de la Champagne l'armée du roi de France. Lorsque le schisme éclata par l'élévation simultanée d'Innocent II et d'Anaclet, saint Bernard fut chargé par l'Église de France de choisir, et choisit Innocent. L'Angleterre et l'Italie résistaient : l'abbé de Clairvaux dit un mot au roi d'Angleterre; puis, prenant le pape par la main, il le mena par toutes les villes d'Italie, qui le reçurent à genoux. On s'étouffait pour toucher le saint, on s'arrachait un fil de sa robe ; toute sa route était tracée par des miracles.

    Mais ce n'étaient pas là ses plus grandes affaires; ses lettres nous l'apprennent. Il se prêtait au monde, et ne s'y donnait pas : son amour et son trésor étaient ailleurs. Il écrivait dix lignes au roi d'Angleterre, et dix pages à un pauvre moine. Homme de vie intérieure, d'oraison et de sacrifice, personne, au milieu du bruit, ne sut mieux s'isoler. Les sens ne lui disaient plus rien du monde. Il marcha, dit son biographe, tout un jour le long du lac de Lausanne, et le soir demanda où était le lac. Il buvait de l'huile pour de l'eau, prenait du sang cru pour du beurre. Il vomissait presque tout aliment. C'est de la Bible qu'il se nourrissait, et il se désaltérait de l'Évangile. A peine pouvait-il se tenir debout, et il trouva des forces pour prêcher la croisade à cent mille hommes. C'était un esprit plutôt qu'un homme qu'on croyait voir, quand il paraissait ainsi devant la, foule, avec sa barbe rousse et blanche, ses blonds et blancs cheveux ; maigre et faible, à peine un peu de vie aux joues. Ses prédications étaient terribles; les mères en éloignaient leurs fils, les femmes leur maris ; ils l'auraient tous suivi aux monastères. Pour lui, quand il avait jeté le souffle de vie sur cette multitude, il retournait vite à Clairvaux, rebâtissait près du couvent sa petite loge de ramée et de feuilles, et calmait un peu dans l'explication du Cantique des cantiques, qui l'occupa toute sa vie, son âme malade d'amour.

    Qu'on songe avec quelle douleur un tel homme dut apprendre les progrès d'Abélard, les envahissements de la logique sur la religion, la prosaïque victoire du raisonnementt sur la foi... C'était lui arracher son Dieu!

    Saint Bernard n'était pas un logicien comparable à son rival; mais celui-ci était parvenu à cet excès de prospérité où l'infatuation commune nous jette dans quelque grande faute. Tout lui réussissait. Les hommes s'étaient tus devant lui; les femmes regardaient toutes avec amour un jeune homme aimable et invincible, beau de figure et très-puissant d'esprit, traînant après soi tout le peuple. « J'en étais venu au point, dit-il, que quelque femme que j'eusse honoré de mon amour, je n'aurais eu à craindre aucun refus. » Rousseau dit précisément le même mot en racontant dans ses Confessions le succès de la Nouvelle Héloise.

    L'Héloïse du XIIe siècle était une pauvre orpheline, d'origine incertaine, mais de naissance probablement cléricale et monastique. Née vers 1101, elle était de l'âge de la renommée d'Abélard. Le prieuré d'Argenteuil fut l'asile de son enfance délaissée. De ce cloître, où elle apprit le latin, le grec et même l'hébreu, elle vint à l'âge de dix-sept ans dans la maison de son oncle, près de la cathédrale de Paris. Toute jeune, belle, savante, déjà célèbre, elle reçut les leçons d'Abélard. On sait le reste.

    Il renonça au monde, et se fit bénédictin à Saint-Denis (vers 1119). Les désordres des religieux le révoltèrent. Une occasion se présenta pour quitter l'abbaye. Ses anciens disciples vinrent réclamer son enseignement. Il lui fallait le bruit, le mouvement, le monde. Il reparut dans sa chaire et retrouva son auditoire, sa popularité, ses triomphes. Le prieuré de Maisoncelle qui lui avait été offert pour rouvrir son école « ne pouvait plus contenir les clercs accourus dans ses murs. Ils dévoraient le pays, ils desséchaient les ruisseaux. Les écoles épiscopales étaient désertes. » On attaqua son droit d'enseigner. On attaqua sa méthode. L'archevêque de Reims, ami de saint Bernard, assembla contre lui un concile à Soissons. Abélard faillit y être lapidé par le peuple. Opprimé par le tumulte de ses ennemis, il ne put se faire entendre, brûla ses livres et lut, à travers ses larmes, tout ce qu'on voulut. Il fut condamné sans être examiné, ses ennemis prétendirent qu'il suffisait qu'il eût enseigné sans l'autorisation de l'Église.

    Enfermé à Saint-Médard de Soissons, puis réfugié à Saint-Denis, il fut obligé de fuir cet asile. Il s'était avisé de douter que saint Denys l'aréopagite fût jamais venu en France. Toucher à cette légende, c'était s'attaquer à la religion de la monarchie. La cour, qui le soutenait, l'abandonna dès lors. Il se sauva sur les terres du comte de Champagne, se cacha dans un lieu désert, sur l'Arduzon, à deux lieues de Nogent. Devenu pauvre alors, et n'ayant qu'un clerc avec lui, il se bâtit de roseaux une cabane, et un oratoire en l'honneur de la Trinité, qu'on l'accusait de nier. Il nomma cet ermitage le Consolateur, le Paraclet. Mais ses disciples ayant appris où il était affluèrent autour de lui; ils construisirent des cabanes, une ville s'éleva dans le désert, à la science, à la liberté : il fallut bien qu'il remontât en chaire et recommençât d'enseigner. Mais on le força encore de se taire, et d'accepter le prieuré de Saint-Gildas, dans la Bretagne bretonnante, dont il n'entendait pas la langue. C'était son sort de ne trouver aucun repos. Ses moines bretons, qu'il voulait réformer, essayèrent de l'empoisonner dans le calice. Dès lors, l'infortuné mena une vie errante, et songea même, dit-on, à se réfugier en terre infidèle. Auparavant, il voulut pourtant se mesurer une fois avec le terrible adversaire qui le poursuivait partout de son zèle et de sa sainteté. A l'instigation d'Arnaldo de Brescia, il demanda à saint Bernard un duel logique par-devant le concile de Sens. Le roi, les comtes de Champagne et de Nevers, une foule d'évêques devaient assister et juger des coups. Saint Bernard y vint avec répugnance, sentant son infériorité. Mais les menaces du peuple et les cruelles inimitiés scolastiques le tirèrent d'affaire.

    Abélard était condamné d'avance. On se borne à lui lire les passages incriminés extraits de ses livres par ses ennemis, au gré de leur haine. On ne lui laisse d'autre alternative que le désaveu ou la soumission. Entre ces seigneurs prévenus, ces docteurs inexorables, et le peuple ameuté dont il entend les clameurs au dehors, Abélard se trouble, s'irrite, s'égare ; il dénie la compétence du concile dont il avait sollicité la convocation et se contente d'en appeler au pape. Innocent II devait tout à saint Bernard, et il haïssait Abélard dans son disciple Arnaldo de Brescia, qui courait alors l'Italie, et appelait les villes à la liberté. Il ordonna d'enfermer Abélard. Celui-ci l'avait prévenu en se réfugiant de lui-même au monastère de Cluny. L'abbé Pierre-le-Vénérable répondit d'Abélard; il y mourut au bout de deux ans.

    Telle fut la fin du restaurateur de la philosophie au moyen âge, fils de Pélage, père de Descartes, et Breton comme eux. Sous un autre point de vue, il peut passer pour le précurseur de l'école humaine et sentimentale, qui s'est reproduite dans Fénelon et Rousseau. On sait que Bossuet, dans sa querelle avec Fénelon, lisait assidûment saint Bernard. Quant à Rousseau, pour le rapprocher d'Abélard, il faut considérer en celui-ci ses deux disciples, Arnaldo et Héloïse, le républicanisme et l'éloquence passionnée. Dans Arnaldo est le germe du Contrat social, et dans les lettres de l'ancienne Héloïse, on entrevoit la Nouvelle.

    Il n'est pas de souvenir plus populaire en France que celui de l'amante d'Abélard. Ce peuple si oublieux, en qui la trace du moyen âge se trouve si complètement effacée : ce peuple qui se souvient des dieux de la Grèce plus que de nos saints nationaux, il n'a pas oublié Héloïse. Il visite encore le gracieux monument qui réunit les deux époux, avec autant d'intérêt que si leur tombe eût été creusée d'hier. C'est la seule qui ait survécu de toutes nos légendes d'amour.

    La chute de l'homme fit la grandeur de la femme: sans le malheur d'Abélard, Héloïse eût été ignorée; elle fût restée obscure et dans l'ombre ; elle n'eût voulu d'autre gloire que celle de son époux. A l'époque de leur séparation, elle prit le voile, et lui bâtit le Paraclet, dont elle devint abbesse. Elle y tint une grande école de théologie, de grec et d'hébreu. Plusieurs monastères semblables s'élevèrent autour, et quelques années après la mort d'Abélard, Héloïse fut déclarée chef d'ordre par le pape. Mais sa gloire est dans son amour si constant et si désintéressé.

    La froideur d'Abélard fait un étrange contraste avec l'exaltation des sentiments exprimés par Héloïse: «Dieu le sait! en toi, je ne cherchai que toi! rien de toi, mais toi-même, tel fut l'unique objet de mon désir. Je n'ambitionnai nul avantage, pas même le lien de l'hyménée; je ne songeai, tu ne l'ignores pas, à satisfaire ni mes volontés, ni mes voluptés, mais les tiennes. Si le nom d'épouse est plus saint, je trouvais plus doux celui de ta maîtresse, celui (ne te fâche point) de ta concubine (concubinae vel scorti). Plus je m'humiliais pour toi, plus j'espérais gagner dans ton coeur. Oui! quand le maître du monde, quand l'empereur eût voulu m'honorer du nom de son épouse, j'aurais mieux aimé être appelée ta maîtresse que sa femme et son impératrice (tua dici meretrix, quam illius imperatrix). » Elle explique d'une manière singulière pourquoi elle refusa longtemps d'être la femme d'Abélard : « N'eût-ce pas été chose messéante et déplorable, que celui que la nature avait créé pour tous, une femme se l'appropriât et prît pour elle seule... Quel esprit tendu aux méditations de la philosophie ou des choses sacrées, endurerait les cris des enfants, les bavardages des nourrices, le trouble et le tumulte des serviteurs et des servantes? »

    La seule forme des lettres d'Abélard et d'Héloïse indique combien la passion d'Héloïse obtenait peu de retour. Il divise et subdivise les lettres de son amante, il y répond avec méthode et par chapitres: Il intitule les siennes : « A l'épouse de Christ, l'esclave de Christ. » Le ton d'Héloïse est tout autre : « A son maître, non, à son père; son époux, non, à son frère; sa servante, son épouse, non, sa fille, sa soeur ; à Abélard, Héloïse ! » La passion lui arrache des mots qui sortent tout à fait de la réserve religieuse du XIIe siècle: «Dans toute situation de ma vie, Dieu le sait, je crains de t'offenser plus que Dieu même; je désire te plaire plus qu'à lui. C'est ta volonté, et non l'amour divin, qui m'a conduite à revêtir l'habit religieux. » Elle répéta ces étranges paroles à l'autel même. Au moment de prendre le voile, elle prononça les vers de Cornélie dans Lucain : « O le plus grand des hommes, ô mon époux, si digne d'un si noble hyménée! Faut-il que l'insolente fortune ait pu quelque chose sur cette tête illustre? C'est mon crime, je t'épousai pour ta ruine! je l'expierai du moins, accepte cette immolation volontaire ! »

    Cet idéal de l'amour pur et désintéressé, Abélard, avant les mystiques, avant Fénelon, l'avait posé dans ses écrits comme la fin de l'âme religieuse. La femme s'y éleva pour la première fois dans les écrits d'Héloïse, en le rapportant à l'homme, à son époux, à son Dieu visible. Héloïse devait revivre sous une forme spiritualiste en sainte Catherine et sainte Thérèse.
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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    Informations
    L'auteur

    Jules Michelet
    Historien français.
    Mots-clés
    Bernard de Clairveaux, Héloïse, amour, passion, scolastique, ordres monastiques, christianisme médiéval
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    Remy de Gourmont
    Héloïse, amour, passion, amant, moyen-âge, scolastique
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    Bernard de Clairvaux, Héloïse, nominalisme, réalisme, querelle des universaux, passion, amour

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